La boule de cristal de Vilain Coco

Ce samedi matin, dès l’aube naissante, ma pensée s’envolait sur la clôture vendredi 26 janvier du World Economic Forum dans la froidure de Davos… cette gigantesque masturbation publique, à peine exhibitionniste, de nos superbes élites mondiales… J’attendais avec impatience l’arrivée de Donald Trump en espérant des déclarations fracassantes sur le nouveau credo du dollar faible… Autant pour moi, il n’en fut rien… Caramba, encore raté.

A mieux y réfléchir, le coup est remarquablement joué par Trump pour semer le doute dans les marchés financiers… Il commence par envoyer un second couteau qui affirme la nouvelle doctrine américaine du dollar faible… Mais Donald Trump ne peut à aucun prix passer pour une faible lopette, une starlette aux abois… Un homme d’un tel calibre ne peut être favorable qu’à un dollar triomphant… ‘America first… but not alone’… La nouvelle formule pour galvaniser un troupeau de bœufs qui adore se la péter en cow-boy Malboro, démarche chaloupée à la John Wayne, éternel vainqueur des Sioux chinois, des Apaches européens, des Comanches russes.

Le Président était arrivé discrètement dans la légendaire station Suisse… Juste six gros hélicoptères… ‘Air Force One’… débarquant vingt-cinq malheureuses berlines blindées occupées par la garde rapprochée… on ne va tout de même pas confier la sécurité du Président à quelques fromages suisses postés à chaque coin de rues, derrière chaque cheminée de Davos.

L’intervention de clôture du Président, vendredi après-midi, avait été soigneusement préparée, millimétrée, récitée sur prompteur pour éviter un quelconque dérapage… les milliardaires ont tous les défauts du monde mais il ne faudrait tout de même pas les prendre pour des cons… ce serait une lourde erreur… Steven Mnuchin avait lâché qu’un dollar faible était bon pour l’Amérique, Donald Trump a donc plaidé le contraire, il serait pour un dollar fort, comme les Clinton…

Classique tactique de manipulation pour semer le doute complet chez les experts, les analystes, les médias, qui adorent commenter, avec un bel aplomb, le blanc comme le noir… un excellent stratagème pour être certain d’avoir raison, de toujours pouvoir retomber sur ses pattes… le public n’y comprend rien, ce qui ne change pas grand-chose puisqu’il n’y a jamais rien compris.

Heureusement Vilain Coco possède la miraculeuse boule de cristal qui lui avait été offerte en 1997 par Michel Dermont, le premier patron belge de Lexmark Printing… Que nous dit-elle après mes longues consultations doublées d’une observation des frémissements d’un pendule hérité de ce cher professeur Tournesol ?

Ne le répétez surtout à personne… ceci est un scoop de Coco… Le dollar va lentement s’effondrer avec de nombreux soubresauts pour mieux désorienter les veaux qui doivent perdre pour que les initiés de Goldman Sachs, JP Morgan, City Bank, UBS, s’enrichissent… l’euro va se renforcer, lentement mais sûrement, pour étrangler cette prétentieuse économie européenne qui prétend concurrencer la toute-puissance américaine…

Les Yen japonais, Yuan Renminbi chinois, Dollar Hong-Kong, Livre Sterling, Won sud-coréen, Rouble russe, devraient également s’apprécier contre un dollar affaibli pour renforcer l’avantage compétitif monétaire, la force de frappe, des grandes multinationales américaines… Never neglect Trump… ‘America First is really not a joke’.

Il y eut heureusement une séance de questions-réponses à bâtons rompus qui permirent à Donald Trump de se faire huer alors qu’il lançait ses quelques piques connues aux médias… chacun sait que ces médias détiennent la vérité révélée… celle qui forge les opinions, celle des majorités au pouvoir, celle de l’establishment en place qui impose toutes les formes de pressions, de censures, quand on détient les clés des recettes publicitaires, cette manne céleste dont les médias ont impérativement besoin pour survivre.

Je regarde régulièrement pour l’instant l’histoire de la télévision des années 1980 sur France 5… Un plaisir de revoir ces journalistes qui ont bercé mes jeunes années avant de retourner à l’anonymat… ils sont revenus dans cette émission pour raconter ces paniers de crabes, ces nœuds de vipères, ces guerres aux couteaux, la férocité de la concurrence entre les quelques chaînes de l’époque, les interventions continuelles du pouvoir politique pour orienter les choix de programmation, décider des mesures de censures, les mises à pied des gêneurs s’ils se permettent de déplaire à leurs maîtres.

Desgraupes, Lazareff, Zitrone, Elkabach, Mourousi, Gicquel, Masure, Ockrent, Nay, Sinclair, Chazal, Ferrari, Coudray, Crespo-Mara, Poivre d’Arvor, Drucker, De Chavane, Sébastien, Roselmack, De Caunes, Garcia, Gildas, Denisot, Ardisson, Durand… tant d’autres encore… un défilé de momies doublées des chanteurs, humoristes, snipers, qui leur étaient souvent associés…

Tous soulignent la plus grande liberté de ton de l’époque, l’amateurisme bon teint, la créativité débridée, la liberté sexuelle, la sévère censure du pouvoir comme celle des grands annonceurs furieux, l’intrusion de l’argent polluant en fonction de l’Audimat, ces mesures d’audiences qui vont chambouler à court terme toutes les grilles de programmes, même si elles auraient pu se révéler excellentes à moyen ou à long terme… on n’a plus le temps de la qualité.

On fait quoi finalement ? Culture, divertissement, variétés, people, populos, films, séries, sexe, débats, talk-show ? Apostrophes ou Champs Elysées, la Grande Librairie ou le Plus Grand Cabaret du Monde ? Des choix cornéliens dans l’ambiance survoltée des ambitions qui s’affrontent, des talents du moment, des haines corses entre ces vedettes du PAF, aussi égotiques que souvent redoutablement intelligentes.

Les décisions sont finalement tombées… multiplication des chaînes spécialisées… il faut satisfaire la bêtise majoritaire sans oublier de donner quelques gages à l’intelligence minoritaire… il y aura donc une majorité de chaînes idiotes pour garantir l’abrutissement des masses populaires, une minorité de chaînes thématiques pour ceux qui rêvent encore de se cultiver.

Notez bien que les buts poursuivis comme les sournoises intentions cachées ne sont jamais exprimées qu’à postériori… Il est évident que les responsables de TF1 ou RTL ne vous diront jamais ce qu’ils pensent de leurs chaînes devenues, sans conteste, les plus bêtes du monde… encore que la conquête de ce trophée ne soit pas assurée… Ils en trouveront toujours une plus bête encore pour se consoler d’exercer aussi lamentablement leur métier.

Il faut d’ailleurs les en remercier quand nous regardons en cachette… ‘L’amour est dans le pré’ ou ‘Qui veut épouser mon grand fils ?’… J’en avais affreusement honte jusqu’à ce que j’apprenne que François Mitterrand adorait regarder Dallas avec Mazarine… il faut apprendre à se comparer pour ne pas trop se désoler en se regardant dans la glace.

Un exercice que Donald Trump peut aussi allègrement pratiquer… se comparer avec le génocidaire Truman, le faux-jeton Richard Nixon, le play-boy John Kennedy, le marchand de cacahuètes Jimmy Carter, le cow-boy Ronald Reagan, les boute-feux George Bush, l’érotomane Bill Clinton, le danseur de claquettes Barack Obama.

Rien que pour nous avoir évité le cauchemar Hillary Clinton, Donald Trump mériterait déjà le soutien, le simple respect de ces médias qui le huent à Davos, qui l’accablent de leurs sarcasmes, qui s’étonnent de son hostilité amplement justifiée à leurs égards… ‘Je serais un fou dangereux mais je devrais vous aimer ? Vous me prenez donc vraiment pour un jambon ?’

Je connais plein de cons mais pas de milliardaire plus con que cette bande de cons. (VC 1.1)

Vilain Coco

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