Le canard est toujours vivant

Il faisait magnifique ce dimanche au Cap Skirring… nous entamons donc notre dernière semaine sur place… il faudra bien rentrer en Belgique dimanche prochain… la fameuse procédure de médiation avec Madame Haas-ex-Logé démarre la semaine suivante, une procédure qui devrait enfin liquider notre communauté de biens indivis, en blocage délibéré depuis juin 2011.

Pas de chance pour cette famille ingrate, le canard est toujours vivant comme le racontait Robert Lamoureux dans son sketch hilarant… le canard ne s’est même jamais aussi bien porté à la plus grande tristesse de mes héritiers comme de Huguette Elsocht-Logé, tout cet environnement aimant qui pariait sur ma disparition la plus rapide possible pour dépecer ma dépouille à peine refroidie.

Rassurez-vous, chers amis proches, ce jour viendra où vous pourrez enfin aller cracher sur ma tombe à moins que ce ne soit encore moi qui réussisse à aller cracher sur la vôtre… Ne souriez pas… j’ai l’intention de vivre vieux, très vieux même, aussi vieux que ces baobabs qui parsèment les savanes sèches de Casamance…

Mes amis locaux me surnomment déjà… ‘Le Baobab’… un pseudo affectueux que je préfère à ces sobriquets… ‘Papy’… ‘Papinou’… ‘Le Père’… ‘Le Vieux’… Pourtant, ce sont ici de réelles marques de respect… un respect que je ne rencontre plus en Belgique alors qu’il est normal, coutumier, dans ma deuxième patrie de Casamance… La Belgique n’a plus besoin de moi, elle me le dit, elle me le répète, depuis deux ans, ne m’épargnant aucune insulte, aucune injure, aucune humiliation.

Je me délecte de toute cette ingratitude éducative… Elle caractérise bien la médiocrité de cette infecte bourgeoisie belge que je connais parfaitement puisque j’ai baigné dans cette pollution durant toute ma vie laborieuse… j’ai tout donné à la Belgique qui ne m’a toujours pas rendu ce que j’y avais gagné, ce qui m’a été volé… dès que j’aurai enfin récupéré ce qui m’a été volé, avec la complicité objective d’une justice paralytique, je quitterai définitivement cet enfer d’interdits, ce Groland surréaliste, pour mon paradis sénégalais qui compte encore sur moi.

Je serai fort loin d’être seul avec la fort belle équipe locale qui est devenue la mienne… Réunir autant de compétences sur les projets dont je rêve n’est pas anodin… elles me permettront demain de passer à l’action avec une vitalité fantastique pour un entrepreneur chevronné dont les Belges estiment, bien à tort, qu’il est juste bon à dégager le plancher.

Rira bien qui rira le dernier… j’ai l’intention de démontrer une dernière fois encore la créativité qui a toujours été la mienne… le temps me presse évidemment… je le sais parfaitement mais je ne travaille jamais aussi bien que dans l’urgence, le pistolet sur la tempe… Souvenez-vous d’Al Capone qui affirmait en riant qu’on peut obtenir beaucoup avec un sourire mais tellement plus avec un sourire doublé d’un Smith and Wesson 9mm braqué sur la tempe… à méditer par mes héritiers.

Avant de quitter l’Afrique, j’aurai organisé les dernières réunions avec mes conseillers juridiques, mes responsables de terrain, mon entrepreneur bâtiments, mes chauffeurs, mes consultants, mes contrôleurs de gestion, mes gardes du corps, mes spécialistes tourisme, élevage, cultivateurs, finances, artisanats, soins de santé, services divers…

Chacun connaît aujourd’hui son futur rôle dans… HDC Group SA… la holding faîtière qui chapeautera les différentes activités rentables au service des actions de bienfaisance, de solidarité, dans… HDC Cap Skirring… mon ONG Belgo-Sénégalaise redynamisée… Le démarrage en fanfare aura bien lieu, sous ma surveillance, dès mon retour en Casamance le 15 octobre prochain avec toutes les structures rendues opérationnelles à partir du 1er Janvier 2019.

J’avais espéré gagner cette année 2018… j’étais de nouveau trop optimiste… c’est mon péché mignon… j’attendrai donc patiemment 2019 pour lever tous les obstacles imbéciles dressés sur ma route vers la victoire, concrétisation de tous mes rêves depuis tant de mois.

C’est dingue de voir à quel point les forces d’inertie peuvent s’opposer vigoureusement aux forces motrices… tout est mis en œuvre par les rentiers-comptables pour empêcher les entrepreneurs-investisseurs de réaliser ce qui apparaîtra demain comme une simple évidence… Ces oppositions ne sont pas lointaines, elle proviennent toujours de l’entourage le plus direct, ces aveugles qui ne tolèrent aucun changement tant ils craignent la disparition potentielle de leurs médiocres petites rentes de situation.

Les vrais entrepreneurs adorent le changement qui n’est pour eux qu’une nouvelle occasion, une nouvelle chance dont ils vont se saisir… une nouvelle donne de bonnes cartes tombées entre de mauvaises mains, celles de bourgeois paresseux, d’héritiers incompétents, de banquiers peureux, de comptables économes, d’avaricieux recomptant des liasses de biffetons entassées dans leurs placards.

Il faut pourtant que tout change pour que tout s’améliore même si la finalité ultime reste bien la disparition de nos œuvres humaines… malheureusement trop humaines.

Figurez-vous que ce matin, j’ai été assister à la grand-messe africaine dans la petite église de Saint-Maxent au Cap Skirring… Christine Japy est venue nous chercher vers 11h00 pour assister à cet excellent spectacle avant d’aller déjeuner à la Paillote… En décembre dernier, j’avais déjà eu l’occasion d’assister à une belle messe de Noël sur la plage de la Paillote…

Il fallait entendre ces chants rythmés par les tam-tams, ces canons superbes, dans la nuit noire sous les guirlandes lumineuses de Françoise Jacquot… un spectacle émouvant qui devrait faire honte à la médiocrité de notre triste rituel catholique européen… il est vrai que nos églises sont déjà vidées de leurs fidèles… on n’y entend plus que de mauvaises chansonnettes grommelées par des curés qui chantent comme des casseroles… plus de fidèles, plus de curés, plus de chorales, plus d’argent… la sinistrose pour notre bon abbé Eric de Beukelaer condamné à la solitude évangélique entre deux chroniques grotesques dans sa gazette préférée.

Ne craignez rien… je ne vais pas me convertir, encore moins céder aux chants mélodieux de jolies sirènes hallucinées… mais juste apprécier un bon spectacle… une messe africaine qui vaut largement une messe à Harlem, ce quartier mythique au nord de Manhattan, quand les negro-spirituals de Mahalia Jackson retentissent sous les voûtes des temples baptistes… les mêmes complaintes que celles qui montaient des cales des navires-négriers au large de la maison des esclaves sur l’île de Gorée.

Là encore, le changement s’est opéré… l’ancien esclave des champs de coton ou de la canne à sucre a disparu, remplacé par l’esclave moderne dans les usines sous-traitantes des multinationales du crime organisé… on y travaille à la chaîne pour un salaire de misère dans de véritables camps de concentration… les camps des survivants de cette immonde copie d’Auschwitz-Birkenau dans sa version village global de Davos, sous la surveillance des Kapos crapuleux du magnifique régime capitaliste… c’est le retour du même encore amélioré pour réaliser le pire des cauchemars.

Ce n’est pas facile de faire éclore une jolie fleur sur ces gros tas de fumiers. (VC 1.1)

Vilain Coco

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