Human being or human has-been

Faites vous bien la différence entre un humain vivant et un humain pas encore mort ? C’est pourtant simple… tant que vous représentez une source de revenus, une force de travail, un débiteur de la gabelle, un compte en banque alimenté chaque mois, vous êtes alors ce qu’on peut considérer comme un ‘Human Being’… ce n’est pas grand-chose mais c’est mieux que rien du tout.

A partir du moment où vous partez à la retraite comme une vieille laitière ménopausée, retraitée en fort maigre pâture, vous devenez un ‘Human Has Been’, un encombrant inutile, un néant dont on se demande juste quand il se décidera enfin à débarrasser le plancher… Vous n’êtes plus une recette mais juste une charge pour tout le monde… ‘It’s time to say good bye, my old friend…’

Pour être encore plus clair, si vous ne m’aviez pas bien compris… dans un vocabulaire un peu trop imagé, j’en conviens, pour bourgeois raffinés… c’est toute la différence entre… une Merde et une Sous-Merde… A votre avis, quel est le plus intéressant des deux statuts ? Au risque de vous étonner, je dois vous avouer une nette préférence pour le statut de Sous-Merde… un statut tellement plus riche d’enseignements que le simple statut de… Merde… ne peut pas vous apporter.

Depuis janvier 2011, j’ai accédé à ce statut privilégié de… ‘Sous-Merde’… d’abord au Sénégal, ensuite en Belgique à partir du mois de mai 2016… les deux expériences furent éminemment passionnantes… Au Sénégal, j’étais soi-disant, soudainement, devenu fou dangereux, bipolaire, paranoïde, bionique, brutal, raciste, pédophile, alcoolique, manquant gravement de respect à la Constitution de la République du Sénégal…

D’après un obscur psychiatre africain à Dakar, Léopold Boissy, diplômé de l’Université du Baobab… un toubib que je n’ai jamais rencontré, jamais vu… il aurait été grand temps de m’enfermer le samedi 21 mai 2016 à 16h30 dans un asile d’aliénés, celui de Kenya – Ziguinchor, une véritable chiotte puante dans laquelle vous ne mettriez pas un chien galeux.

Conscient du danger évident qui me menaçait, j’ai pris mes jambes à mon cou pour fuir les pandores de la gendarmerie nationale lancée à mes trousses… une cavale rocambolesque en avion privé pour retrouver deux jours plus tard le confort de la classe business, la sécurité d’un bel oiseau Brussels Airlines… Vilain Coco est certainement un vieux con mais on aurait tout de même tort de le prendre pour un jambon… Caramba, encore raté… le quatrième jour, le canard, juché sur l’armoire, était toujours vivant… Papa est alors parti chercher le fusil… (R. Lamoureux 1.1)

Arrivé en Belgique après cinq ans d’absence, à poils, une simple valise-cabine à la main, en short et tee-shirt, j’ai pu apprécier toute la fine délicatesse de l’accueil global qui me fut réservé… exception faite de mes adorables neveux Logé qui m’ont tout de même hébergé quatre mois durant avant de me suggérer d’envisager un proche déguerpissement…

Il est exact d’avouer que je buvais encore à cette époque… j’avais progressivement vidangé la cave familiale de ses meilleurs flacons… Ajoutons que ma présence envahissante dans leur espace vital pouvait troubler la quiétude souhaitable des lieux… jusque là, tout allait donc pour le mieux.

Le pire restait à venir… principalement l’attitude des banquiers, du fisc vorace, des huissiers en costumes bon marché, de la justice intègre avec ses procureurs, magistrats, notaires, avocats… Mais la race la plus exécrable reste bien celle des banquiers, ces gangsters qui ne m’auront épargné aucune de leurs humiliations coutumières… Je hais les banquiers… principalement le mien… ING pour ne pas nommer ce fleuron mafieux du Royaume batave…

Ces salopards me léchaient les pieds depuis 1990 pour… m’introduire en Bourse en mars 1997 et décembre 1999… pour financer la construction de plus de 40.000 m² de bureaux, entrepôts, ateliers en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg… pour traiter nos finances colossales en totale exclusivité consentie… pour me nommer même au Comité de Siège de Bruxelles avec quelques fleurons du monde de leurs plus gros clients…

Ces fromagers ingrats n’ont pourtant pas hésité à bloquer mes comptes devenus squelettiques, à me refuser des lignes de crédits ridicules, à me récuser tous prêts hypothécaires au motif de mon âge avancé, de mon absence de revenus professionnels… à me menacer de leurs huissiers pétomanes, allant récemment jusqu’à me faire ficher à la Banque Nationale comme débiteur défaillant pour leurs méchantes cacahuètes.

Un individu normalement constitué irait faire caca devant le seuil marbré de cette institution démoniaque, leur retirerait immédiatement la totalité de ses comptes faméliques avant qu’ils ne les confisquent… Croyez-vous que je le fisse ? Que nenni… je sais trop bien jusqu’où peuvent descendre ces forbans malveillants que pour aller me livrer à un autre gredin dont je mesurerais encore mal le degré potentiel d’abjection.

Avec ING au moins, je sais ce dont ils sont capables… je pense pouvoir affirmer que ces bouffeurs de fromages jeunes sont les pires des banquiers mais j’ai une telle horreur de cette race de vautours affamés que je dois craindre qu’il n’y ait encore bien pire… un tien vaut mieux que deux tu l’auras… je garde donc ma totale défiance à ING qui m’a tellement bien fait comprendre ma place dans sa conception de la Sous-Merde que je suis visiblement devenu à leurs yeux.

Pas mal non plus, l’arrogance de ces huissiers risibles venus cinq fois saisir les mêmes meubles, les mêmes tableaux, les mêmes voitures, avec des airs de curés défroqués qui visiteraient discrètement le quartier des putes à la gare du Nord… la Sous-Merde, amusée, les recevait avec un souverain mépris, leur rappelant, rigolard, que tout avait déjà été saisi à trois ou quatre reprises… Comment peut-on exercer un métier aussi pathétiquement con ?

Se faire traiter comme une Sous-Merde par un banquier ou un huissier est presque un légitime sujet de satisfaction… mais que dire alors qu’on se ferait traiter comme une Sous-Merde par des amis proches, par un associé de trente ans, par des membres de votre propre famille… Voilà qui devient alors vraiment accablant… ce fut pourtant bien mon cas… je tiens d’ailleurs ici à les en remercier tous très chaleureusement…

C’est en effet la plus inoubliable des leçons reçues dans ma vie romanesque… je vous garantis que la vieille Sous-Merde ne l’oubliera jamais, même allongée dans sa caisse en sapin véritable… Ces connards vont me payer affreusement cher leurs coups de pied d’ânes bâtés qui se prennent pour des lions… la révolte inattendue de la Sous-Merde éclaboussera bientôt les plafonds lambrissés de leurs palais luxueux, ces palais que je leur ai imbécilement offerts puisqu’ils étaient rigoureusement incapables de se les payer eux-mêmes…

‘Ah ça ira, ça ira, ça ira, les merdocrates à la lanterne… Ah ça ira, ça ira, ça ira, les merdocrates on les pendra.’… les sans-culottes… les Sous-Merdes de la Révolution… se répandaient durant la Terreur dans les rues de Paris, pourchassant les Merdes poudrées qui montaient dans les charriottes en route pour la guillotine de Sanson.

On ne verse plus assez le sang pour laver les humiliations, les insultes, la bave des crapauds, les trahisons des Judas, les crachats de ces grenouilles qui veulent se faire aussi grosses que le bœuf… Ces inconscients viennent parfois même jusqu’à narguer l’Empereur dans son quartier général avec leurs uniformes chamarrés pendant que le petit caporal en redingote les observe goguenard depuis son bivouac…

Le soleil se lève en début d’après-midi sur la plaine d’Austerlitz pour réchauffer les mourants en pleurs, les estropiés sanguinolents qui rampent en criant la douleur vers les ‘ambulances volantes’ du Baron Larrey, le champion des amputations minutes.

Les Merdes devraient craindre la vengeance des Sous-Merdes au lieu de les défier. (VC 1.1)

Vilain Coco

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