Sven et Tony Mary, on vous emmerde

Il y a des jours où je remercierais le ciel d’être resté dans mon lit… la lecture matinale de la bonne presse franco-flamande me fait parfois sauter au plafond, retomber dans ma culotte, sauter sur ma plume pour déverser la rage bilieuse qui me monte aux narines.

‘Nous n’avons pas peur’… affirme Tony Mary, l’heureux papa de Sven Mary, le ténor menacé anonymement de mort quand il a le culot de demander la libération de la crapule-criminelle Salah Abdeslam… je ne connais pas Sven Mary que je déteste comme monument de mauvaise foi dans ce procès grotesque qui constitue la pire des doubles peines pour les victimes innocentes massacrées par cet intégriste, malade mental.

Vous auriez perdu une épouse, un mari, un enfant, un(e) ami(e) proche dans ces attaques de radicaux salafistes… vous devriez en plus subir l’immonde plaidoirie de Sven Mary qui exige la libération de l’assassin… vous menaceriez l’avocat qui ne parle que pour les médias dont il se délecte… vous seriez condamné pour menaces de mort à cette raclure de bidet tandis que le scélérat serait remis en liberté… voilà donc l’image que la justice veut nous donner d’elle ?

Je n’ai malheureusement que ma plume pour fustiger cette cochonnerie… je cherche vainement mon Beretta 9mm dans le tiroir de ma table de nuit… une furieuse envie de débarquer au Palais de Justice pour en finir avec cette mascarade, ce carnaval de bourgeois ridicules, déguisés en clowns sinistres, licenciés par les meilleurs cirques qui sillonnent encore douce France de mon enfance.

Je ne connais pas Maître Sven Mary… Par contre, j’ai très bien connu Tony Mary, son papa, qui fut Directeur Général d’IBM à l’époque où je sévissais encore chez Systemat… Qui est-il ? Un homme aux abords sympathiques, flamingant rabique, maçon opportuniste au seul service de sa carrière… le gaillard est dangereux, affichant un sourire chaleureux, vous témoignant une amitié de façade… Si vous entriez dans la nasse, vous étiez assuré d’en sortir solidement cabossé.

Pour ma part, je lui faisais entière confiance après son départ d’IBM quand il a joué, très provisoirement, au consultant en fusion-acquisitions… il m’avait alors proposé le rachat d’un concurrent important, la société Mainware, dirigée par un de ses bons amis, Fernand Spreutels, avec qui il faisait du vélo le week-end dans le Zwin de Knokke-Heist.

Fernand Spreutels était un autre flamingant, escroc en faillite virtuelle, dont Tony Mary devenait la dernière planche de salut pour éviter la catastrophe… je devais être la victime consentante de cette comédie d’un goût douteux à laquelle j’ai rapidement mis un terme en déposant le bilan Mainware qui n’avait plus aucune chance d’être redressé… il eut fallu obtenir un concordat qui aurait coûté au moins 70 % de leurs créances à des fournisseurs atterrés… je fus pourtant à deux doigts de l’obtenir.

Mon plan de sauvetage a malheureusement échoué à cause de Compaq-Munich qui a seul refusé cet indispensable abandon de créances, condamnant donc Mainware à la faillite, laquelle fut alors prononcée… cet épisode d’avril 1995 reste un des pires moments de ma carrière car il avait bien failli entraîner notre propre faillite Systemat dans un diabolique jeu de dominos… Nous avions été sauvés par un homme d’honneur, Michel Boussard, nouveau Directeur Général IBM juste après le départ précipité de Tony Mary.

Avec la plus parfaite mauvaise foi, sa responsabilité amicale étant lourdement engagée, Tony Mary avait choisi d’aider son ami flamand, Fernand Spreutels, en nous accablant de ses témoignages opportunistes… Nous y avions alors laissé pas mal de plumes qu’il était difficile de supporter étant donné la taille qui était encore la nôtre en 1995…

La croissance phénoménale des années 1997-2000, le Manager de l’Année 1996, l’introduction de Systemat en Bourse de Bruxelles en mars 1997, nous avaient ensuite permis d’amortir ce passif qui, comme souvent, nous avait tout de même permis de récupérer quelques hommes de qualité, quelques clients fort importants… Bref, à quelque chose malheur est parfois bon… trois coups dans l’eau… on tourne la page pour repartir au combat.

Tony Mary avait entre-temps abandonné son métier de consultant pour se recaser chez son ami flamand, John Goossens, propulsé à la direction générale de Belgacom… un autre garçon qui mériterait un jour une de mes oraisons funèbres… Tony Mary, expert en sournoises manœuvres de coulisses, sort donc ce samedi matin de sa prudente réserve habituelle pour soutenir son fils-prodige, ténor du barreau de Bruxelles, dont il voudrait opportunément partager en famille la malodorante notoriété médiatique…

‘Nous n’avons pas peur’… clame l’ancien petit coq IBM d’1m60… pendant que son rejeton maudit quémande tout de même la protection rapprochée de nos pandores héroïques… ‘Mais non, il n’a pas peur’… Marc Dutroux n’a pas peur non plus de demander sa libération anticipée… j’ai pourtant la faiblesse de croire qu’il quitterait la sécurité de sa prison par une porte dérobée, muni d’une nouvelle identité généreusement fournie par le Ministère de l’Intérieur, après avoir pris un rendez-vous urgent chez un chirurgien esthétique pour se refaire la façade, en sosie de Marlon Brando.

Méfiez-vous des flamands souriants qui parlent trop bien le français… Méfiez-vous des nains complexés qui hurlent comme des loups… Méfiez-vous des avocats qui mentent outrageusement en leur âme et conscience… Méfiez-vous des gens habités par leurs certitudes… Méfiez-vous des gens qui n’ont pas peur.

A presque 77 ans, je n’ai plus aucune certitude à part la seule confiance que je me conserve… Pour le reste, je n’ai plus que mes doutes… Je n’ai plus peur de rien, je suis juste terrorisé par l’immonde bestialité… je n’oserais pourtant jamais recommander à un avocat de fermer sa grande gueule comme l’a courageusement fait Jan Jambon… Autant exiger d’un chien qu’il ne puisse plus aboyer.

Les deux pires tortures imaginables restent l’enfermement dans une cave avec Séraphin Lampion, l’assureur-conseil du capitaine Haddock… pire encore, priver un avocat de l’usage de la parole en lui coupant la langue comme Giordani… j’ai vécu ce drame d’un avocat rendu muet avec Arthur Gilson, politicien célèbre, Ministre, avocat de surcroît, qui terminait sa vie en 2003 avec une ardoise et un feutre pour communiquer brièvement avec son interlocuteur… c’était une souffrance affreuse infligée à cet homme charmant.

Je n’ai aucun conseil à donner à Sven, ni à Tony Mary, protégés dans leurs délires par quelques zozos maçonniques des barreaux belges… comment prétendre défendre la légendaire démocratie belge en rendant une impensable liberté à ce criminel de Salah Abdeslam… Ma leçon serait certainement fort mal accueillie mais si je n’en avais qu’une à leur murmurer à l’oreille…

Faites quand même gaffe, mercantiles opportunistes… on a assassiné beaucoup de gens pour moins que cela… vous avez en face de vous une telle foule de citoyens qui ne supportent plus vos outrances que vous pourriez rapidement finir dans une caisse en sapin véritable avec poignées récupérables… Bon amusement pour retrouver les coupables… il y aurait tellement de coupables possibles que la police, toujours pleine de malices, n’aurait que l’embarrassant embarras du choix.

Je me serais volontiers chargé de cette sale besogne si je ne craignais pas les conséquences désastreuses d’un acte irresponsable… comme retraité chroniqueur, je préfère bondir de rage sur ma plume ravageuse pour dire aux Mary, père et fils, avec une foule de belges qui partagent mon opinion toujours modérée… on vous emmerde.

On peut impunément se moquer de la justice mais il faut craindre le peuple. (VC 1.1)

Vilain Coco

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