Les Humeurs de Vilain Coco

Réunion au sommet dimanche dernier avec mon éditeur favori, Frédéric Ruelle, remarquable animateur des… Editions l’Hirondelle… celle qui fait le printemps…

Nous déjeunions dans un des hauts-lieux de la gastronomie en Brabant Wallon… il s’agit bien sûr de…’Chez Clément’… sans avoir le plaisir d’y rencontrer France Clément, la charmante patronne de l’établissement… encore moins Tati Danièle, son assistante de direction… j’en ai déduit qu’elles devaient probablement assister en famille, comme chaque dimanche, à l’office religieux dans leurs paroisses respectives.

La dernière création que Frédéric voulait me présenter a soulevé mon enthousiasme immédiat… Vous aurez certainement remarqué que je termine généralement ma chronique quotidienne par une petite maxime, soit personnelle, soit picorée dans ces dictionnaires de citations que je consulte régulièrement voracement… j’adore les bonnes citations des autres tout en appréciant les miennes quand elles sont de qualité, ce qui est souvent le cas, vous en conviendrez.

Par contre, je déteste les petites phrases banales qui semblent vraies alors qu’elles n’enfoncent que des portes ouvertes, qu’elles sont souvent complètement fausses… par exemple… ‘Tel père, tel fils’… ‘L’argent ne fait pas le bonheur’… ‘Après la pluie le beau temps’… ou, pourquoi pas… ‘Un tram peut en cacher un autre’… mieux encore… ‘Un fusil pas chargé peut partir tout seul’.

Sur les différents murs Facebook, on assiste à un florilège de ces phrases-bateaux, toutes plus bêtes les unes que les autres, avec ces airs sages d’une réflexion en profondeur, surtout quand elles s’inspirent de la grande tradition catho-mystico-religieuse…

‘Aimez-vous les uns les autres’… ‘Aime ton prochain comme toi-même’… ‘Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer’… ‘Je ne suis pas digne que vous entriez en moi mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie’… on pourrait continuer à l’infini tant le magasin de bondieuseries regorge de ces belles pensées attrape-mouches.

Bref, avec Frédéric, nous avons donc décidé de lancer des planches-affiches imprimées des meilleures maximes de Vilain Coco, écrites depuis plus de six ans déjà… de courtes phrases-chocs signées, illustrées d’une vignette de l’auteur, de son compagnon James-Patate, deux Penseurs de Rodin en plein travail… ces planches pourraient élégamment décorer vos lieux d’aisance, vos couloirs trop nus, des chambres d’adolescents désorientés en recherche quotidienne de sens à des vies désœuvrées.

Proposées à des prix fort démocratiques, les bénéfices de ces ventes d’affiches, via mon blog ou mon mur Facebook, seront bien sûr intégralement consacrés aux actions de terrain de notre Fondation HDC Cap Skirring… une manière simple, joyeuse, de se joindre à nous… de nous manifester votre précieux appui… du moins si vous appréciez ce que nous réalisons bénévolement, concrètement, très directement sur le terrain avec nos amis sénégalais en Casamance.

Les premières affiches de Vilain Coco sont déjà proposées sur mon blog… nous avons la faiblesse de penser que cette initiative vous plaira, qu’elle pourrait créer un nouveau lien entre nous… Quelques restaurants où j’ai mes habitudes m’ont également promis d’accrocher ces affiches dans des lieux de passage… qu’ils en soient ici remerciés.

Ce mois de février 2018, qui se termine déjà, avait connu l’année dernière, à la même époque, ma rencontre fortuite avec Frédéric Ruelle, en difficultés passagères… que de chemin parcouru depuis ce rapide échange de mails, entre Courchevel-Jardin Alpin et Bruxelles, qui fut à l’origine du début de notre collaboration… Frédéric avait besoin d’un coup de pouce urgent, j’avais une furieuse envie d’écrire mon premier livre… Systemafric… un cri de rage qui n’a pas plu à mes proches.

En effet, jusque-là, je me noyais dans mes 6-7000 pages écrites sur trop de sujets différents… Frédéric me proposait de traiter ces textes dans une base de données informatiques, bombardée par des mots-clés significatifs… Ce travail commencé en mars 2017 débouchait sur le livre-blook… Systemafric… en juin de la même année, son interdiction quasi-immédiate, en référé, fin juin par la justice belge, sa refonte en version 2.0 expurgée, publiée en septembre, sa diffusion finalement fort réussie durant le dernier trimestre 2017…

Parallèlement, mon propre blog s’ouvrait au début du mois de décembre 2017 pour atteindre près de 25000 visites à la fin du mois de février 2018… un joli succès comparé aux quelques centaines de ‘like’ sur Facebook qui ne me donnait pratiquement aucune information relevante sur ma véritable diffusion dans le public… pas vraiment motivant d’écrire chaque jour pour des fantômes anonymes.

Aujourd’hui nous travaillons ensemble… Vilain Coco – Frédéric – Philippe – Claude… vers un seul et même objectif commun… Assurer la diffusion la plus large possible de textes, d’images, de livres, d’affiches, pour assurer le financement du cercle vertueux, éthique, que nous construisons et construirons en Casamance…

Ce n’est certainement pas une mince affaire mais nous pensons qu’elle en vaut largement la peine… elle justifie donc toute notre attention au-delà des diversions qu’un environnement hostile pense pouvoir nous imposer depuis mon premier divorce… les héritiers légaux d’un patriarche généreux apprécient modérément cette ‘dilapidation’ d’un dernier magot qu’ils considèrent déjà comme le leur, sans la moindre intention d’en faire profiter qui que ce soit.

Plus grave encore est ce sentiment de véritable castration de votre vivant quand ces mêmes héritiers veulent vous priver de tous vos moyens d’actions, douter de votre santé mentale, engager des actions judiciaires pour paralyser vos initiatives détestables à leurs yeux… ‘Tu fais ce que tu veux de ton argent à condition d’en gagner plus encore avant de nous le donner… nous avons grand besoin de tes reliefs après avoir dévoré ton plat principal car nous sommes totalement incapables d’assurer seuls notre avenir.’

C’est tellement gros que je n’arrive même plus à en pleurer… c’est presque en riant que je lis leurs accusations grotesques comme celles de leurs enfants qui sont mes petits-enfants manipulés par leurs parents adorés… ‘Tu as raté ta vie, tu n’es qu’un raté, tu mourras tout seul.’… m’écrivent ces imbéciles qui feignent d’ignorer que je n’ai jamais été aussi bien entouré pour travailler énormément à la plus belle réussite de ma vie, celle dont je suis le plus fier.

Quant à mourir tout seul, j’ai la ferme intention de le faire… je ne voudrais à aucun prix entraîner dans ma mort les gens que j’aime, ceux qui devront continuer l’œuvre entreprise, assurer le travail de mémoire qui devrait rester un socle de nos travaux dans le futur… il est donc hors de question de condamner les vivants à mourir de faim autour du sarcophage déposé dans une chambre mortuaire murée sous le baobab sacré à la baie de Boucotte.

Mort, je veux rêver seul de vous savoir nombreux autour de moi, attentifs, généreux, actifs, pour que les projets caritatifs qui sont les miens deviennent ensuite les vôtres… cette pensée me console de tout, répare tout, me donne cette certitude d’avoir sauvé toute ma vie d’égotique grâce à cette seconde vie au service des autres… ce fut une vocation trop tardive mais la meilleure vocation tout de même, celle que j’aimerais tant partager avec mes nombreux amis qui découvriraient les vertus du… ‘avoir mal aux autres’.

Avoir mal aux autres, le seul bon sens d’une vie qui n’en a pas d’autres. (VC 1.1)

Vilain Coco

 

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