Foutez le camp

Quel est le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune-homme aux études qui se poserait des questions existentielles sur sa future carrière ? Figurez-vous que la question m’a été posée mardi midi sur la terrasse du Rallye des Autos par un jeune ami oublié qui me manque autant que je lui ai manqué depuis huit ans… Vos réponses s’il vous plaît ?

Le droit ? La médecine ? Le commerce ? Je vous entends d’ici… je m’en amuse beaucoup… il vaudrait mieux donner votre langue au chat avant de raconter beaucoup de sottises à ces jeunes naïfs qui avalent tout tant ils sont manipulables, manipulés, par leur aînés.

La seule bonne réponse serait… ‘Surtout, foutez le camp’… il faut être complètement siphonné en juin 2018 pour encore imaginer une carrière épanouissante, enrichissante, au Royaume de Gotha… Cet ancien paradis terrestre n’est plus qu’une vulgaire sous-préfecture de la France, de l’Allemagne, de la Hollande, des USA… Nos usines ont été délocalisées chez les faces de citrons, nos centres de décisions ont déménagé leurs luxueux ‘Headquarters’ vers Paris, Berlin, Amsterdam, Londres ou New-York…

A moins d’être un adepte du masochisme ‘hard’ au pays des pygmées, il n’y a plus rien de sérieux à faire chez les lilliputiens belges sauf jouer au football à Chelsea-Manchester ou exploiter une chaîne de baraques à frites dans les quartiers chauds de notre immense capitale éventrée… Je peux, à la rigueur, accepter l’idée de souffrir pour assurer mon bien-être personnel mais souffrir chez des voyous pour un salaire de misère, pour engraisser des gredins, des escrocs, des traîtres, des salauds malveillants, c’est définitivement au-dessus de mes forces laborieuses.

Dire à un jeune talent qu’il devrait faire d’excellentes études, se spécialiser longuement en je ne sais trop quoi, parler couramment trois langues, décrocher un Master of Business à Harvard… tout ce cirque pour démarrer comme ‘Junior Assistant’ chez IBM, Baker & McKenzie ou Deloitte, voilà bien une escroquerie intellectuelle que je me suis bien gardé de commettre envers ce jeune ami qui buvait mes paroles.

Plus les études s’allongent, plus elles sont inutiles… les langues ne s’apprennent pas dans les livres mais sur le terrain, voire dans les bras d’une jolie femme en désirence… un Master de quoi que ce soit n’est qu’une fuite en avant pour éviter de goûter trop vite à la dure réalité de la vie… Vivre en manager, donc à plat ventre chez les autres, est une garantie de carrière médiocre… Vivre en entrepreneur, debout chez soi, est devenu une folie dans l’hostilité presque haineuse de l’environnement actuel.

Le système moderne est construit pour étouffer dans l’oeuf toutes tentatives de se distinguer… à l’intérieur des entreprises, on promotionne volontiers les imbéciles qui sont infiniment moins dangereux que les gens intelligents lesquels menacent les médiocres élites en place… A l’extérieur des entreprises, on surveille la concurrence pour anéantir toute compétition potentiellement dangereuse… Fusions, acquisitions, espions, procès, avocats, magistrats, banquiers, notaires, experts, sont d’excellents alliés pour casser les gêneurs éventuels.

Si ce n’était pas le cas, il y a belle lurette que les voitures rouleraient à l’eau du robinet, que les cancers se guériraient comme une vulgaire grippe, que le monde mangerait à sa faim, que les miséreux accéderaient enfin à un relatif bien-être… Mais ce serait une véritable catastrophe économique pour des dizaines de multinationales mafieuses du crime organisé…

Les multinationales ont généralement pour vocation de se construire des rentes de situations monopolistiques, de créer des produits strictement inutiles ou complètement pourris, ou pire encore des produits qui empoisonnent cyniquement leurs consommateurs… Elles peuvent ensuite soigner leurs victimes dans leurs hôpitaux sponsorisés avec les médicaments hors de prix d’une industrie pharmaceutique goinfrée par les offices de sécurité sociale… la boucle est bouclée.

Supprimer les guerres, les malades, les épidémies, les blessés, les mourants, les affamés, les miséreux, les immigrés, serait une attaque frontale au cœur de business de ces géantes sociétés tentaculaires qui exploitent leurs juteux fonds de commerce… un tel préjudice financier justifierait de nombreuses actions en justice auxquelles plus personne ne peut faire face tant le coût en est devenu exorbitant.

Il faut oublier l’ancienne notion de ‘Justice’, gardienne de l’équité, pilier de la démocratie… La justice n’est plus aujourd’hui qu’une grosse tirelire, un cochon rose dans lequel vous glissez généreusement vos gros billets pour alimenter une économie parallèle, étrangement décalée puisqu’elle ne produit strictement plus rien de sérieux… c’est le modèle économique le plus abouti d’une administration pantagruélique devenue complètement inopérante.

Il ne faudrait donc surtout plus orienter un jeune-homme talentueux vers ces métiers de robes dont l’avenir me semble compromis à bref délai… Des métiers de robins qui se féminisent d’ailleurs à vue d’oeil, signe classique du désintérêt des petits mâles dominants…

Vous ne voudriez pas non plus faire de votre fils un banquier ? Je ne peux pas imaginer que vous accepteriez une carrière de gangster pour le fruit chéri de vos amours légitimes ou même coupables… Il vaudrait encore mieux lui recommander un job de manager dans une entreprise dite performante… on s’y emmerde ferme mais on peut au moins en changer avec le risque de tomber sur pire encore… La grande majorité des ploucs tolère relativement bien la vie d’esclave chez leurs maîtres… Il leur suffit de s’en choisir un bon pour que cette médiocrité garantie demeure tolérable.

Mon jeune ami me dit que je suis exagérément pessimiste ou, pire encore, aigri avec l’âge… Le gamin se trompe complètement… je n’ai jamais été aussi optimiste, je n’ai jamais autant travaillé, je n’ai jamais connu une telle joie de vivre, je sifflote comme un joyeux pinson sur sa branche, sans la moindre acidité gastrique stomacale.

C’est donc en totale lucidité, en parfaite présence d’esprit, avec une vision lumineuse nourrie d’expériences de vie qui dépassent largement celles du commun que je dis aux jeunes talentueux, même aux moins doués… ‘Commencez déjà par déguerpir de ce foutu pays en voie de sous-développement… ce Royaume d’opérette n’a aucun besoin de vous sauf pour vous exploiter honteusement.’

Les efforts démesurés que vous allez vous imposer en Belgique, pour une maigre pitance insuffisante, seraient incomparablement mieux récompensés dans des pays en voie de développement… il se pourrait même que vous en récoltiez une certaine reconnaissance ce qui est totalement exclu dans un pays surréaliste qui déteste positivement tout ce qui fait mine de réussir quoi que ce soit.

L’Asie est évidemment un Eldorado pour les plus courageux mais il se fait que je lui préfère l’Afrique… un continent vierge qui nous tend les bras alors que nous le négligeons comme l’ont fait nos parents qui ont préféré le piller dans l’indifférence générale… l’Afrique est ce paradis de promesses que nous étions encore au début du 20ème siècle… Climats de rêves, langues civilisées, nourriture soignée, joie de vivre omniprésente, compétences remarquables, abondante main d’oeuvre qualifiée…

En Afrique, il suffit de semer la graine pour que la plante pousse… alors, pourquoi s’escrimer à gâcher des semences qui pourriront dans une Europe agonisante ? Plus rien n’est à faire en Belgique… tout a été fait pour être revendu aux étrangers… la minuscule Belgique n’a plus besoin de personne sauf pour les massacrer administrativement, fiscalement, judiciairement, pénalement, dans un état policier qui ose raconter qu’il défend nos libertés, nos droits, notre sécurité… La réalité est différente… En fait, nous n’avons plus aucune liberté, nos droits sont bafoués, notre sécurité est une plaisanterie du plus mauvais goût.

Ne gâchez pas votre seule vie, foutez le camp immédiatement.  (VC 1.1)

Vilain Coco

 

 

Laisser un commentaire