Paroles de Brabanconne

Il y a des personnalités en pays de Groland qui chantent la Marseillaise quand on leur demande de chanter la Brabançonne… il faut se méfier du ridicule de ce genre de situation qui s’apparente au fait de ne pas connaître le prix d’une baguette de pain, d’un éclair au chocolat, d’un ticket de métro… ce sont des pièges dans lesquels un vieux routier de la politique ne devrait plus tomber… ils y tombent pourtant encore souvent.

Je me fiche bien de la politique mais je me suis attentivement penché sur les paroles de la Brabançonne, dans les trois langues nationales, pour en mesurer l’impact émotionnel sur une population qui n’en connaît généralement que la triple répétition finale… Le Roi, La Loi, La Liberté… Voor Vorst, Voor Vrijheid, Voor Recht… Für König, Recht und Freiheit…

Avouons le franchement, le reste du texte pouvait difficilement faire pire… le type qui a écrit ces foutaises ne sera pas inscrit au Panthéon des poètes oubliés… je m’abstiendrai de critiquer la triplette finale car, même républicain convaincu, je pense que la Royauté reste un le dernier symbole de cette unité belge qui agoniserait encore plus vite sans elle… le vrai débat étant de savoir s’il y avait lieu de prolonger cette lente agonie ou s’il était préférable d’y mettre un terme comme le souhaitent les lions flamands.

Oserais-je dire que j’aurais préféré une rupture plus rapide avec disparition probable d’une monarchie que plus personne ne voudrait prendre en charge ?  Une rupture brutale, peut-être salvatrice, pour une Wallonie obligée de se prendre sérieusement en main après soixante ans d’assistanat socialiste… Cette castration généralisée ne fut pas seulement chimique mais surtout maigrement financière dans des bureaux ONSS, ONEM, CPAS, INAMI, qui ont littéralement émasculé les Wallons, ces fiers coqs gaulois traités en chapons farcis pour repas spartiates de Noël.

Cela étant, je répète que la monarchie ne me dérange pas… ce n’est certainement pas ma tasse de thé mais j’avoue une certaine tendresse pour Albert 1er, notre bon roi bourgeois qui avait ce charisme populaire que Baudouin peinait et Philippe peine à pratiquer… Il faut dire que les communicants de la ‘Maison du Roi’, comme de la Reine, sont terrifiants, au point de se demander où ces gugusses ont bien pu faire leurs classes primaires.

Bref, okay pour Le Roi… passons à La Loi, La Liberté… le sort de La Liberté devrait être rapidement traité puisque tout est interdit en Groland sauf ce qui le sera demain… je ne la chanterai donc pas…

Venons-en à La Loi que chaque citoyen est censé connaître alors que c’est rigoureusement impossible, même pour les quelques initiés qui pataugent avec bonheur intéressé dans ses innombrables interprétations jurisprudentielles…

Quel serait d’ailleurs l’intérêt de connaître ces lois puisqu’elles ne sont ni applicables, ni appliquées sauf à de rares truands, quelques terroristes, de petits escrocs, qui monopolisent l’espace judiciaire, l’attention médiatique, le travail d’experts chargés d’éclairer des magistrats qui n’entravent que dalle dans des matières trop complexes… le législateur, sa justice, ses divers acteurs, sont une sorte de forteresse, un Fort Knox qui fonctionnerait en autarcie… ceux qui oseraient entrer dans ce bunker bétonné doivent abandonner tout espoir sérieux d’en sortir un jour, sauf les pieds devant.

Cessons donc de chanter La Loi, La Liberté… Chantons neuf fois… Le Roi… garant de notre ‘Devise Immortelle’ qui semblerait pouvoir cimenter notre ‘Invincible Unité’ devenue tout de même fort problématique ces dernières années…

‘Nous le jurons tous, tu vivras’… A votre place, je ne jurerais rien de ce que je ne croirais pas… Laissons cet exercice de parjure à tous ces avocats-marrons, opportunistes, qui défendent l’indéfendable, feignant de croire… ‘en leur âme et conscience’… qu’il faudrait libérer Salah Abdeslam ( Sven Mary) ou Marc Dutroux (Bruno Dayez) après avoir honteusement relaxé Michelle Martin…

Au nom de cet ‘Humanisme Pénal’, dernière trouvaille loufoque de Bruno Dayez, il serait alors temps d’élargir Michel Fourniret… cette charmante crapule a largement payé sa dette d’honneur à notre société humaniste décadente.

Ô Belgique, ô mère chérie
A toi nos coeurs, à toi nos bras
A toi notre sang, ô Patrie
Nous le jurons tous, tu vivras
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle

Le Roi, Le Roi, Le Roi
Le Roi, Le Roi, Le Roi
Le Roi, Le Roi, Le Roi

J’espère qu’on n’a pas payé cher le type qui a pondu ce bastringue… la musique n’est pas trop mauvaise mais les textes sont juste débiles, ringards, grotesques, presque comiques dans le contexte vécu actuellement… ‘La Belgique Grande et Belle’… restons lucides, les gars… la Belgique est juste minuscule, racrapotée sur elle-même, plate comme une crêpe, plutôt moche cette Patrie qui reste la mienne avec sa capitale éventrée…

La Belgique Invincible… non, mais je rêve… Elle n’a jamais été invincible… En bon état-croupion, elle fut toujours rapidement vaincue, soumise aux envahisseurs barbares depuis Philippe II d’Espagne, son terrible duc d’Albe, les Habsbourg Maximilien et Marguerite d’Autriche, les Français de Dumouriez puis de Napoléon, les Hollandais de Guillaume 1er, les Anglais de la Reine Victoria, épouse d’Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, la bonne Maminou de l’Europe, qui nous fit don généreux de notre dynastie héréditaire depuis 1831… Chacun appréciera cette générosité ‘désintéressée’, toute britannique.

Concernant le reste du texte, j’ai déjà donné, cinquante ans durant, mon coeur, mes bras, mon sang, à cette mère chérie qui doit bien me haïr pour me traiter comme elle ose me traiter… Pénible de devoir découvrir à 70 ans l’ingratitude de cette Patrie qui veut vampiriser mes dernières gouttes de sang, cette Patrie-Goulue, suceuse d’un sang que je lui avais pourtant largement consacré…

Quant à mon Coeur’, mes ‘Bras’, qu’elle me mégote âprement à 1300 euros par mois, je préfère les reprendre avant qu’elle n’en jette les fruits juteux, par portes et fenêtres, à quelques infâmes crabes, profiteurs du système vérolé, qu’elle a soigneusement mis à l’honneur…

J’écouterai encore la Brabançonne parce que ces hymnes nationaux, entonnés dans un stade comble de football, me donnent encore curieusement des ‘frissons dans le dos’… Par contre, je n’en chanterai plus jamais les paroles… je ne pense pas un mot de ce qu’elle radote fort mal… je ne jurerai plus jamais ce qu’elle ose me demander de jurer, même en chantant…

En effet, je me vois mal chanter avec Bart De Wever, Jan Jambon, Theo Francken ‘L’Invincible Unité’ de ma ‘Mère-Patrie-Chérie’ que ces fascistes flamands ne pensent qu’à faire exploser le plus rapidement possible…

Je souhaite bonne chance à Philippe et Mathilde qui vont devoir gérer ce bric-à-brac, ce fourbi, ce bazar, ce foutoir, dont les derniers symboles… ‘D’unité Invincible’… doivent être l’équipe des Diables Rouges en buvant des flots de cervoise… ‘Jupiler’… qui deviendrait bientôt la… ‘Belgium’… pour éviter que le nom glorieux de ce pays ridicule ne disparaisse à jamais dans les marécages oubliés de notre histoire héroïque.

Petit pays, petites gens, petits esprits, petite Brabançonne… tout est si petit.   (VC 1.1)

 

Vilain Coco

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