Une seconde vie

Cap Skirring les 30 mars 2018

77 ans… le jour de grâce est arrivé… enfin débarrassé de Tintin et Milou que j’abandonne, bien à regrets, aux jeunes incultes en espérant qu’ils soient encore capables de lire une bande dessinée à défaut de pouvoir rédiger trois lignes de textes sans fautes… Tournesol, Nestor, le capitaine Haddock, la Castafiore, Dupont – Dupond me manqueront tout de même… je dirais même plus… ils me manqueront…

‘77 ans, Coco, cela vous fait quoi ?’… ‘Rien, Amigo, ni chaud, ni froid… la cervelle reste en éveil malgré le physique qui chancelle’… Plus l’âge avance, plus on se dit qu’on a bien de la chance alors que tant d’amis, souvent les meilleurs, ont déjà disparus, bien trop jeunes encore.

‘A 77 ans, Coco, comment allez-vous ?’… ‘Je vais du mieux que je peux, Amigo, ce n’est déjà pas si mal… je n’aurai finalement jamais eu la paix espérée mais j’aurai au moins gardé la vie, surtout les projets qui me tiennent encore tant à coeur… Au fond, je n’ai jamais autant travaillé… c’est un signe de bonne santé mentale, une agréable hygiène de cette vie magnifique qui file entre vos doigts sans en savourer assez les délicieux instants… ce ne sont plus des images successives, un simple un court-métrage qu’on ne verra peut-être qu’une seule fois.

‘Quelles sont les leçons de votre vie, Coco ?’… ‘Je vous ferais d’abord remarquer que ma vie n’est pas finie, Ducon, alors que les leçons sont déjà fort nombreuses… je ne suis pas sûr de vouloir vous en parler tant je les trouve choquantes pour le commun des mortels qui ne tolère plus la vérité…

A quoi me sert de répéter ‘ad nauseam’… que ce monde est immonde… que les hommes sont généralement infects quand ils ne sont pas cons comme des balais… que l’indifférence générale aux autres m’est insupportable… que les religions sont des insultes à l’intelligence… que la justice n’est qu’une mauvaise farce… que la démocratie n’a jamais existé nulle part… que l’argent ne fait certainement pas le bonheur mais qu’il dirige pourtant l’humanité.

Autant se retirer dans un désert, comme Jésus ou Mahomet, pour hurler ma rage vers Aton, seul vrai dieu trinitaire visible… un dieu qui n’en a exactement rien à foutre… A 20 ans, j’aimais les filles… A 40 ans, j’aimais l’argent… A 60 ans, j’aimais le pouvoir, même l’abus de pouvoir… A 77 ans, revenu de tout, je n’aime plus que la vie…

Aujourd’hui, je me contente de regarder le passé en constatant amèrement que toute cette agitation n’aura pas servi à grand-chose… juste une consternante banalité… le Tout ou le Rien avec la forte tentation du Rien pour ne retenir finalement que le Bien.

J’aurai toujours tenté le Bien… il m’a apporté un peu plus que le Rien… j’aurais peut-être du essayer le Mal tout en craignant qu’il ne m’apporte pire que le Rien… finalement le presque Rien est relativement reposant… le Rien n’a bien sûr aucun sens mais pourquoi toujours vouloir donner du sens à ce qui n’en a jamais eu… Je ne voudrais surtout plus sombrer dans ces quelques absurdités religieuses, ces fadaises qui ont hanté ma jeunesse sous le marteau des bons Pères Jésuites… AMDG… Ad Majorem Dei Gloriam… ‘A la plus grande gloire de Dieu’… pour les jeunes incultes.

Quel bonheur rare que de pouvoir fêter ce 77ème anniversaire dans ma Casamance adorée avec tous mes amis locaux dans cet hôtel paradisiaque de ‘La Paillote’… Je suis arrivé en fromage blanc, me voilà bientôt de retour en chocolat… presque ‘nègre’ pour faire plaisir aux imbéciles du Royal Léopold Club, ces trouducs de la bonne société uccloise, ces ratés qui pensent pouvoir me donner des leçons de leur brillante éducation bourgeoise.

Quel joie donc de me retrouver au Cap Skirring avec mes vrais amis ‘nègres’… Nous allons jeter ensemble les bases solides d’un cercle vertueux… des affaires qui gagnent de l’argent pour financer des activités philanthropiques qui en consomment… c’est un concept Coco que j’ai imaginé en évitant de trop le détailler aux médiocres calotins mondains qui ne conçoivent la vie qu’en Porsche Cayenne sur les routes de Lasne, du Zoute, de Courchevel ou Saint-Tropez.

Notez bien que j’adore également ces endroits mythiques mais ils disparaissent à l’horizon, tels des mirages de brumes dans les sables, quand je me baigne longuement dans l’océan à 32° sous le soleil brûlant de ma somptueuse Casamance adorée…

Jeudi dernier, nous étions au marché de Cap Skirring pour quelques achats utiles à des prix dérisoires… un nouveau jeans à 15 euros, un tee-shirt à 6 euros, deux pots de beurre de Karité à deux euros pièce… La sono fonctionnait à pleins tubes… Vilain Coco s’est alors lancé dans une danse endiablée à la plus grande joie des ‘nègres’ qui se marraient comme des patates… Qui est ce vieux Toubab complètement déjanté ?

Le vioque a une pêche d’enfer… A marée basse, tel Pégase, il court sur la grève pour plonger dans les vagues mousseuses qu’il tranche vigoureusement de son crawl puissant… Partout l’accueil est enthousiaste… ‘Coco nous revient, Coco est revenu’… il a promis de s’installer définitivement chez nous après la saison des pluies… Avec lui, nous pourrons progresser sous la protection d’Aton dont il est le Prophète désigné… ‘Inch Coco… Cocohou Akbar’… garez-vous, le Prophète est redescendu parmi nous.

Cachée dans son trou perdu, avec ses deux sinistres tarlouzes, Super-Pute ne peut plus que ruminer sa haine en massacrant ma fille adorée… Huguette avait annoncé partout la disparition de Coco qui ne reviendrait jamais au Cap Skirring sauf pour aller en prison ou à l’asile d’aliénés… Connasse criminelle, Coco est bien là, libre comme l’air, pour jeter les bases solides de ses projets ambitieux.

Nous verrons qui rira le dernier… Prépare tes valises, ma blonde chérie… destination la plus lointaine possible pour exercer tes talents… Oublie la Belgique, beauté fatale, à moins que ta chère famille de Liberchies-les-Bains ne t’offre le gîte et le couvert dont tu auras grand besoin quand tu seras retournée dans la soupente pouilleuse dont je t’avais sortie.

Ne crains rien, Alice adorée… Papa est bien là pour te sauver des griffes de cette bande de salopards qui tentent de te détruire… Papa cherche son futur palais sur l’océan… plus grand, plus beau, avec une énorme piscine comme tu les aimes… Toute ta famille biologique sera avec Papa… Ta vraie maman, Edith, qui t’avait confiée à moi, par amour pour toi… pour t’offrir le meilleur de la vie, ce meilleur qu’elle n’aura pas eu, cette misère qu’elle ne supportait pas de te voir subir… Tes trois oncles seront avec Papa qui les intégrera dans tous les grands projets qui ont toujours été les siens.

Nous serons heureux, Alice, tous ensemble… je te ferai oublier l’enfer dans lequel je t’ai plongée par aveuglement amoureux de cette infâme sorcière que tu imagines encore être ta maman chérie alors qu’elle n’est qu’un monstre de méchancetés diaboliques…

Pour Huguette Elsocht, tu n’as jamais été qu’un bouclier humain au service de son plan criminel… s’emparer de mon héritage après une mort programmée que cette mythomane avait trop impatiemment organisée en mai 2016 avec ses complices homosexuels… Patrick Lausberg, Yannick Reverdy, Bruno Diop… sans oublier le ‘très cher’ docteur, Léopold Gaston Boissy, le psychiatre de Dakar qui voulait me faire enfermer à l’asile de Kenya sans jamais m’avoir examiné…

Toute cette racaille finira en cabane, Alice… nous pourrons leur apporter des oranges ou des bananes ‘Chiquita’ quand ils seront enfin derrière les barreaux… Ce ne sont que de ridicules petits ‘losers’ qui se sont attaqués à un trop gros poisson pour eux… un grand requin blanc endormi par leurs soins… ils l’ont soudainement réveillé… Malchance, le vieux requin blanc est en pleine forme… c’est un dangereux carnivore qui a très faim… un bon steack de Pute ou de Lopettes lui viendrait bien à point… il s’en régale déjà, malgré ses 77 ans… Papa est là, mon bébé adoré… il veille sur toi.

Il n’y a pas d’âge pour éliminer les traîtres… ils doivent payer le prix fort. (VC 1.1)

Vilain Coco

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