Les barbares

L’Empereur était un homme imprégné de la philosophie des lumières née de cette culture Gréco-Romaine qu’il dévorait dans des lectures interminables jusqu’à sa mort à Sainte Hélène… La Grèce enseigne, la Rome gouverne, le binôme parfait… Grand admirateur de l’Odyssée, de l’Iliade d’Homère, la République de Platon, la philosophie d’Hérodote, l’éducateur d’Alexandre le Grand, cet autre modèle de génie militaire qui ne pouvait pas laisser Bonaparte indifférent dans les récits de son cher Plutarque… ‘Les vies parallèles des hommes illustres’.

‘Vous êtes un homme de Plutarque’… lançait, méprisant, Pascal Paoli, le libérateur de la petite Corse à cet homme exceptionnel qui comprendra rapidement que la Corse n’était pas un terrain de jeu suffisant pour ses ambitions planétaires… laissons l’humble Corse aux Paolistes… Rien moins que l’Europe toute entière ne pouvait suffire à Bonaparte.

L’épopée du Grand Macédonien lui revient constamment en mémoire comme celles des grands chefs de guerre de l’Antiquité… A la veille des grandes batailles, pour calmer ses inquiétudes, le génie visionnaire relisait ses classiques dans cette bibliothèque en malle de campagne qui suivait en permanence le train de la Grande Armée.

J’imagine l’Empereur assis aux bivouacs d’Iéna ou d’Austerlitz , lisant religieusement Plutarque en sirotant son gobelet de jeune Chambertin, tristement coupé d’eau, servi par Roustam, le fidèle mamelouk… Il trahira, comme tant d’autres, à la veille du départ pour l’île d’Elbe… trahison des trahisons, tout n’est jamais que trahison…

Les vieux grognards silencieux se taisaient pour ne pas déranger leur Petit Caporal, emmitouflé dans sa modeste redingote grise, bicorne en bataille, concentré sur la meilleure stratégie gagnante du lendemain… les Maréchaux emplumés attendaient les ordres qui fuseraient soudainement lorsque le génie l’aurait finalement décidé… les grandes décisions sont de douloureux exercices solitaires… les imbéciles devraient se contenter de les écouter, les exécuter sans jamais les discuter.

Sous un despote éclairé, on exécute vite et bien… en démocratie paralysée, on se contente de tout discuter pour espérer ne rien devoir exécuter… En évoquant les douze travaux d’Hercule, Napoléon s’interrogeait à Longwood… ‘Mais où trouver Hercule ?’… ajoutant, rêveur… ‘Il n’appartenait qu’à nous d’y prétendre… nous l’avons tenté gauchement, il faut en convenir.

Parmi les douze travaux de la mythologie herculéenne figure… le nettoyage des écuries d’Augias… une image que l’Empereur utilisera lors de la rédaction de son Code Civil avec ses conseillers d’état qui voulaient encore amender le texte final… L’Empereur leur déclare… ‘Eh ! Messieurs, nous avons nettoyé l’écurie d’Augias, ne l’encombrons pas de nouveau’.

Toute ressemblance avec des situations existantes ne serait évidemment que coïncidence fortuite… Compliquer à l’infini la force des idées simples, amender des textes lumineux au point de les rendre illisibles, pinailler sur les détails pour évacuer le sujet principal, cultiver le ressentiment des faibles à l’égard des forts dont il faut se débarrasser pour permettre l’éclosion du monstre, la Démocratie.

‘Démocratie’… mieux décrite d’ailleurs comme ‘Démocrassie’… le pouvoir imbécile du nombre qui ronfle en étouffant sous sa complexité paralysante le dynamisme des rares Condottieres capables de trancher le célèbre nœud Gordien… un nœud impossible à dénouer qui fixait le timon d’attelage du char de Midas… le Roi Phrygien qui changeait le sable en or grâce à Dionysos… Le mythe racontait que quiconque parviendrait à dénouer le nœud Gordien deviendrait le Maître de l’Asie…

‘La solution d’Alexandre le Grand’ fut ce qu’elle devait être… rapide et décisive… saisissant son épée à double tranchant, Alexandre tronçonna comme l’éclair ce vulgaire bobinage de cordes humides… Les phalangistes enthousiastes frappaient leurs boucliers de leurs longues sarisses, indiquant ainsi qu’ils s’étaient donnés un chef.

L’Empire Macédonien était né, il éduquera l’Empire Romain qui gouvernera ce monde, l’ensemble ‘Mare Nostra’ en douce Méditerranée… Grâce à Plutarque, ces civilisateurs nourriront la boulimie littéraire de l’Empereur, despote éclairé, qui donnera organisation, consistance, colonne vertébrale, à des régimes cathos-monarchistes qui n’avaient plus ni queues ni têtes.

‘Tout pour le peuple, rien par le peuple’… écrivait, en tenue de nuit, l’empereur Joseph II, debout devant son lutrin d’écriture… Pour une fois qu’un de ces Habsbourg décadents prononce une phrase clairvoyante, il serait urgent de la mentionner dans le grand livre des citations célèbres.

Comment se fait-il que rien de grand ne résiste aux forces combinées de la plèbe ? Pourquoi faut-il que les visions les plus élevées s’évanouissent sous la puissance diabolique du nombre ? Je déteste cette démocratie inexistante, ce dogme infaillible célébré aux quatre coins du monde par des goinfrés qui s’en gobergent… La démocratie n’a jamais été que source de guerres, de flots de sang, de corruptions, d’escroqueries, de manipulations criminelles, de paralysies dans l’action, des dictatures les plus hypocrites sous le masque grimaçant d’une hypocrite bienveillance.

Les esclaves veulent toujours prendre le pouvoir sur leurs maîtres… ‘Ils sont méchants, donc nous sommes bons’… résume bien la pensée Nietzschéenne du commun des mortels dont le sentiment de ressentiment ne connaît aucune borne… les hommes extraordinaires ne peuvent pas grand-chose contre ces frustrations du vulgaire, ces hostilités rampantes, ces jalousies nées d’un complexe d’infériorité largement répandu… Un jour ou l’autre, les ploucs passent à l’attaque pour éradiquer toutes les causes imaginées de leurs insupportables frustrations.

Abandonné par ses hoplites épuisés, Alexandre le Grand meurt à presque 33 ans, l’âge du Christ, sur les chemins de la gloire à Babylone… Nommé dictateur à vie après quatorze ans de conquêtes, Jules César se fait poignarder par son fils Brutus… Napoléon, trahi par les siens, doit partir en exil à Sainte-Hélène alors qu’il avait naïvement espéré, comme Thémistocle, venir s’asseoir au foyer du peuple britannique, se mettre sous la protection de leurs lois, espérer la protection de leur Roi considéré soudainement comme le plus puissant, le plus constant, le plus généreux de ses ennemis.

Comment espérer la moindre grandeur d’âme de la part de ce peuple sodomite dont la jouissance suprême reste bien la trahison de ses meilleurs amis du moment… les Anglais sont pires que les scorpions… ils ne vous trahissent plus par plaisir… c’est juste plus fort qu’eux… ils sont forcés de nuire, non sans une certaine classe, à tout ce qui tourne autour d’eux.

Bref, la loi du nombre nous ensevelira tous sous les décombres réels de cette démocratie virtuelle… un concept aussi fumeux que la Trinité catholique… un dogme qui n’intéresse plus grand monde comme le prouvait encore la dernière élection d’Emmanuel Macron par 50 % des Français… si le vote de ma femme de ménage, celui d’un immigré naturalisé, vaut autant que le mien, il faudra rapidement faire son deuil de toute avancée crédible.

Il serait urgent de réintroduire un zeste de vote censitaire en fonction, soit des impôts payés à la noble patrie, soit du nombre d’emplois créés par un électeur entreprenant dans son pays bien aimé… je ne supporte plus cette évidente menace de nivellement par le bas qui pousse nos élus à favoriser la désintégration d’un système que nous avons patiemment construit pour bénéficier du vote de ceux et celles qui viennent ruiner notre précieux acquis social…

Nous ne serons bientôt plus dirigés par nos propres imbéciles heureux mais bien par des islamistes fanatiques qui prendront démocratiquement le pouvoir grâce à la seule loi du nombre via le ventre de leurs femmes.

Les barbares causèrent la chute de Rome, ils sont aujourd’hui sous nos murailles. (VC 1.1)

Vilain Coco

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