ONG

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Outre le nombre de morts qui ne cesse d’augmenter… nous sommes encore loin du décompte final… ce qui me frappe dans cette catastrophe Népalaise, c’est l’impéritie flagrante des autorités pour organiser les secours qu’ils ne sont même plus capables de recevoir…

Quel contraste saisissant avec les déclarations politiques, les attitudes martiales, la manipulation calculée des opinions, les mensonges qui seraient dérisoires s’ils n’étaient pas meurtriers.

La vérité… on n’avait rien prévu parce qu’on ne pouvait rien prévoir… toutes les infrastructures sont vétustes et impraticables… les immeubles sont des châteaux de cartes construits en dépit du bon sens…

Les grandes ONG ne peuvent rien dans de telles conditions logistiques déplorables… les petites organisations locales, les seules efficaces en travail de proximité, ne peuvent rien non plus, faute de moyens.

La conclusion est aussi simple qu’effroyable… nous sommes complètement dépassés par les événements… le seul mérite du séisme du Népal est de détourner l’attention des naufrages en Méditerranée qui continuent, mais en silence… la mort en silence, voilà du sérieux…

Quand vous envoyez votre bon argent à la Croix Rouge, au Croissant Rouge, à Médecins sans Frontières, au Secours Catholique, pourquoi ne pas le déposer directement dans la poubelle ?

Au moins vous ne nourririez pas d’organisations pléthoriques ni l’achat de 4×4 rutilants qui se promènent en permanence sur les routes goudronnées sous les yeux éteints des populations affamées.

Le petit peuple n’a aucune raison de financer des camps de réfugiés, des avions cargos de riz, des envois massifs de médicaments… il y a des états et des organisations internationales pour cela… qu’ils fassent au moins le boulot qu’ils assument aussi mal…

Inutile de rêver, vos 500 ou 1000 euros ne servent strictement à rien, une goutte d’eau noyée dans l’océan de la souffrance.

Il ne faut jamais péter plus haut que son cul… si vous voulez aider, commencez par rechercher les petites organisations locales qui connaissent le terrain, les villages, les populations… l’aide qui n’est pas remise en mains propres est une aide perdue…

Nous en savons quelque chose… il nous a fallu cinq ans de travail pour faire le tri indispensable du bon grain et de l’ivraie… une distinction que vous ne pouvez pas faire dans votre salon de Bruxelles, Waterloo, Lasne ou Knokke-le-Zoute.

Ici en Casamance, nous connaissons les belles et bonnes associations qui se consacrent vraiment à l’amélioration de la vie, à l’éducation, la santé, au très relatif mieux-être des Casamançais… Ce sont toujours de petites structures sans aucun but commercial…

Pourquoi vouloir faire des affaires avec des pauvres qui n’ont pas un sou ? certains ont essayé avec des résultats déplorables, même honteux… il faut intervenir ici en total bénévolat… C’est la seule alternative crédible… offrir une aide gratuite, bénévole, amicale… avec eux, pour eux…

Là est la beauté du geste dans une modeste action de proximité sur le terrain… la récompense est dans ces petits bonheurs, les sourires de ces enfants magnifiques, les mains chaleureuses, les regards chargés de reconnaissance… des couvertures, quelques vêtements de seconde main, des souliers usagés, livres scolaires et autres, cahiers, crayons, jouets, quelques bonbons locaux… les mines d’or du roi Salomon.

Notre ami, Michel Duffour, fondateur de l’orphelinat… ‘Le Cocon de Cabrousse’… est un laïc merveilleux avec sa quarantaine d’enfants abandonnés, recueillis, logés, nourris, blanchis, éduqués sur fonds propres plus quelques aides bien modestes… c’est un saint, ce mec…

Rien à voir avec ces demi-putes déguisées en bonnes sœurs catholiques…Ces médecins retraités français qui viennent deux ou trois fois par an pour soigner dans les villages reculés en laissant, à leurs frais, une permanence médicalisée à Cabrousse… Chapeau, Messieurs, de grands anonymes, pas des calotins puants.

Les infirmières bénévoles de Diembering… Ce sont toutes des petites initiatives efficaces, directes, qui ne nécessitent aucune structure lourde, aucun bureau sauf notre domicile, aucun frais généraux, aucun salaire, pas de publicité tapageuse, juste des contacts humains, face à face… surtout pas de blingbling… pour épater qui d’ailleurs ?

La grande aide internationale met des semaines, des mois, à se mettre en marche lente… les sommes colossales investies ne touchent que rarement l’objectif pour souvent disparaître dans des circuits crapuleux… Les camps de réfugiés se multiplient en Algérie, au Sahara Occidental, en RDC, en Lybie, en Syrie, en Irak, en Turquie, à Gaza, au Liban, en Jordanie…

Haïti est toujours en ruines aujourd’hui… les Tsunamis de Sumatra et de Thaïlande n’ont laissé que des civils à l’abandon comme les Népalais seront oubliés demain, abandonnés à leur triste destin… un cauchemar dont ils ne sortiront pas indemnes…

Encore une destination touristique de grand luxe anéantie pour tous les jeunes téméraires qui adoraient raconter aux gamines du Zoute leurs exploits de vieux alpinistes sur le toit du monde… Pathétique, flirtant avec les sommets du grotesque…d’une part les petites culottes humides… d’autre part les sherpas qui portaient les lourdes valises de ces très riches héros de l’Himalaya impitoyable.

A votre bon cœur, Messieurs, Dames, mais mieux et autrement, pour ceux qui veulent s’acheter une conscience correcte avant de quitter ce monde immonde… Nous n’y changerons fort probablement plus grand-chose mais il me plaît de penser qu’une modeste action pourrait avoir des conséquences positives… à commencer par nous supporter nous-mêmes, ce qui n’est pas un résultat médiocre.

Une générosité tardive peut soulager l’inconscience du passé.


(*article initialement publié sur Facebook le 02-05-2015)

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