Saisir sa chance

Saisir sa chanceLa recherche d’un emploi n’est finalement qu’un long parcours humiliant alors qu’il serait si simple de le créer vous-même dans un domaine qui vous plairait… de nos jours, avec difficultés, vous pouvez encore vendre votre force de travail… mais à qui ? Pour combien de temps ? Pour quoi faire ? A quel prix ?

Dans ma jeunesse, j’ai vendu ma force de travail pendant cinq ans… j’ai appris pas mal de choses… même que je perdais mon temps à faire des choses passablement ennuyeuses pour un appointement dérisoire… Mais il fallait gagner le pain quotidien d’une épouse vorace, de trois oisillons, déjà affamés, qui piaillaient d’impatience dans un foyer encore heureux.

La moutarde m’est rapidement montée au nez lorsque mon atypique patron juif de l’époque, Kenneth Ross, m’a refusé l’augmentation justifiée par mes services rendus à ses entreprises…

J’ai vite compris que le dialogue était impossible, que le déséquilibre des forces ne jouait pas en ma faveur, qu’il était grand temps de gérer ma vie moi-même… ce qui fut fait avec les meilleurs résultats pour la suite de ma carrière…

Moralité ? Ne confiez à personne le soin de diriger votre existence, soyez l’entrepreneur de votre seule vie qui ne reviendra pas.

Je repense ce soir à mon parcours personnel… chahuté, palpitant, passionnant, souvent inquiétant mais totalement indépendant… en fait, je n’ai plus jamais supporté la moindre autorité sur mes orientations de vie… elles ne relèvent que de mes seules décisions… souvent les meilleures… avec, bien sûr, quelques catastrophes inévitables… le sel sur mon cornet de frites.

Vous avez eu de la chance, Coco… ‘Ce n’est même pas vrai’… j’ai juste toujours saisi mes chances… c’est très différent… les chances passent pour tout le monde mais la plupart d’entre nous ne s’enroulent pas autour d’elles… ils ne les saisissent pas… ils ne les voient même pas… alors que je suis un boa à l’affût dans la mangrove… quand la chance passe, je m’enroule autour d’elle, je l’étouffe, je la déguste avec une infinie satisfaction.

Une vie heureuse, multiple, est une vie d’homme libre au service de ses seules passions… il vaut mieux vivre fièrement debout chez soi que, humilié, à plat ventre chez les autres…

Je pourrais en citer des centaines d’exemples en ne retenant que celui d’un ami ayant fait une fort belle carrière dans une multinationale… il me confiait…’Au fond, Coco, tu as eu raison… j’aurais mieux fait de lancer ma propre entreprise au lieu de perdre mon temps à gagner ma vie dans une multinationale’… ‘Trop tard, ami Michel, il fallait y réfléchir avant… la vie ne repasse jamais les plats.’

Wolfgang Amadeus Mozart avait fait très jeune l’excellent choix de l’indépendance en quittant les services du piètre Colloredo, le Prince-Archevêque de Salzbourg… Joseph Haydn a préféré vivre en laquais chez deux princes Esterhazy… la musique de Mozart est généralement divine alors que celle de Haydn n’est pas, à mes yeux, du même divin niveau.


(*article initialement publié sur Facebook le 27-01-2017)

Laisser un commentaire