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Un des plus beaux ‘boutons’ sur Facebook s’intitule ‘Partager’… j’y réfléchissais ce matin en partageant avec vous une chanson…’On est restés des amis’… des ‘Frères Nacash’ que m’envoyait une adorable amie… dix minutes plus tard, il me fallait volontiers de nouveau partager l’hymne des Diables Rouges que me communiquait un autre ami lointain.

Notez que mes chroniques sont lues en moyenne par 200 personnes/jour plus une trentaine de partages en moyenne, soit environ 300 lectures supplémentaires… le partage devient donc un atout essentiel pour que la bonne parole percole sur la toile grâce à notre ami Marc Zuckerberg dont on ne célébrera jamais assez les mérites de sa ‘friendschain’.

Ce dimanche à 08h00 du matin, j’avais au téléphone une amie parisienne, très fortunée, qui me donne régulièrement d’excellentes leçons de vie… ‘Tu sais Coco, je t’aime comme tu es mais tu devrais tout de même apprendre à la boucler sur des sujets trop sensibles.’… Elle a raison, ma belle Joséphine planquée dans sa demeure de la Malmaison… je devrais évidemment apprendre à la boucler… Ce que Joséphine ne sait pas c’est que je l’ai bouclée toute ma vie par opportunisme mercantile. 

Je voudrais juste profiter de ma retraite, ce tout dernier espace de liberté, pour rattraper le temps perdu… Comme Joséphine, je n’ai nullement peur de ma mort prochaine… je ne la considère que comme un grand repos, bien mérité, après tant de guerres victorieuses mais aussi quelques défaites cuisantes qui font partie de tous les scénarios plus compliqués… ce n’est que la vie avec ses hauts et ses bas qu’il faut apprendre à dépasser.

Je ne voudrais pas tirer ma révérence sans avoir dit ce que je devais absolument dire, surtout ce que je taisais soigneusement quand le système m’interdisait d’en parler… La retraite devrait être cette dernière thérapie individuelle pour ceux et celles qui peuvent en profiter pour dénoncer les agendas secrets des manipulateurs gestionnaires de l’économie mondiale… il n’y aurait rien de pire que d’emporter nos secrets dans la tombe… Pourquoi ajouter une nouvelle souffrance indicible à une souffrance déjà insupportable pour les innombrables victimes de ces criminels en cols blancs.

De nos jours, ‘parler’ c’est briser ‘l’omerta della maffia’, un sacrilège aux yeux de ceux qui ont le pouvoir de vous faire taire, un pouvoir qu’ils vont évidemment utiliser tant ils aiment en abuser… mais il se fait que l’impact du pouvoir sur un retraité est singulièrement moins efficace, amorti, alors que sa carrière pouvait être très facilement brisée durant sa vie active…

A la retraite, nous retrouvons donc bien un espace de liberté, une fenêtre de tir, un moment privilégié pour confesser nos fautes classiques, donc bien excusables, faire un bel acte de pieuse contrition, réciter les chapelets d’usage, espérer le pardon, s’en aller en sifflotant, joyeux, propre comme un bébé décrotté, l’âme en paix, au moins envers soi-même.

Il faut imaginer un monde dans lequel plus personne ne s’engagerait pour mesurer le courage de ces célébrités qui parlent pour soutenir de nobles causes, souvent celles qui n’intéressent pas grand monde… il faut en effet un certain courage aujourd’hui pour parler de l’humanitaire, des femmes, des animaux, de l’homosexualité, de la misère, de l’écologie, de la maladie, de religions, de corruption, de droits de l’homme… on se heurte immédiatement à des lobbies puissants qui ont les moyens de vous neutraliser, de vous décrédibiliser, parfois même de vous anéantir.

Il faut être riche, connu, audible, pour oser faire front car la perversité des attaques maffieuses ne connaît aucune borne, pouvant aller jusqu’à la tentative d’assassinat, à la mise à mort programmée, déguisée en arrêt cardiaque, maladie orpheline, décès accidentel, crime crapuleux, suicide opportun… le grand public indifférent, style bovin, est aisément manipulable tant il est vrai que le malheur des autres n’intéresse pratiquement personne.

Mon amie Joséphine fait partie de cette classe de privilégiés qui peut pratiquement tout se permettre… c’est pourtant bien elle qui me recommande d’apprendre à la boucler sur certains sujets brûlants pour me concentrer sur les objectifs louables qui me tiennent à cœur…

Je lui ai téléphoné ce matin à Paris pour lui dire que j’avais longuement réfléchi cette nuit, que j’en avais conclu qu’elle avait entièrement raison… je décide donc dorénavant de cesser de me répandre sur certains grands principes bafoués auxquels je ne peux rien changer… cette dispersion de mes derniers neurones nuit à ma concentration nécessaire sur des objectifs, plus modestes mais très concrets, qui me permettraient, eux, d’avoir un réel impact même s’il n’était que temporaire.

C’est ici que je retrouve le thème du ‘partage’… on ne peut partager que ce qu’on possède… on partage une valeur, un gâteau, on ne partage pas la misère… il faut donc d’abord créer de la valeur et, idéalement, créer cette valeur avec la participation active de ceux et celles qui en seraient ensuite les principaux bénéficiaires.

« Le miracle des sept pains et poissons » par Lambert Lombard, xvie siècle.

Voilà un bon objectif prioritaire avec obligation collatérale de la boucler sur certains sujets sensibles pour ne pas compromettre la matérialisation de cette aspiration principale… ‘Avoir mal aux autres’, comme disait notre grand Jacques, nécessite une simplicité, une humilité, une modestie, une économie de moyens devant l’ampleur de la mission… ce ne sont malheureusement pas mes qualités principales… il faudra donc bien m’adapter, changer… changer à mon âge n’est pas chose aisée mais il faudra s’y faire pour terminer en beauté.

J’en vois sourire dans leurs barbes, devenues très à la mode… ils avaient probablement raison hier, mais cela c’était avant… Ces zouaves barbus imaginent mal ce dont Coco est capable pour réaliser ses rêves mégalomaniaques… je vous raconterai un jour ce que j’ai souvent accepté de perdre pour préparer l’avenir, entamer une renaissance, rétablir ma fortune… ‘je me fous du passé, je repars à zéro’… avec la tragique môme Piaf qui chante en permanence l’amour et la mort dans mon cerveau en ébullition.

Se couper un bras pour survivre m’évoque un ancien ami, devenu ensuite un traître comme tant d’autres… Atteint d’un cancer des ganglions de l’aisselle droite, condamné à six mois, le type me téléphone sur mon bateau à la Côte d’Azur pour me demander mon avis… un chirurgien lui propose, comme dernière solution radicale, l’amputation du bras droit au ras du cou… Que faire alors que la famille n’y croit pas, lui recommande de n’en rien faire.

‘Amigo, tu n’écoutes surtout personne, tu ne fais que ce que te dicte ta propre réflexion.’… Il a opté pour l’amputation… il vit toujours depuis plus de dix ans même s’il n’en a pas fait le meilleur usage à mon égard… Peu importe d’ailleurs tant c’est insignifiant à part la déception courante de ces proches qui trahissent l’amitié alors que vous aviez tant partagé avec eux.

Partage intelligent de la richesse, partage de l’amitié, partage de l’information, sont de véritables valeurs célébrées, diffusées, percolées, encouragées sur les réseaux sociaux qui font bondir de rage ceux et celles qui adorent dissimuler leurs crasses sous les tapis.

Partager l’amitié ou l’information reste relativement facile… cela ne coûte pas cher… Partager la richesse est autrement plus douloureux… c’est bien regrettable pour les vrais riches qui se privent du réel bonheur d’aider très directement autour d’eux… Depuis des années, je prêche cette bonne parole dans un désert d’indifférence… c’est un échec personnel qui ne navre, une tristesse même quand je pense à tout ce que nous pourrions concrétiser ensemble.

J’en fais provisoirement mon deuil sans abandonner l’idée de repasser différemment à l’attaque le moment venu… Avec mes amis belgo-sénégalais, je sais comment reconstruire les moyens d’une belle stratégie de partage… inutile de se lamenter sur notre solitude, après tout…

On naît seul, on vit trop seul, on meurt tout seul. (VC 1.1)

Vilain Coco

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