Le vice juge la vertu

En préparant mes dossiers dans mes nombreuses actions judiciaires en cours devant les justices belge et sénégalaise, je retombe sur le rapport psychiatrique du 5 décembre 2017… ‘Expertise de Monsieur Vilain Coco’… adressé à un Juge d’Instruction et une Dame-Substitut qui désignait pour cette importante mission un Expert auprès des Tribunaux, Didier Cromphout, Psychanalyste-Psychiatre.

Quel délice que de relire les avis techniques de ce gugusse, au demeurant assez sympathique, qui eut l’insigne honneur de rencontrer dans son minable cabinet de travail, encombré, la réincarnation même de l’Empereur, cet ancêtre génial qui dictait son Code Napoléon à ses secrétaires hébétés sans imaginer une demi-seconde que sa meilleure descendance en serait un jour la victime consentante.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je me soumets volontiers à ces expériences grotesques… En sixième latine à Saint-Michel le bon Père Lizin SJ, persuadé que je n’étais qu’un bon à rien, avait exigé de ma mère bigotte que je passe un examen psychiatrique… la conclusion en avait été formelle… ‘Ce garçon ne réussira jamais ses humanités gréco-latines… il faut l’orienter d’urgence vers des études techniques’… J’ai donc allègrement réussi mes Gréco-Latines en doublant, il est vrai, ma poésie suite à une infâme sournoiserie dont les bons Pères Jésuites détiennent l’obscur secret machiavélique.

Diplôme en poche, amusé par cette première victoire sur la bêtise universelle, j’avais décidé de me soumettre à un examen du Service d’Orientation Estudiantine de l’Université Catholique de Louvain l’Ancienne… le verdict fut sans appel… ‘Inutile d’envisager de quelconques études universitaires, une orientation vers les métiers manuels s’imposait d’évidence.’… J’ai donc fait une licence en sciences commerciales et financières, mon maître-choix, avec deux minables satisfactions suivies de deux distinctions qui me réconfortèrent d’avoir, une fois encore, eu raison de tous ces imbéciles incompétents.

Obligé de faire mon service militaire en 1963, j’avais opté pour le régime… Officier de Réserve… jugeant que tant qu’à perdre mon temps, il valait mieux le perdre dans un grade aux plus hautes responsabilités… je repasse donc la batterie des stupides tests chronométrés au Petit-Château avant de rencontrer un Capitaine-Commandant effaré… ‘Vos tests, Vilain Coco, sont indignes d’un Caporal alcoolique… si je n’avais pas vu votre diplôme universitaire, je n’aurais même pas pris la peine de vous rencontrer…’

Je me marre en lui racontant mes expériences précédentes… le type s’en amuse avec moi… ‘Ok pour une Ecole d’Armes mais alors dans une Arme Mineure, Coco… vous me comprendrez… je vous propose la caserne Saint Jean à Tournai, notre fameuse Ecole Ordonnance qui fera de vous un officier de qualité dans les garages-ateliers-camions-jeeps de notre immense armée héroïque…’

Après tout, pourquoi pas ? Je n’en avais de toute manière rien à cirer sauf le plaisir d’obtenir cette première étoile dorée, pas ces vulgaires sardines des demeurés mentaux chargés de notre excellente instruction militaire… Vilain Coco fut ainsi fait Sous-Lieutenant de Réserve en charge d’un peloton de ploucs avec lesquels il connut ses premières émotions du management de crise.

Ceux qui ont suivi mon exemple ne me contrediront pas… ce service militaire ne me laisse que d’excellents souvenirs dans une complicité totale avec mon chef de corps, le Major Coune, qui m’adorait au point de me proposer sa fille aînée en mariage…

Ida était gentille, pas idiote, bien nourrie, opulente du corsage, large du fessier, globalement laide comme un pou… je l’ai quand même vaguement courtisée au Bal des Officiers, en grand uniforme de cérémonie, bleu-marine, pour plaire à mon Major complice qui nous observait flirter à bonne distance, d’un regard humide de cocker aux belles oreilles.

Enfin un homme mûr qui me prenait au sérieux… le Major Coune avait respiré en moi le garçon d’avenir qui pourrait offrir à sa fille le médiocre bonheur bourgeois dont il rêvait pour elle… Mariage rapide, progéniture abondante, la plus grande joie des grand-parents… un mignon bungalow à Waterloo pour abriter ce bonheur simple, une Ford Escort doublée d’une petite Toyota iQ devant la porte du garage, une ascension rapide dans la hiérarchie militaire, une pension méritée à 55 ans pour des séjours dans le studio à La Panne, des voyages dans les contrées limitrophes… six fruits et six légumes par jour pour décéder, trop jeune, à 67 ans d’un cancer du colon ou de la prostate…

Bref, le bonheur d’une vie parfaitement réussie… avec le souvenir du Capitaine-Commandant Coco, souvenir qui ne s’éteindra jamais dans la mémoire d’Ida Coune… Il se raconte qu’elle m’aurait survécu une bonne trentaine d’années grâce à une solide pension de veuve d’un officier belge qui fit son lourd devoir patriotique jusqu’à sa longue et pénible maladie, vécue avec un courage exemplaire, réconforté par les Saints Sacrements des mourants, l’Extrême Onction administrée par son cher neveu à la mode de Bretagne, l’Abbé Eric de Beukelaer, ancien porte-parole de l’Archevêché de Malines

Dois-je ajouter que ma dalle au cimetière de Waterloo fut abondamment fleurie à chaque fête de Toussaint, visitée une fois l’an par une famille en larmes, venue me présenter ma nombreuse descendance… le spectacle consternant d’un garçon trisomique, d’une fille de 17 ans, enceinte de père inconnu, d’un camé à la Royal Morocco, cheveux en broussailles, écouteurs vissés sur les oreilles pour écouter à ‘donf’ les dernières conneries des rappeurs Damso ou Booba…

‘T’as pas connu Damso, Papy, c’est un peï de Kin… un black de Matonge… il va chanter pour les Diables Rouges en Russie… c’est du relou, fieu… les meufs le détestent… nous, on s’en branle, Papy, les meufs c’est que des techas à teubs… tu me suis Papy… Merci qui ?’

‘Putain, les mecs, c’était quand même mieux avant… on avait encore le respect de nos moukères… ces ‘djeunes’ ne respectent plus rien… vite, rétablir le service militaire obligatoire… de mon temps au moins, l’armée formait des vrais hommes, bien imbibés à la ‘Jupiler’… Aujourd’hui, ce ne sont plus que des lopettes camées, des loques humaines décérébrées par des trouducs de nègres qui chantent que des merdes.’

Bof, finalement c’est leur vie qui n’est plus la mienne… s’ils pouvaient juste m’épargner cette visite annuelle qui dérange mon repos éternel… D’ailleurs, j’avais bien demandé la crémation avec ensevelissement aux pieds de mon baobab de Boucotte… Pourquoi n’a-t-on respecté aucune de mes dernières volontés ? ‘Parce que c’était plus près du bungalow derrière la gare de Waterloo… ‘… ‘La belle affaire, et mon baobab qui ne grandit plus vers le firmament, vous vous en foutiez donc ?’

Mais je m’égare… que concluait ce bon docteur Cromphout le 5 décembre 2017 suite à mon examen ?  Je cite l’Expert… ‘Monsieur Vilain Coco n’était pas atteint au moment des faits (???) d’un trouble mental qui aurait aboli ou gravement altéré sa capacité de discernement ou le contrôle de ses actes… il n’est pas non plus actuellement en pareil état.’… Grandiose, n’est-il pas ?

Il me semble donc pouvoir en déduire que le Juge d’Instruction et Madame la Substitut me prenaient bien pour un malade mental profond au moment des faits ignorés dont on n’a d’ailleurs jamais jugé utile de m’informer… Quand j’avais interrogé ce bon docteur désigné, il m’avait répondu qu’il était tenu par je ne sais trop quel secret professionnel… Belle justice entre initiés en vérité… au mépris absolu des ploucs ignorants dans mon genre, instamment priés de la… RESPECTER… pour ne pas voler directement au gnouf.

‘Le Respect’… mais, bordel de merde, qui manque de respect à qui ? J’en ai complètement marre de devoir respecter des zouaves qui me respectent comme la merde respecte la sous-merde… je veux bien me respecter moi-même comme mes vrais amis qui me respectent pour ce que je suis… Je ne respecte rien d’autre, surtout pas des foutaises comme… Démocratie – Justice – Religions – Politiciens – Magistrats, assis ou debout – Curés – Imams – Pasteurs – Rabbins… si tous ces connards savaient à quel point je les emmerde, ils m’emmerderaient dix fois plus encore.

Quand le vice ose juger la vertu, la faillite du système est imminente. (VC 1.1),

Vilain Coco

4 commentaires

  1. Pour une fois qui n’est vraiment pas coutume, tu déconnes « drôle » et n’agresses que des subalternes inconnus et un « système » mal adapté. Ceci dit, ce sont tout de même tes Parents et tes Professeurs, Curés, Jésuites ou autres, je ne sais plus et peu importe, qui t’ont permis d’avoir ce bagage intellectuel. Nous te préférons dans l’ironie « Socratique » que dans la haine des tiens et la provocation des autres. Amitiés.

    1. Pierre, quel bonheur de consater que tu me lis encore… j’en oublie presque ton affreuse gastroscopie chaque fois que je prends, à jeun bien sûr, mon Pentomed, très supérieur à l’Oméprazol de notre époque… By the way, je n’ai de haine contre personne sauf contre les traîtres, fussent-ils de ma famille ou pas, les pires étant évidemment ceux de la famille… Ne parle donc pas de ce que tu ne connais pas… kisses à toute ta famille… VC-JCL.

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