Bye bye Brazil

De tous les coins les plus reculés de Belgique montent vers les balcons, drapés de drapeaux Noir-Jaune -Rouge, des Brabançonnes enflammées par le courage des Diables Rouges exténués qui viennent de renvoyer à leurs chères études les Brésiliens Neymar, Thiago Silva, Willian, Marcelo, Paulinho, Miranda, Fernandinho.

Ridicule par la taille minuscule, désert économique, Royaume d’opérette, la Belgique sort du tombeau grâce à ses enfants héroïques, des géants aux souliers d’or, qui catapultent des cuirs dans les filets des ennemis de la Patrie en danger… les Italiens, les Hollandais ne sont pas venus… les Allemands, les Espagnols, les Portugais, les Russes, les Suédois, d’autres nations barbares, sont déjà rentrés chez eux.

Lukaku, Chadli, Meunier et Witsel © SERGEI KARPUKHIN

Il y avait encore ce monstre brésilien qui fait trembler la planète football, imaginant mal qu’un pays oublié comme le nôtre pouvait lui faire ombrage… il était temps de rappeler à ces métissés, recuits au soleil de Maracana, qui nous sommes… nous, les génies de la potion magique dans le village gaulois, cette cervoise blonde de Jupille, la Walkyrie des bords de Meuse, cette délicieuse Piedboeuf crémeuse, devenue Jupiler, aujourd’hui Belgium.

On n’est jamais aussi fort qu’on ne le croit… ni aussi faible d’ailleurs… preuve en a de nouveau été administrée vendredi soir par tout un peuple imbibé de sa ‘Belgium’… confirmation de notre puissance au monde entier qui se rappelle soudainement que nous existons autrement que comme capitale de l’Europe ou de l’OTAN, que dans notre union, très provisoirement retrouvée, nous puisons la prodigieuse force invincible de nos enfants multilingues

On l’a bien mesuré durant ce Mondial 2018, le football n’est plus un jeu, ni un sport… c’est une véritable religion qui compte plus de fidèles hystériques que les sectes connues, même celles qui auraient mieux réussi que d’autres… toute la différence réside dans la qualité exceptionnelle du spectacle proposé, la simplicité de la liturgie eucharistique, la beauté des chants nationalistes qui remuent les tripes des aficionados dans des stades combles, l’adrénaline incontrôlable de toutes ces émotions patriotiques, les sommes colossales investies dans la diffusion de la nouvelle Foi en ce dieu moderne du ballon rond.

La dimension politique du football est évidente… Redoutable joueur d’échecs, Vladimir Poutine l’avait immédiatement compris… il lui fallait le Mondial en Russie, il l’a donc eu avec l’efficace collaboration ‘désintéressée’ de Sepp Blatter, l’ancien stratège corrompu de la FIFA… Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse… que viennent d’ailleurs faire quelques dizaines de millions de dollars dans un projet d’une telle ambition politique ?

La naïveté n’est plus de mise dans le village global… il faut une solide dose de cynisme pour supporter l’insupportable, pour accepter l’inacceptable… les Russes seront-ils plus heureux, plus riches, plus libres, dimanche prochain ? Evidemment non, mais ils seront fiers d’avoir démontré au monde entier qu’ils étaient capables d’organiser brillamment un tel événement, même d’y figurer fort dignement jusqu’en quart de finale.

Tout ce Barnum cyclopéen s’est construit avec le sang des pauvres, la misère des babouchkas, l’élimination des opposants… Evidemment oui et alors ? Ainsi va le monde… que celui qui n’a jamais péché lui jette donc la première pierre… Toutes les critiques se sont d’ailleurs tues depuis que les politiciens tentent, par tous les moyens, de récupérer les potentiels électoraux de ce Mondial tellement décrié.

Pas une commune belge n’a hésité à investir des milliers d’euros dans des écrans géants sur les places de villages, les estaminets sont bondés, les compteurs tournent à pleines pompes chez Inbev qui brasse jour et nuit les cervoises du lendemain… la ‘Belgium’ en Belgique, la ‘Brahma’ au Brésil, la ‘Budweiser’ aux Etats-Unis et au Canada… pas très ‘Belgium’ tout cela.

Heureusement pour l’Europe, c’est la Croatie qui a pris le risque d’éliminer la Russie… Par mesure de riposte Poutinienne, ils seront donc privés de chauffage l’hiver prochain… on s’en fout cordialement de ces Oustachis croates comme on se fiche bien des mesures de rétorsions anti-Russe imaginées par Hollande – Merkel – Macron, pour soutenir l’Ukraine ou la Crimée dans un combat perdu d’avance.

Samedi après-midi, 1400 chevelus avaient préféré défiler gare du Nord pour manifester contre la prochaine venue de Donald Trump au sommet de l’OTAN, cette semaine à Bruxelles… il ne devait plus y avoir grand monde à l’arrivée car le match de 16h00 démarrait entre la Russie et la Croatie… les manifestants anti-Trump, assoiffés sous le cagnard, se seraient aloors rapidement éclipsés dans les bistrots qui longeaient le parcours d’une manifestation qui n’intéresse personne.

Donald Trump s’en fiche également… il ne manifeste que son plus profond mépris aux Européens qui rêvent de lui dicter la conduite qui les arrange… ‘America first’ ne nous convient clairement pas mais notre politique imbécile nous prend en tenaille entre l’Allié tutélaire et l’Ennemi de toujours… Après ce Mondial 2018, il serait grand temps d’aller faire nos courbettes au Kremlin, cirer les pompes du Tsar qui nous tient à la gorge, implorer son pardon de nos fautes, lui abandonner volontiers son Ukraine et sa Crimée qu’il ne nous rendra de toute façon jamais… la ‘real politique’ est à ce prix.

Avec la Russie, nous pourrions dire merde à Donald Trump… sans Poutine, nous sommes condamnés à la descente aux enfers du sous-développement… Cela s’appelle un renversement des alliances, une stratégie classique durant des siècles depuis l’Empire Romain, une évidence curieusement oubliée après la grande guerre de 40-45.

Mardi prochain, nous retrouverons l’Union Sacrée qui permet à un Flamand ou un Wallon d’offrir un caviar à un Congolais ou un Marocain… ‘Francia delenda est’… il faut vaincre cette arrogance hexagonale qui nous traite avec condescendance comme des ‘Petits Belges’… Nos Diables Rouges vont leur expliquer qu’on ne se moque pas de nous impunément.

La finale ne serait ensuite qu’une formalité contre la perfide Albion ou les nazis Croates… il ne sera pas dit que la Belgique aurait raté un tel rendez-vous avec la Grande Histoire… l’heure est solennelle pour nos enfants qui sortent la Patrie du tombeau, qui raniment une flamme vacillante aux pieds de la colonne du Congrès… Voilà qui ne fait certainement pas plaisir aux séparatistes de la NVA, du Vlaamse Blok, de Défi… on les entend grincer des dents dans leurs états-majors.

Par contre, ce n’est que du bonheur à Laeken pour une famille royale adulée par le bon peuple des prolétaires… les larmes de joie couleront à flots dimanche 15 juillet au stade Loujniki, comme dans toute la Belgique, lorsque retentiront de triomphantes Brabançonnes enflammées pour célébrer la victoire de l’unitarisme retrouvé sous les regards enthousiastes des héritiers Saxe-Cobourg-Gotha qui y voient une prolongation d’un bail à vie, au moins à durée plus qu’indéterminée…

il n’y avait que nos Diables Rouges pour réaliser un tel miracle belge, une renaissance que nos élites politiques sabotent joyeusement depuis presque un siècle pour d’obscures raisons linguistiques, une délicieuse glace Haagen-Daes, vanille francophone – chocolat néerlandophone, à la crème fraîche maghrébine islamique.

Même mes amis sénégalais, malheureusement éliminés en poule au nombre de cartes jaunes, soutiennent aujourd’hui nos Diables Rouges… ils ne nous pardonneraient pas de perdre contre la France pour qui ils nourrissent des sentiments mélangés de haine-amour, souvenir de la colonisation comme de son interventionnisme actuel dans le cadre de la domination Francafrique…

Ne craignez rien, amis de Casamance, nos Diables Rouges accompliront la revanche sacrée que vous nous avez confiée après votre départ du Mondial 2018.

Les Diables Rouges sont à la Belgique ce que le Christ fut au Vatican. (VC 1.1)

Vilain Coco

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