La mentalité belge doit s’inverser


La mentalité belge doit s_inverserLa Belgique était au début du 20ème siècle la troisième puissance industrielle mondiale lorsque les noms de nos grands entrepreneurs belges faisaient le tour de la planète.

Après avoir perdu le Congo et vendu nos grandes entreprises à nos voisins, nous avons vu disparaître tous nos principaux centres de décisions tant dans la sphère industrielle que dans celle des services…

On ne fabrique plus grand chose en Belgique… on n’y décide pratiquement de plus rien… Il ne nous reste donc qu’à subir les décisions de nos voisins…

Le dernier séisme de Caterpillar à Gosselies en est un bon exemple et ce n’est malheureusement pas fini… Nous sommes devenus une honnête sous-préfecture en Europe et un ‘non-sexy market’ pour les grandes multinationales du superbe village global.

Notre dernier et maigre atout reste les Belges et leur esprit d’entreprendre, mais il faudrait en Belgique une véritable ‘révolution culturelle’ pour multiplier ces vocations qui ne sont plus aujourd’hui que la très rare exception.

Cela doit commencer dans nos familles qui devraient cesser de croire, et de répéter, qu’un bon diplôme n’est qu’une bonne ouverture vers une bonne place dans une administration ou une multinationale… Un diplôme crée rarement un entrepreneur.

Cela doit se cultiver depuis l’école primaire et secondaire qui devraient célébrer l’esprit d’entreprise, la liberté, l’indépendance au lieu de diffuser sournoisement, lentement mais sûrement les vertus empoisonnées de la protection sécurisée sociale-démocrate.

Cela doit ensuite s’affirmer à l’université qui ne veut croire que dans le savoir, qui néglige l’action, qui conserve soigneusement pour elle, et quelques proches privilégiés, les fruits de ses meilleures recherches largement financées par de l’argent public.

Cela doit enfin être reconnu, encouragé et récompensé par les autorités politiques qui prétendent rechercher et aimer les entrepreneurs alors qu’elles passent leur temps à les décourager fiscalement, socialement, administrativement tout en ouvrant des boulevards aux multinationales qui ne sont que d’autres fossoyeurs de l’esprit d’entreprise lorsqu’il ne favorise pas directement leurs intérêts et leur volonté d’asservissement.

Bref c’est toute la mentalité belge qui doit s’inverser. Un travail de titan qui devrait être soutenu par toutes les élites de ce pays qui préfèrent se taire, collaborer, retarder les inévitables échéances douloureuses.

Comme je ne discerne pas cette volonté de changement radical, je ne crois pas à la renaissance d’un véritable esprit d’entreprendre en Belgique.

Nous sommes devenus des décadents dans un pays décadent… Heureusement pour nos derniers entrepreneurs, les décadences ne sont pas nécessairement désagréables à vivre… Inutile donc de jouer au Don Quichotte contre la pensée unique.

L’entrepreneur forcené se contentera de profiter des failles et des opportunités de ce système aberrant.


(*article initialement publié sur Facebook le 14-11-2014)

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