Statut de sous-merde

Par ce superbe dimanche de mi-juillet, je me sens d’humeur à vous expliquer votre statut peu enviable de manant déguisé en sous-merde… Qui oserait vous insulter de telle manière ? Non seulement je l’ose mais je vais même pousser la bienveillance jusqu’à vous l’expliquer plus clairement…

Finalement, vous en avez d’ailleurs parfaitement conscience mais vous vous refusez de l’admettre ou pire encore, comme Cyrano de Bergerac… ‘Vous vous le servez avec assez de verve mais vous ne permettez pas qu’un autre vous les serve.’

Allons-y donc point par point… depuis 1917, on nous explique que les régicides bolcheviques, assassins à Yekaterinburg de l’incapable Tsar Nicolas II , de la Tsarine Alexandra, folle des messes noires de Raspoutine, de toutes ses adorables petites têtes blondes… on vous a expliqué que ces moujiks abrutis, imbibés de vodka frelatée, étaient des monstres hérétiques, des sans-dieux qui ne rêvaient que d’envahir un espace de liberté démocratique, cette civilisation Judéo-Chrétienne à laquelle nous sommes tous profondément attachés.

Le symbole de cette dictature sanguinaire est cet infâme Tsar, Vladimir Poutine, ex-agent du KGB, assassin de ses opposants locaux quand il ne vient pas calmement les éliminer dans les plus beaux parcs de Londres… Hyde Park est devenu un véritable coupe-gorge dans lequel il vaut mieux ne plus s’aventurer durant les journées ensoleillées… Les plus courageux rosbifs s’aventurent encore à Wimbledon mais en tremblant lorsqu’ils croisent de bizarres individus à mine patibulaire.

Par mesure de représailles, nous nous étions tous bien jurés de boycotter toutes manifestations sur territoire russe pour manifester notre intime réprobation à l’égard de ce dictateur qui méprise les droits fondamentaux les plus élémentaires… Heureusement, Poutine n’en a cure, considérant ces réactions de prolos comme totalement insignifiantes au regard des enjeux géo-politiques majeurs qui restent bien les siens…

Le moins que l’on puisse dire est qu’il a parfaitement réussi son coup puisque le monde entier se pâme devant ses stades luxueux en applaudissant à tout rompre des équipes de sportifs enrichis qui s’affrontent dans des ambiances patriotiques survoltées… le bonheur des manants à qui il suffit de vendre un peu de rêve fait plaisir à voir… le Kremlin se frotte les mains, se pourlèche les babines.

Un autre événement rigolo la semaine dernière reste la visite du malade mental américain, Donald Trump, au sommet de l’OTAN à Bruxelles… L’Europe à la botte s’est fait botter le derrière comme rarement depuis sa création en 1950… Agenda modifié en dernière minute, réunions improvisées ‘On Demand’, giffles souriantes généreusement distribuées, exigences démesurées, Bruxelles asphyxiée, paralysée…

Les ploucs bloqués des heures dans les embouteillages ont pu réfléchir à loisirs sur leur distingué statut de sous-merde citoyenne, bénéficiant de toute l’attention de nos élites politiques en lourde charge de commenter des réunions inutiles, de donner des avis que personne n’avait jugé utile de leur demander… La fourmilière explosée, le malade mental s’est envolé dans son Boeing au milieu de quelques dizaines d’hélicoptères… il devait encore visiter la perfide Albion qui l’attendait, culotte aux genoux, pour recevoir sa ration de canne anglaise.

Du jamais vu dans les salons feutrés de l’OTAN obligée d’écouter sans broncher les délires d’un fou furieux… ce type en a marre de payer ce que nous refusons de débourser sauf pour le verser au grand comptant à Vladimir Poutine quand il nous menace de fermer le gazoduc de nos indispensables produits énergétiques…

Consterné par tant d’audace déplacée, le jardin d’enfants a observé un silence prudent pendant que Jean-Claude Juncker se consolait en éclusant quelques flacons de qualité… Comme Poutine, avec son souverain mépris en plus, Trump nous aura traités comme de véritables sous-merdes qui roulent les mécaniques sans jamais s’en donner les moyens sauf ceux nécessaires à financer leurs palabres interminables, répétitives, luxueuses, avec des résultats proches du néant abyssal…

A force de traiter nos interlocuteurs comme des loukoums obligés d’avaler nos mielleuses loukoumades, nous avons perdu toute crédibilité aux yeux de ceux qui décident d’agir vite en nous remettant alors sèchement à la place qu’ils considèrent comme la nôtre… la cave aux odeurs d’humidité moisies.

Bref, ces quinze derniers jours, les deux comparses les plus critiqués du monde ont monopolisé l’attention positive de la terre entière alors que nos médias nous avaient seriné qu’il fallait s’en tenir à l’écart, s’en méfier comme de la peste

Traiter les bourgeois, les prolétaires européens, comme des sous-merdes est clairement intolérable… Ce n’est pourtant jamais que le sort qui leur est réservé dans chacun des 28 états membres de cette brillante Union Européenne, gigantesque foutoir administratif qui prétend nous convertir au boucan, au fracas sériel en lieu et place d’une élégante esthétique classique.

Qui êtes-vous encore pour nos élus, nos banquiers, notre administration, notre justice, notre médecine, nos médias, nos forces de l’ordre, nos employeurs ? Ne faites pas semblant d’ignorer la réponse… vous n’êtes rien, moins que rien, juste une vulgaire sous-merde… A peine encore un numéro matricule, celui que les SS nazis tatouaient sur les poignets de leurs esclaves à exterminer.

En banque, votre propre argent vous est avaricieusement mesuré avec des limites par jour, par semaine, par mois, par compte, par carte… Prière de mentionner l’origine des fonds au dessus de 10.000 euros, d’expliquer en détails l’usage que vous envisageriez d’en faire… ‘C’est la loi, Coco’… osait soutenir récemment mon banquier hollandais… Quelle loi ? La loi que ces banksters prétendent effrontément respecter à la lettre dans mon cas alors qu’ils la transgressent allègrement dans leurs dizaines de montages douteux via leurs excellents amis de Mossack & Fonseca au Panama.

Pour la justice en déroute ? Nous ne sommes que des cochons payeurs à qui elle n’a aucun compte à rendre, aucune obligation dans le temps, ne nous faisant même pas la grâce de nous entendre puisqu’elle nous somme de nous taire… Pour les forces de l’ordre ? Nous ne sommes au mieux qu’une plaque à prunes, un alcoolique probable, un délinquant potentiel, un terroriste en puissance… Pour la médecine ? Juste un tas de bidoche avariée sur un brancard en attente dans un couloir des urgences, des heures d’attente, des rendez-vous presque impossibles à obtenir.

Les risettes de nos élus durant quelques semaines, tous les quatre ou cinq ans, cachent mal leur intentions malveillantes, méprisantes, arrogantes, dès qu’ils seront élus… leurs administrations endormies sont à peine plus agréables, protégées par une quasi-inamovibilité qui autorisent tous leurs dérapages réguliers les plus odieux.

Il faut prendre la distance de l’âge pour mesurer à quel point ces grosses merdes nous considèrent comme des sous-merdes… Que les jeunes gardent pourtant leurs illusions pour continuer le combat qu’ils perdront comme nous l’avons perdu… Ils ont intérêt à se convaincre du sophisme éculé de Pierre de Coubertin… ‘L’important, c’est de participer’… c’est vrai qu’il vaut mieux participer mais pourquoi ne pas avouer qu’on avait rêvé d’y participer autrement.

Merci aux Bleus et aux Diables Rouges pour ces fugaces instants de bonheur. (VC 1.1)

Vilain Coco

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