L’esclavagisme moderne et le patronat

L_esclavagisme moderne et le patronatPrésident de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Charleroi, puis de leur regroupement dans la Chambre de Commerce de Wallonie que j’avais fragilement réussi à fédérer avant que de médiocres sous-fifres ne détruisent bêtement cet excellent projet…

Membre automatique de l’UWE, Union Wallonne des Entreprises, sous la présidence, à l’époque, de Jean Stephenne, le patron de Smith Kline Beecham que j’ai longuement côtoyé… je connais parfaitement les méthodes hypocrites, déloyales, perverses, du syndicalisme patronal… elles peuvent se résumer lapidairement… ‘Tout pour nous, le moins possible pour les autres’.

Attention à ne pas confondre le grand patronat dominant avec les petits-moyens patrons de PME-PMI qui n’ont strictement pas voix au chapitre, qui se battent comme des tigres pour sauver leurs peaux, comme celles de leurs collaborateurs, dans un marché qui leur est complètement défavorable tant il est déséquilibré en faveur des entreprises plus importantes.

J’écoutais hier soir le Président du Medef, Pierre Gattaz, distribuer les bons ou les mauvais points aux candidats à la Primaire Socialiste… quelle suffisance… quelle arrogance… quelle indécence… que de lieux communs de sa part… la France est un pays extraordinaire, martèle-t-il… la Belgique aussi d’ailleurs… qui soutiendrait le contraire à condition d’avoir les moyens d’en profiter ?

Où faut-il aller chercher ce mythe fantomatique, cette éternelle croissance disparue, sans jamais avouer qu’elle a cessé d’exister puisque nous l’avons définitivement assassinée.

Les poncifs du Medef français sont exactement ceux que j’ai entendus pendant quatre ans à l’UWE ou à la FEB en Belgique… un torrent de conneries pour payer moins d’impôts, obtenir plus de subsides, supprimer la ‘paperasse’, réduire drastiquement des salaires déjà insuffisants mais considérés comme insupportables par les grandes entreprises alors qu’ils sont juste invivables pour les derniers esclaves qui en bénéficient.

Ceux qui imaginent que le grand patronat, leurs multinationales du crime organisé, leurs experts universitaires à la botte, seraient des bienfaiteurs de l’humanité, ne sont que des imbéciles, soit complètement aveugles, soit complètement inféodés au système dont ils se gavent…

Pierre Gattaz me fait juste vomir… lui et ses semblables ne mériteraient que le Tribunal Pénal International pour crimes contre l’humanité laborieuse.

La vérité est qu’il n’y aura plus jamais de croissance sauf pour les pays sous-développés vers lesquels ces pillards ont décidé de transférer discrètement leurs activités dans le seul but d’exploiter les nouveaux gisements d’esclaves…

Inutile donc d’aller chercher la croissance ailleurs… les emplois ont disparu, disparaissent, continueront de disparaître dans le futur puisqu’ils sont transférés à ceux qui acceptent de les remplir à vil prix…

Comble de l’ignominie, des sites Internet proposent aujourd’hui des emplois à pourvoir via des enchères inversées… vous proposez votre candidature pour un poste offert en annonçant vos compétences, votre salaire souhaité…

Vous pouvez ensuite diminuer ‘on line’ vos exigences salariales si un autre candidat proposait de remplir ladite fonction pour un salaire inférieur au vôtre… n’est-ce pas magnifique ?

Pourquoi pas le bénévolat tant qu’on y est ? J’ai vu en Casamance des offres d’emplois hôteliers exigeant les plus hautes compétences universitaires, linguistiques, touristiques… à rémunération nulle… sauf la chance insigne d’obtenir ce précieux sésame sans devoir payer les frais de cette superbe formation… au fou, au fou, au fou.

Si nous voulons éviter les sanglantes émeutes civiles qui se pointent d’évidence, il est urgent de verser ce Revenu Universel de Base, aisément finançable par la disparition de dizaines d’administrations inutiles, par l’impôt draconien sur les plus riches qui en parlent beaucoup tant ils le payent rarement.

Benoît Hamon ne sera jamais Président de la France mais il aura eu cet immense mérite de relancer un débat indispensable dans un monde qui bascule…

Comme ancien patron, je suis persuadé qu’il n’y aura pourtant aucune autre solution à terme… Donc, je partage à 1000 % cette proposition de Benoît Hamon, contrairement à cet hypocrite MEDEF du sinistre Pierre Gattaz qui ne défend que des rentes de situation pour les plus grandes entreprises qui financent son bidule.


(*article initialement publié sur Facebook le 26-01-2016)

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