Il est interdit d’interdire

Il est interdit d’interdire’… une des grandes déclarations des jeunes manifestants de Mai 68 qui n’étaient pas à court d’une sottise au Quartier Latin.

Il est interdit d_interdire

Il suffit, il est vrai, d’interdire un produit ou un service pour que le marché parallèle, généralement en noir, se développe entre les mains de voyous incontrôlables qui ne payent pas un franc d’impôt au Trésor Public.

L’interdiction de la consommation d’alcool aux Etats-Unis a enrichi toutes les maffias qui dédaignaient encore la drogue… Franklin Roosevelt fit sauter cette prohibition ridicule à la grande rage des puritains baptistes, évangélistes, mormons…

Les maffias se rabattirent alors sur la drogue, les syndicats de dockers, les camionneurs… Le racket, les bars, boîtes de nuit, restaurants, casinos, la prostitution, ne sont que les bases d’autres activités encore plus lucratives.

L’interdiction de la marijuana est une autre calamité qui mobilise tous les effectifs de nos forces de police, paralyse notre système judiciaire englué, congestionne nos prisons, radicalisent nos jeunes pour en faire des fachos-terroristes qui s’en prennent au système dont ils sont issus…

L’échec de ces interdictions est patent, total, définitif… La potiche chinoise en morceaux ne vaut même plus le prix de la colle pour la réparer.

Nos confortables maisons closes, le Chabannais, le Sphinx, ont été fermées en 1946 par la loi Marthe Richard jetant les jolies pensionnaires dans les bois, les bars des quartiers chauds, les trottoirs des cités comme des banlieues, les caravanes chaleureuses du Bois de Boulogne…

Encore une loi scélérate qui n’a fait qu’encourager la criminalité, multiplier le nombre de prostituées, mettant même en danger les malheureuses qu’elle avait la prétention de protéger…

L’enfer est pavé de ces bonnes intentions à la Marthe Richard… Ce ne sont que des leurres populaires, politiques, pour détourner l’attention, pour donner satisfaction à des sottes, style Christine Boutin, Ludovine de la Rochère, Frigide Barjot et consorts.

Au lieu de reconnaître leurs échecs à répétition, nos élites, toujours visionnaires, persistent à inventer des interdictions rigoureusement incontrôlables sauf à transformer chaque citoyen en délateur…

Les techniques de la Gestapo… Interdiction de boire plus de deux bières… Interdiction de fumer dans les lieux publics, sur les plages, en voiture, bientôt en plein air, pourquoi pas dans nos salons… Interdiction de se calmer sexuellement, vénalement s’entend, entre adultes consentants… Mais de quoi je me mêle ?

Interdiction de dépasser 120 km/heure, le soir, sur une autoroute déserte… 30 ou 50 km/heure en ville… Interdiction de téléphoner en voiture… Obligation de porter une ceinture de sécurité… Pourquoi pas une ceinture de chasteté ? Ne riez pas… ils y viendront… Les cons osent tout.

Mais où restent alors nos libertés ? Elles existent clairement sur le papier mais encore faudrait-il pouvoir les exercer… Voilà qui est moins sûr…

On n’a des moyens efficaces de vous faire taire, de vous nuire, de vous harceler jusqu’à ce que vous rentriez dans les rangs ou que vous disparaissiez.

Administration, fiscalité, police, justice, pouvoirs locaux sont autant d’armes redoutables de proximité entre les mains de ceux qui vous prendraient en grippe… Or, on prend très vite en grippe ceux qui ne sont pas d’accord, pire encore, ceux qui le disent…

Mieux vaut attendre de ne plus offrir de prises au vent, la fenêtre opportune, pour exprimer des opinions divergentes,         critiques,       vaguement    anarchistes… L’anarchie n’étant que l’opposition au conformisme ambiant… Intolérable n’est-il pas ?

La presse est libre tant qu’elle diffuse ce qui arrange tout le monde… qu’elle ne s’avise pas d’avoir des opinions tranchées sur des sujets qui fâchent… elle pourrait y perdre des subsides connus, des avantages plus discrets, des budgets de publicité, des contrats d’avenir dans un métier qui va devoir complètement se réinventer…

Ce n’est certainement pas le moment de faire le malin… Comme me le disait un ami… ‘quand on a une bite dans le cul, on ne bouge plus’.

De qui auront besoin les médias de demain ? Quels seront les soutiens nécessaires ? Pour des projets de radio, de télévision, de librairie, d’internet… ou que sais-je ? Après tout c’est le problème d’une presse qui agonise, ce n’est pas le mien…

Le Soir n’aura pas trop le souci de ses positions tranchantes, il n’en a jamais eues… La Libre Belgique, organe de l’Archevêché de Malines, Palais Royal de Laeken, du Mouvement Charismatique, restera fidèle à ses convictions bourgeoises catholiques intégristes…

Ce n’est d’ailleurs pas désagréable pour ceux qui aiment décrypter la bonne ’info…  Je ne connais pas assez la presse néerlandophone que pour émettre le moindre avis concernant sa liberté de parole…

En résumé, les libertés existent, certes, mais bien muselées pour ceux qui souhaitent faire carrière, progresser dans la hiérarchie publique ou privée, devenir peut-être un jour Baron, Comte, même Vicomte Gothique… Tout cela se mérite… tout s’arrache, rien ne se donne… On paye pour voir, c’est la règle du jeu de la vie, au poker de Pierre Neuville… comme au bordel… on paye d’abord.

Les hommes libres sont les exceptions… je vois surtout les grands marins… Éric Tabarly, Florence Arthaud, Laurent Bourgnon, Olivier de Kersauson… ce sont des modèles, des maîtres…

 

Même pour eux, les putasseries mercantiles sont obligatoires pour pouvoir repartir sur les océans dans leurs courses solitaires en tapis volants… Ce sont des grands.

La voie la plus dure construit, il faut aller vers le plus dur, toujours. (O. Kersauson 1.1)


*initialement publié sur Facebook, le 24-07-2015

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