Le marteau jésuitique

Le marteau jésuitiqueIl en est des hommes comme du vin… certains vieillissent bien, d’autres s’abîment… Je vous laisse à vos examens de consciences individuelles… ce sont parfois des exercices douloureux…

Autant vous le dire de suite, l’Imam Atonique s’est sensiblement amélioré… Imbuvable à vingt ans, il est devenu fréquentable en quadragénaire pour atteindre une sorte de perfection en septuagénaire… Il s’agit donc d’un premier cru classé qui demande patience, contrôle, sagesse, pour être dégusté.

Mes études secondaires ne m’ont pas appris grand-chose sauf une insatiable curiosité, un goût du travail pour acquérir les futilités que je jugeais indispensables à la ‘grande liberté’ sans laquelle ma vie ne valait pas la peine d’être vécue…

A mes yeux… les patrons, les ordres, l’obéissance, l’humilité, la soumission, la pauvreté sublimée ne sont définitivement pas ma tasse de thé… Un condottiere dirige, donne les ordres, n’obéit qu’à lui-même, ne se soumet à personne, assure son train de vie aristocratique sous les yeux éblouis d’une plèbe respectueuse.

L’Université de Louvain m’a surtout permis de respirer les premiers souffles de cette ‘grande liberté’… le collège, comme interne, est une géhenne qui m’était probablement nécessaire…

L’Université fut un éblouissement pour un jeune homme qui avait des ambitions… Il faut avoir connu l’ancienne ville historique de Louvain pour comprendre ce ressenti de calotins, une calotte que je n’ai jamais portée comme je n’ai jamais appartenu à aucun cercle, aucune régionale…

Je suis de ceux qu’on ne baptise pas, un bleu qui emmerde ses aînés, un bleu qui connaissait déjà suffisamment le peuple que pour le maintenir à bonne distance de narines…

A part la ‘grande liberté’, je n’ai pas appris grand-chose à Louvain… quelques rudiments de droit… surtout que ‘le débit est à gauche’… On trouve le reste dans Google ou Wikipédia… inutile d’encombrer nos neurones martyrisés avec l’annuaire téléphonique ou les numéros de plaques de voitures de vos amis.

J’avais déjà abandonné toute pratique religieuse considérant qu’avoir assisté, chaque matin, à la messe pendant six ans était largement suffisant pour célébrer le néant…

Il m’a quand même fallu une dizaine d’années pour reconstruire une personnalité massacrée au marteau jésuitique… On n’en sort pas indemne quoi qu’en pensent les laïcs qui considèrent aisément que c’est une évidence…

Ils ont raison, cela devrait aller de soi, mais ce n’est pas facile de changer le sens d’une tragédie cornélienne habilement dissimulée sous la plaisante Comedia del Arte de nos jeunesses.

Comme mes parents, j’étais antisémite, antimaçons, homophobe… Il a donc fallu tout reprendre à zéro… j’ai vite apprécié les nombreux juifs merveilleux qui m’ont tant appris… pas leurs banquiers de New-York, leurs oligarques russes, encore moins leurs penseurs du café de Flore, les branleurs genre BHL, Arno Klarsfeld, Cohen, Fogiel, Bibi Fricotin, le facho Lieberman… j’hésite encore pour Jacques Attali… ce conseiller de l’ombre que je n’arrive plus à suivre… le vieux rabbin tordu tortueux.

La maçonnerie, respectable, m’a évidemment attiré mais je n’en ai jamais fait partie… j’ai eu trop peur d’une autre forme insidieuse de religion quand elle ne devient pas une maffia affairiste…

Du respect donc, certainement, mais des distances personnelles qui ne s’expliquent pas dans un bref billet quotidien… A part les chaleureuses équipes de sport, je ne goûte pas les groupes, les cercles, les manifs, les foules, toute forme d’embrigadement avec des hiérarchies qui tenteraient une récupération, une pollution de ma ‘grande liberté’.

Les homosexuels m’ont dérangé jusqu’à la quarantaine avant d’en devenir un défenseur… presque un militant LGBT… Vive Conchita Wurst… Les gays sont les meilleurs défenseurs du sexe opposé à qui ils apportent des raffinements insoupçonnés…

Je reste hétéro par addiction aux femmes intelligentes, le plus beau cadeau fait aux hommes qui démontrent pratiquement partout qu’ils ne le méritent pas… Femmes, je vous aime… que chaque blessure longtemps me dure… Merci Julien Clerc.

Oui, j’ai beaucoup changé, je suis ce vieil homme étranger, qui chante l’éternité. (VC 1.1)


(*article initialement publié sur Facebook le 09-02-2016)

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