La Loi du Léo

Plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui… Inutile de vous préciser que mes écrits sont loin de plaire à tout le monde… Voilà d’ailleurs qui me réjouit car je trouve dans ces critiques, parfois constructives, la force, le courage, l’inspiration, la respiration, la volonté de continuer à déplaire à divers ploucs prétentieux que je méprise profondément.

Au mois d’avril dernier, je subissais déjà à Ziguinchor, en Casamance, les délires de deux baveux, deux robins sénégalais, dont la seule argumentation pseudo-juridique reposait sur mes écrits Facebook, des copiés-collés automatiques de mon blog personnel sur Internet… Mon style fleuri, caricatural, souvent délibérément grossier, m’avait valu les remarques cinglantes d’un Président qui manquait singulièrement d’humour… Condamnation déshonorante donc, tout de même assortie du sursis probatoire, fut prononcée le 2 mai 2018 à mes dépens, complétée par une légère amende pénale pour faire bonne mesure.

Depuis début 2013, il se fait que j’écris quotidiennement sur Facebook, à raison de deux – trois pages par jour… je dispose donc d’une réserve de chroniques d’environ 5.000 pages de valeurs très inégales, j’en conviens… Par contre, me condamner en bloc sur quelques lignes soigneusement tirées du contexte, sélectionnées par des adversaires qui ne pensent qu’à me nuire, relève d’un exercice de mauvaise foi assez caractéristique des jeunes avocats modernes qui pulullent dorénavant dans les temples de Thémis.

Jeudi dernier, à 09h00 du matin, je remettais le couvert au Palais de Justice de Bruxelles pour me faire littéralement laminer par un robin égotique, conseiller prétentieux du Royal Léopold Club… Rien de commun avec les anciens seigneurs du Barreau de Bruxelles, aujourd’hui décédés… ils se nommaient Mussche, Libiez, Logé, Risopoulos, Demoulin, De Gavre, Magnée, Mundeleer, Lallemand, Fally, Humblet, François, Kaisin, quelques autres, qui avaient encore le goût de la justice, le profond respect de l’honneur de la robe… Durant ma jeunesse, je les ai tous connus au Léo, même souvent rencontrés dans les salons de mon père.

Ces ténors, tristement disparus, n’auraient pas plaidé n’importe quoi pour n’importe qui… ils respectaient encore leur serment de jeunes avocats… ‘ne défendre que de justes causes dont ils étaient convaincus en leurs âmes et consciences’… Tout cela prête à rire de nos jours depuis que le mercantilisme forcené à envahi les places vacantes de ces anciens princes des prétoires.

Oui, c’était mieux avant… ‘la bourse ou la vie’… les anciens avaient choisi la vie… les modernes ont généralement préféré la bourse… il y a heureusement des exceptions qui confirment la règle… je m’honore d’ailleurs de les connaître pour prendre leurs conseils… Il est un de leurs conseils que je ne partage pas, même si je dois m’obliger à le respecter… C’est la terrible loi du silence bourgeois… ce glissement inaudible des pantoufles du mensonge qui veut absolument étouffer le bruit de bottes de la vérité.

L’expérience de la justice moderne est une belle illustration de la règle d’or qui régit la vie en société moderne… ‘Baise mon cul, ferme ta gueule’… En justice, vous entrez dans un monde surréaliste d’initiés qui se battent avec des codes ésotériques… Code Civil, Code Pénal, Code de Procédures, Jurisprudence… Peu importe que vous n’y compreniez que dalle…. on ne vous demande pas de comprendre, juste de subir, de vous y conformer, de vous agenouiller, surtout de vous taire.

En bon anarchiste qui traverse dans les passages piétons, j’ai tout subi, je me suis conformé à tout, je ne me suis pourtant pas agenouillé devant une charmante Présidente de Chambre qui avait poussé la bonté jusqu’à me proposer une chaise vide, juste en face d’elle… je suis même arrivé à me taire, personne n’ayant d’ailleurs jugé utile de me demander mon avis… l’avis d’un plouc n’ajoute rien à la cause… Qu’étais-je donc allé faire dans cette galère ?

Cette attitude, silencieusement respectueuse, m’aura au moins valu les félicitations de mon ami, Yves Brose, dont la plaidoirie élogieuse me préparait probablement à la défenestration que me réservait sardoniquement la partie adverse, représentée par un Méphisto barbichu Maître Marc Dal, fils à papa bâtonnier, éminent membre-associé de l’importante association… ‘Daldewolf’… une quarantaine d’avocats spécialisés dans les matières les plus exotiques.

Maître Dal respire la certitude arrogante des gamins qui savent tout mieux que tout le monde… il sait parfaitement que vous êtes condamné à vous taire… il peut donc lâchement se permettre de vous couvrir de sarcasmes et quolibets diffamatoires qu’il n’oserait jamais vous proférer en tête à tête au risque évident de se faire rapidement défoncer sa tronche de cake garnie de bésicles rondes.

Ce rat de bibliothèque est allé jusqu’à soutenir que j’ignorais tout d’un quelconque comité sportif n’ayant jamais fréquenté que les bars des clubs que j’aurais visités… Parfaitement indifférent à mon glorieux passé sportif, cet éternel étudiant malingre me fait donc passer pour un vieil ivrogne imbibé, pilier de bar, dont les écrits lamentables ne vaudraient pas un pet de lapin comparés à ses propres publications prétentieuses dans des mensuels confidentiels… des feuilles de choux rigoureusement illisibles pour le commun des mortels désireux de conserver un embryon de bonne santé mentale…

La dernière communication planétaire de Marc Dal à l’Université de Lille concernait un sujet passionnant… ‘Le traitement non-juridictionnel des litiges transfrontaliers’… Vous pourriez encore préférer l’une de ses nombreuses publications absconses sur son dernier thème favori… l’arbitrage international… une trouvaille plus récente, infiniment plus rentable que les médiocres procédures judiciaires classiques, complètement démodées dans le beau monde feutré des grosses affaires.

Mes quelques milliers de pages incongrues se résument donc pour ce jeune-homme poupin à un ramassis de propos graveleux parsemés de grossièretés déplacées qu’il souligne… ‘Connard, con, gouape, salope, nénés, nègre, trouduc, bite’… Voilà bien le plus clair de mon maigre vocabulaire de corps de garde pour rédiger mes torchons malodorants… Curieusement, Sa Sérénissime Suffisance, héritée de son père, admet tout de même son absence de témoignages probants qu’il attribue au fait que personne n’oserait témoigner contre moi tant on craint mes réactions violentes publiées sur Facebook… Merci donc à la tribune libre que m’offre Marc Zuckerberg alors qu’elle ne mérite que le souverain mépris du jeune ténor.

Finalement, Marc Dal m’aura dit tout haut ce que la majorité très silencieuse du Royal Léopold Club pense tout bas sans oser en faire état puisqu’ils craignent les attaques virulentes de ma plume trempée dans du vitriol… j’en suis évidemment ravi tout en remerciant cette haute sommité des arbitrages internationaux pour cette gratuite leçon de vie qui m’avait complètement échappée.

Dire que j’avais la faiblesse de me croire innocent, détenteur d’une vérité indiscutable, victime de complots ignobles orchestrés par des Judas à la solde de mes proches… Il me fallait ce jeune quadra-catho, bouffi de suffisance, pour m’expliquer à quel point j’étais coupable, pisseur d’encre, adepte de théories du complot qui n’étaient que les fruits pourris de mon imagination délabrée.

Au fond, je n’avais en face de moi que des amis chaleureux, excédés par mes écarts de langage, gardiens du bel ordre bourgeois, consternés par mes habituels états d’ébriété… Parce qu’ils ne me voulaient que du bien, ces bons amis m’avaient une dernière fois tendu une main fraternelle pour m’aider à sortir du gouffre dans lequel ils me voyaient sombrer…

J’aurais du saisir cette occasion inespérée, généreuse même, que ces jeunes camarades de beuveries offraient, par pure gratitude juvénile, à un vieillard raciste, alcoolique, égrillard, grossier, inculte, pervers daddy, un vieux membre soudainement devenu incompatible avec l’esprit fair-play, le projet Léo21, qui doit réguler les rapports sociaux dans ce grand club mythique du sport en famille.

Heureusement pour moi, Madame la Présidente, fatiguée par les logorrhées du ténor calotin, décidait d’abréger mon calvaire en signifiant au gamin d’en finir avec son interminable bafouille à ma charge… Ouf de soulagement de ma part… Affaire prise en délibéré… jugement possible avant les vacances judiciaires de juillet, donc plus probablement rendu au mois de septembre, le Pouvoir Exécutif ayant décidé de mégoter les moyens de fonctionnement au Pouvoir Judiciaire…

Nous nous sommes rapidement quittés sans au-revoir superflu… Maître Dal, méprisant, n’ayant visiblement aucune envie de saluer son coupable désigné… Il ne m’aura privé que du plaisir de lui exprimer brièvement ce que je pense des sales gosses de son espèce… Qu’il se réfère aux passages les plus fleuris de ma prose, ceux qu’il cite d’abondance dans ses conclusions, pour s’en faire une opinion très précise… ce que je pense des dirigeants du RLC vaut très largement pour leur jeune conseiller… des connards prétentieux.

Libre, j’ai quitté le palais de justice déguisé en coupable, heureusement réconforté par mon ami, Yves Brose, qui connaît par coeur les refrains du rituel surréaliste de cette chanson de geste judiciaire… Dans notre petite Smart, nous sommes passés distraitement avenue Louise devant l’hôtel Wiltsher’s, la très classieuse modeste entrée des somptueux bureaux de la brillante association Daldewolf…

Je me demande bien pourquoi le Royal Léopold Club a jugé utile de s’offrir les services impayables de cet immense avocat d’arbitrage international alors que le Président du RLC, Philippe Verdussen, affirmait encore, le 14 mai dernier, à ses actionnaires inquiets qu’il n’y avait absolument rien à craindre de ce procès, donc strictement rien à provisionner dans son exécrable bilan 2017- 2018.

Il me manquait Dal pour n’entraver que dalle à la dictature du Léo. (VC 1.1)

Vilain Coco

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