Le Consumer Electronic Show 2018

Le Consumer Electronic Show 2018 vient de fermer ses portes à Las Vegas… il va sans dire que les belges n’y ont prêté qu’un intérêt très relatif… il est loin le temps ou Flanders Technology se prenait encore pour la vitrine de la modernité…

Nous avons des sujets tellement plus importants à traiter… un pacte d’excellence dans nos écoles d’incultes, par exemple… un vaste plan de mobilité urbaine avec interdiction de dépasser les 20 kilomètres/heure en centre ville, les 70 kilomètres/heure sur autoroutes défoncées… une généralisation du site… ‘balancetonporc’… pour protéger nos adolescentes qui se dénudent à 14 ans sur les réseaux sociaux… interdire à la Dernière Heure de nous proposer la ‘Sugar Babe’ du jour ainsi que les petites annonces des meilleurs boxons de la capitale.

Dans un tel contexte d’urgence belgicaine, vous comprendrez aisément que ‘Electronique’, ‘Connectivité’, ‘Intelligence Artificielle’, ‘Robotique’, soient des sujets abandonnés à des sociétés plus sérieuses qui s’apprêtent à dévorer 98 % d’une populace dont la dernière activité sera de regarder Charleroi se faire étriller par le Club de Bruges tout en descendant un casier de Jupiler… cette cervoise mosane que les femmes honnêtes ne peuvent pas apprécier à sa juste valeur.

Mais que pensent encore les 2 % de la population qui réfléchissent encore aux programmes technologiques en phase de mise au point foudroyante ? Très simple mon cher Watson… leurs Châteaux seront entièrement connectés, sonorisés, tapissés d’écrans souples… tout obéit à la seule reconnaissance de leurs ordres vocaux… quelques dizaines de ravissantes jeunes filles robotisées accomplissent les moindres tâches domestiques… vaisselles, lessives, repassages, nettoyages, cuisine, rangements, jardinage, promenades des clébards… les hélicoptères, sans pilote, attendent leurs passagers sur les pelouses des parcs fleuris en bordure de l’océan.

Passer une soirée en compagnie d’un robot qui saurait tout sur tout est infiniment plus instructif que de raconter des conneries à un imbécile en état d’ébriété au coin d’un bar à la mode… Grâce à Google, Amazon, Wikipédia, Microsoft, Tesla, Larousse, la Pléiade, Youtube, Netflix… toute la musique, toutes les images, tous les films, tous les textes, tous les paysages, tous les débats, sont dans les mémoires infinies de nos futurs robots qui pourront y accéder à la vitesse de l’éclair, la nano-seconde…

Alors que 98 % de la population du globe bafouille encore en une seule langue vernaculaire avec un grand maximum de mille mots de vocabulaire de base, vous préféreriez tout de même la compagnie de ce genre d’analphabète à celle d’un robot qui présenterait tous les signes du génie cosmique ? Soyons sérieux, votre choix sera très vite fait.

Nous imaginons encore fort mal ce que pourrait être la vie humaine dans un petit siècle… en fait, on s’en fiche complètement puisque nous n’avons aucune chance d’en faire partie… il est pourtant d’une évidence aveuglante que 2 % de la population vont anéantir définitivement ce qui faisait la vie consternante de banalité du reste de l’humanité…

Vouloir croire que le travail aurait encore demain une quelconque valeur est une stupidité soigneusement entretenue par ceux qui travaillent dans l’ombre à sa destruction définitive… Quand on délocalise une entreprise, on ne le dit pas tout haut… on transfère silencieusement les outils de production, on raconte quelques fariboles aux excités, on endort les victimes… on leur abandonne finalement quelques bâtiments vétustes qui deviendront rapidement des friches industrielles à démolir après dépollution éventuelle aux frais des collectivités.

A force de vouloir jouer toutes les balles au filet, nous n’avons plus le moindre recul pour imaginer les réalités qui s’imposeront à long terme… la taxation des robots, des chiffres d’affaires, des flux financiers, des algorithmes d’intelligence artificielle, va rapidement remplacer celle des contribuables au chômage obligé… Comme d’habitude, il faudra réagir dans l’urgence extrême pour sauver ceux qui pourront l’être en leur payant les salaires minimums garantis… ceux qui éviteront les guerres civiles avec les bains de sang qui en découlent.

Les maîtres actuels qui travaillent sciemment à détruire l’emploi de leurs esclaves le savent très bien… ils ne payeront évidemment que le strict nécessaire pour pouvoir continuer à profiter des privilèges qui resteront les leurs à condition de se montrer généreux… leur générosité sera d’ailleurs directement proportionnelle à l’ampleur du danger… quand la vie est en danger, c’est fou ce que la bourse a tendance à se délier.

Dans les pays en voie de développement, je suggère une indemnité de 200 euros par mois et par famille… mon expérience africaine m’a appris que c’était la somme dérisoire, mais suffisante, pour subsister misérablement… dans les pays dits développés, il faudra prévoir 3000 euros par mois et par famille pour espérer vivre à peu près correctement.

Depuis 1985, les experts du MIT, Massassuchets Institute of Technology, le Média Lab, prévoyaient que la technologie créerait autant d’emplois qu’elle allait en détruire… Cet Institut remarquable, complètement indépendant, scientifiquement rigoureux, indiscutablement compétent, financé par la plupart des industriels qui comptent aux Etats-Unis, disposait de tous les moyens nécessaires pour anesthésier des classes laborieuses ébahies par de tels visionnaires.

De plus en plus inquiets, ces experts du MIT viennent pourtant de reconnaître qu’il pourrait y avoir un léger passage à vide, juste quelques générations sacrifiées sur l’autel du mirifique village global si cher au Forum Economique de Davos… Qui reprocherait quelques erreurs de jugements à de tels intelligences planétaires dans deux ou trois générations ?… Autant traduire devant le Tribunal Pénal International des économistes du niveau d’Adam Smith, David Ricardo, Nicolaï Kondratiev, Milton Friedman, John Maynard Keynes…

Avec un sérieux qui devrait prêter à rire, ces ténors de l’économie politique ont tous raconté n’importe quoi, en appuyant leurs tortueuses élucubrations sur des graphiques, des équations complexes, qu’ils peineraient probablement à relire eux-mêmes… Witold Gombrowicz, génial philosophe polonais, soutenait avec humour, juste avant de mourir à Saint-Paul-de-Vence, que plus c’est compliqué, voire incompréhensible, plus c’est généralement complètement idiot… D’après George Soros-Schwartz il n’y aurait plus que les imbéciles et les professeurs d’université pour avaler de telles fadaises.

Frères et Sœurs en Aton, seul vrai dieu visible dans sa très Sainte Trinité, croyez-en ma vieille expérience prochainement réduite au silence… le travail n’est qu’une punition biblique en voie de disparition… le futur salaire minimum pour tous est une évidence inscrite dans les astres pour acheter cette paix sociale que nos élites souhaitent pour pouvoir profiter des bienfaits de leurs fortunes colossales.

Concentrez-vous donc sur les joies du sport, de la pêche, de la chasse, de la fine gastronomie arrosée des meilleurs jus de la treille… savourez la beauté sauvage des jeunes filles en fleurs qui acceptent encore les avances des porcs libidineux que nous serions devenus… buvez entre amis l’Ataya sucré en palabrant sous les fromagers ombrageux… inutile d’interroger le ciel et les dieux pour un avenir meilleur… grâce au génie d’une minorité, la bêtise généralisée du nombre connaîtra bientôt sa juste récompense.

Réjouissons-nous bonnes gens, les imbéciles sont heureusement les plus nombreux… avec un peu d’argent, les paradis artificiels de nos religions d’amour, quelques guerres éminemment rentables, l’un ou l’autre génocide utile, des déportations programmées, des famines nécessaires, nous pourrons maintenir mathématiquement le nombre de bouches à nourrir dans les limites du tolérable.

Le confort relatif des pauvres sera la meilleure assurance-vie des riches. (VC 1.1)

Vilain Coco

 

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