Tel père tel fils

Qui est le plus grand du père, Akhenaton ou du fils, Toutânkhamon ? Le père, pharaon immense, impose le culte d’Aton visible, le monothéisme solaire pacifique… le fils, sans l’envergure du père, rétablira celui d’Amon caché, polythéisme guerrier voulu par la caste des prêtres qui éduquaient le sale gamin au marteau jésuitique de l’époque… En effet, nous ne sommes encore qu’en 1300 avant le Crucifié qui se contentera d’ailleurs de tout copier sur les feuilles de ses meilleurs voisins.

Toute similitude avec des situations existantes est évidemment fortuite mais on ne m’empêchera tout de même pas de penser qu’un père génial engendrant un fils idiot reste une réalité assez banale… il faut juste souhaiter à ce père cette lucidité, trop rare, d’en prendre rapidement conscience avant que l’imbécile ne commence à frapper… je l’ai déjà dit mais je le répète… il ne faudrait jamais donner du pouvoir aux imbéciles car ils vont évidemment fort mal s’en servir.

Notez bien que cet affrontement dans l’Antiquité entre… monothéisme – polythéisme… reste un vaste débat que Coco n’a pas encore tranché… A mes yeux, les polythéismes, Egyptien – Grec – Romain, présentaient de nombreux avantages mais un inconvénient majeur étant la prolifération de la caste des prêtres dont Pharaon Akhenaton, plus tard l’Empereur Constantin, voulurent absolument se débarrasser pour unifier, consolider des empires menacés par leurs voisins.

Cette querelle des Anciens et des Modernes restera probablement un nœud gordien que même Napoléon Bonaparte n’avait pas tranché lors de sa campagne d’Egypte lorsqu’il débarquait en juillet 1798 près d’Alexandrie pour lancer des proclamations stupéfiantes… le cynisme religieux du futur Empereur atteignait là un admirable paroxysme d’opportunisme…

Comment faire croire à ces bandes de bédouins hirsutes, de mamelouks féroces, qu’il était un fervent musulman, envoyé d’Allah pour apporter les Lumières de la France à cette millénaire civilisation égyptienne ? Napoléon y était arrivé vaille que vaille tout en fusillant, en décapitant, rapidement ceux qui auraient osé douter de son don messianique… la raison d’état a de ces exigences qu’il faut impérativement satisfaire pour imposer l’ordre public à la classique chienlit démocratique.

Vilain Coco est bien conscient de sa tendresse coupable pour les dictatures éclairées qui peuvent parfois conduire aux pires calamités de l’histoire… Mais la tentation est forte de faire taire ces concerts de voix discordantes qui ne mènent à rien alors que la volonté éclairée d’un seul visionnaire gaulliste, partagée par la majorité de son peuple admiratif, pourrait apporter l’ordre, la prospérité, le bonheur, à des populations qui ne demandent finalement rien d’autre.

En vieux Bonapartiste intégriste, je ne remonte jamais seul du midi de la France vers le grand nord sans emprunter, au col Bayard, la Route Napoléon avec un arrêt obligé à Laffrey pour mon pèlerinage à la Prairie de la Rencontre… l’émotion est toujours la même, au milieu de mes montagnes de l’Isère, au bord du lac, assis sur le socle de la statue équestre de mon idole tandis que claquent les drapeaux… des moments sublimes de communion avec le génie impérial qui me parle parfois en exclusivité pour me remercier de la visite.

L’Empereur adorait l’Egypte qui n’adorait pas l’Empereur… Comme de coutume, le génie dérange les imbéciles qui feront tout pour l’éliminer… la loi victorieuse du nombre envieux est une constante qu’il ne faut jamais sous-estimer… Napoléon évoque souvent la sournoise perversité maladive des ‘pédés anglais’… (E. Cresson 1.1)… l’antagonisme haineux des fins de race noble… Bourbons, Habsbourg, Romanov, ces traîtres qui se dressèrent sur la route de ‘l’Usurpateur’, trop petit Corse mal-né.

Lorsque 50.000 soldats français embarquent à Toulon en mai 1798 sur plus de 400 bateaux, Napoléon prend soin d’emmener avec lui une importante équipe de scientifiques dont le fameux Jean-François Champollion, le premier à déchiffrer les hiéroglyphes de la Pierre de Rosette… une avancée majeure en archéologie égyptienne pour la recherche historique de cette époque fabuleuse.

L’Empereur ne croyait ni à Dieu ni à Diable mais, en grand communicant, il était parfaitement conscient de la puissance symbolique des religions sur les peuples… il était donc musulman en Egypte, catholique en France, il aurait été bouddhiste au Népal, animiste en Afrique, si la Grande Armée avait décidé de s’y aventurer sous ses ordres.

Une dictature éclairée se doit de pactiser avec les religions locales, cet opium du peuple qui hallucine les populations miséreuses… des pauvres juste désireux de changements matériels mais dans le respect de leurs fadaises spirituelles… Comme Napoléon, Hitler, Mussolini, Salazar, Franco, Pétain, Peron, Pinochet, l’avaient bien compris, s’assurant la complicité du Vatican qui n’a jamais été très regardant sur les dictatures fascistes… il suffit qu’elle subviennent généreusement aux fastes de l’Église tout en combattant le sarrasin tutélaire, les hérétiques juifs, les barbares bolcheviques de sinistre mémoire.

Mais revenons à Toutankhamon sous contrôle de prêtres polythéistes… Après la mort de son père, ce sale gamin raté ordonna la destruction de toutes les cartouches de ses parents dont les sépultures cachées ne furent jamais retrouvées… il aurait même déclaré au sujet de son père Akhenaton… je le cite, aterré… ‘Il n’est qu’un raté, il a raté sa vie, son Aton visible n’est qu’une idole, il est mort seul comme tout Pharaon sacrilège.’

Vous imaginez votre fils vous sortir pareilles horreurs ? Vous le traiteriez comment ? De notre temps, c’était évidemment impensable… on avait encore le profond respect de nos anciens… Mais, figurez-vous que les temps ont changé pour que l’impensable devienne de plus en plus souvent la triste réalité actuelle…

Les jeunes ignares incultes masquent leurs failles évidentes derrière une arrogance de sentiments qui laissent sans voix les anciens abasourdis qui doivent subir de tels écarts de langage… les générations se suivent mais ne se ressemblent pas… Un père ne rêve que de voir son fils promis aux plus hautes destinées, de savourer la fierté d’avoir été le géniteur exemplaire, source vive de cette réussite éclatante…

Ce ne sont malheureusement que de rares exceptions qui confirment une règle infiniment plus sombre… Alexandre le Grand, homosexuel, n’a rien engendré… Jules César n’a eu qu’une fille, Julia… sans héritier mâle, il adopta son neveu Octave qui devint l’Empereur Auguste… Napoléon évoque souvent le souvenir de son fils unique, le Roi de Rome, l’Aiglon décédé à 21 ans en grand uniforme autrichien des Habsbourg, au Palais de Schönbrunn à Vienne…

Comment se mesurer à Mozart, Einstein, Gates, Jobs, Nietzsche, Picasso, Onfray, quand il ne suffit pas que de naître, quand il faut se hisser sur un escabeau pour se comparer à son père, quand le complexe d’infériorité devient tel qu’il n’y a finalement plus que le crime pour affirmer une fort médiocre personnalité à défaut d’être capable de se la construire.

‘Tu quoque fili mi’… ‘Toi aussi, mon fils’… devrait être une obsession dans l’esprit des génies qui perdraient leur lucidité en admirant leur progéniture imbécile… on raconte souvent que cela saute une génération… je crains malheureusement que cela n’en saute plusieurs… Pour ne rien vous cacher, j’en suis même assez certain… il y a des records sportifs qui n’ont été battus que des dizaines d’années plus tard.

‘Tel Père, tel Fils’ est une connerie supplémentaire dans le florilège des conneries.   (VC 1.1)

 

Vilain Coco

Un commentaire

  1. Comme d’habitude, subtil et mille fois vrai. Attention, Champollion n’a jamais fait partie de la campagne d’Egypte : l était trop jeune. Ce n’est qu’après de longues études sur les langues anciennes, qu’il sera amené à déchiffrer enfin les hyéroglyphes

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