Catastrophes prévisibles

La torpeur de cette fin des grandes vacances a été troublée par deux catastrophes majeures… l’effondrement du viaduc Morandi à Gênes… le nouveau scandale pédophile de l’Église Catholique aux Etats-Unis avec la bagatelle de 300 ecclésiastiques qui auraient abusé d’un bon millier d’enfants… Décidément notre bon Pape François a fort à faire avec ses hordes de pédophiles qui opèrent dans toutes les parties du monde.

A la lumière de ces nouveaux événements, on comprend mieux la démission de Benoît XVI qui a préféré jeter l’éponge pour se retirer dans un couvent de bonnes sœurs attentives à son pieux bien-être rêveur… Comment lutter contre la pédophilie, le blanchiment d’argent, le luxueux train de vie des cardinaux, les obstructions de la Curie Romaine… Il ne leur reste que la prière, un exercice évidemment humainement salutaire, vivifiant, peu coûteux, mais avec des résultats pratiques fort peu convaincants

Le Triomphe de la Mort» (1562), Pieter Brueghel

Je note au passage la curieuse coïncidence de ce scandale pédophile avec la fête catholique de l’Assomption, l’ascension miraculeuse de notre bonne mère, la Très Sainte Vierge Marie, vers des cieux plus cléments… Cette sainte femme ne fait décidément rien comme tout le monde… A la stupéfaction de son mari charpentier, elle enfante, encore vierge, d’un fils de Dieu annoncé par l’archange Gabriel… elle ne meurt pas, comme nous tous, mais elle s’envole miraculeusement retrouver sa belle-famille divine, responsable de cette création diabolique qui ne fait que marcher sur la tête depuis 5000 ans comme nous le raconte la fable infantile de la Genèse.

Je peux comprendre que Marie en ait eu marre… Ecoeurée, elle se serait alors envolée pour demander des explications plausibles au Père de son Fils… si elle rencontrait jamais le Créateur, Woody Allen souhaiterait connaître les excuses plausibles que Dieu pourrait lui donner… Un petit Tweet de Marie au Paradis… #Lourdes… ne manquerait pas de faire un tabac sur la toile entre ceux de Donald Trump ou de Vladimir Poutine qui ne sont fort probablement pas innocents dans cette affaire planétaire.

Une fois encore, ces faits criminels étaient connus mais soigneusement occultés par les autorités tant religieuses que judiciaires… il aura donc fallu attendre la prescription pour que la vérité éclate enfin… entre-temps ce sont des centaines d’enfants innocents qui devront vivre avec ces souvenirs douloureux…

La Justice passera peut-être un jour avec ses lenteurs habituelles… le temps effacera le crime de la secte comme il a effacé tous les précédents… les fidèles aveugles n’y verront qu’une déviance de quelques personnes qui ne sont certainement pas une remise en question de l’Institution toute entière… Double et triple peines pour les victimes qui subiront ce calvaire aux conséquences dévastatrices dans l’indifférence générale.

Il est évident que ces pédophiles sont protégés d’une certaine manière tant par leurs propres autorités religieuses que par la lenteur des procédures classées sans suite, abandonnées, prescrites… Sans entrer dans de grandes théories du complot, il y a évidemment des protections occultes de ceux et celles qui ont des pratiques similaires alors qu’ils exercent des fonctions dirigeantes dans les administrations chargées des enquêtes.

Même si une loi existe, il faudrait encore vérifier comment elle s’applique voire même si elle est appliquée… je suis bien payé pour savoir qu’il n’est pas aisé d’obtenir l’application d’une loi avec le risque évident qu’elle soit d’ailleurs fort mal appliquée… le coupable s’en sort généralement mieux que l’innocent qui peut rapidement devenir coupable d’injure grave ou de diffamation.

Quand on expérimente la stupéfiante capacité mensongère d’un coupable qui cherche à s’en sortir par tous les moyens disponibles, on mesure mieux les difficultés de rendre la justice… Sans un examen approfondi du dossier, doublé de longues enquêtes, d’expertises contradictoires, de procédures interminables, il vaut encore mieux, lâchement certes, rapidement classer un dossier sans suite pour éviter une grave erreur judiciaire… c’est donc souvent le choix du Parquet qu’il faut pourtant préférer à la condamnation d’un innocent, toujours potentiellement possible.

Le viaduc Riccardo Morandi de Gênes s’est écroulé mardi dernier, faisant 42 morts, laissant une grande ville portuaire coupée en deux parties… les politiciens montent aux créneaux, considérant que l’attaque est la meilleure des défenses… il leur faut un coupable qui les blanchisse de cette catastrophe… la société exploitante, les sociétés de maintenance, l’organisme de contrôle, le bureau d’ingénierie, l’architecte, les fournisseurs de matériaux, vont passer un fort mauvais quart d’heure tout en fourbissant déjà leurs armes pour dégager leur responsabilité.

The Great Day of His Wrath (1853), de John Martin

Le coupable idéal serait évidemment la foudre qui a déchiré le ciel orageux de Gênes, ce mardi noir… la chasse aux sorcières risque bien d’être longue pour ne pas dire impossible… elle ne nourrira que les armées d’avocats qui vont se gaver sur ces dossiers dont les héritiers des victimes feraient mieux de faire leurs deuils à moins que l’état italien ne se décide soudainement à les indemniser directement… Affaire à suivre sans grandes illusions.

Personnellement j’ai horreur de devoir passer sur ces viaducs quand je ne choisis pas de les éviter comme celui de Millau que je ne prends jamais tellement il me fiche le vertige… Par contre, j’emprunte régulièrement le viaduc de Beez qui date tout de même de 1971… Figurez-vous que j’ai une sorte d’indulgence pour cet ouvrage d’art conçu par Arnold Bagon et son équipe du Bureau Bagon.

Au milieu des années 80, j’étais voisin et ami du fils d’Arnold Bagon qui venait de décéder… ses deux héritiers m’avaient consulté à l’époque ne sachant que faire de ce bureau d’ingénieurs qui comptait quand même une quarantaine d’employés, ce qu’il est convenu de considérer comme un passif social en cas de liquidation… j’avais réussi à convaincre le docteur Jacques Bagon qu’il s’agissait au contraire d’un actif social qu’il y avait moyen de céder à un autre bureau d’ingénieurs ravi de profiter de cette expérience accumulée au fil de la brillante carrière de son père.

Chargé de cette mission, j’ai rapidement convaincu le Bureau Gombert de reprendre son confrère Bagon en vantant les mérites des nombreuses réalisations Bagon, notamment celle du viaduc de Beez… Nous avions même fêté la signature de cette cession réussie en déjeunant, avec la compagne d’Arnold Bagon, sur la terrasse du Royal Léopold Club dont je suis scandaleusement exclu aujourd’hui… ce doit être la raison pour laquelle j’emprunte volontiers le viaduc de Beez ou le Charlemagne de Dinant alors que je me méfierais de celui de Riccardo Morandi comme du vertigineux ouvrage de Millau.

A noter que ma dernière visite dans cette région namuroise s’est soldée par une amende de 150 euros pour excès de vitesse… Quant à mon excellent ami, le docteur Jacques Bagon, comme sa charmante épouse Françoise, née Gauthier, ils ne m’adressent plus la parole depuis ma séparation de 2011, de mon divorce en 2012… ils ne sont pas les seuls que je dois chaleureusement remercier pour ces superbes leçons de vie… j’apprends vite et j’adore apprendre.

Bref, la rentrée ne manquera pas d’être chaude en attendant les prochaines catastrophes imprévisibles qui feront rapidement oublier celles qui étaient parfaitement prévisibles mais contre lesquelles on a préféré ne rien faire pour des raisons qui resteront occultées car elles dérangent le ronronnement de notre système vérolé.

Les criminels se taisent ou mentent tant silence et mensonge leur profitent. (VC 1.1)

Vilain Coco

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