Héritiers rapaces

Vendredi dernier, 24 août 2018, à 17h00, j’ai mis un point final à mon premier mariage de 1963 que j’avais décidé de rompre en juin 2011, juste après un abominable départ à la retraite qui ne fut jamais que le catalyseur des catastrophes successives qui s’ensuivirent.

Divorcer n’est aujourd’hui qu’une banale procédure administrative du moins pour la grande majorité des couples qui ne possèdent rien, voire pas grand chose… l’affaire se corse bizarrement lorsqu’il faut… ‘liquider – partager’… une importante communauté de biens dont chaque partie divorcée revendique la propriété légitime ou abusive.

Illustration parodying the divorce proceedings of Anna Gould (an American heiress and socialite) and Boni de Castellane (a French nobleman) in 1906 in Paris, France.

J’avais la faiblesse de penser que ma vie professionnelle, considérée comme réussie, me garantissait la propriété de ce que j’avais gagné sans jamais négliger de la partager, bien trop généreusement d’ailleurs, avec mon épouse aimante d’abord, avec les trois enfants issus de ce mariage qui avait toutes les apparences d’une réussite bourgeoise…

Après huit ans de procédures dilatoires, je sais aujourd’hui que rien n’est plus incertain qu’un droit de propriété contesté, constamment remis en question, par des héritiers légaux qui craignent la dilapidation d’un patrimoine qu’ils considèrent déjà comme leur alors que, toujours en vie, vous auriez l’idée saugrenue d’en profiter sans leur en demander l’autorisation.

A leur décharge, il faut admettre que je m’étais entiché d’une appétissante quadragénaire que je décidai d’épouser en août 2013, pensant naïvement protéger la belle des attaques haineuses de mes héritiers qui la traitaient comme une pute, juste intéressée… je dois reconnaître aujourd’hui qu’ils n’avaient pas tort sur ce seul point précis alors que j’étais à cette époque complètement aveuglé par la passion amoureuse… Après tout, c’était encore mon droit sans nul besoin d’être jugé par des héritiers tout aussi intéressés.

A noter que cette aventure amoureuse s’est achevée le 21 mai 2016 lorsque la jeune pute a tenté, avec deux complices, de me faire assassiner pour se débarrasser plus rapidement d’un vieux mari encombrant… Cette romance imaginaire fut effectivement coûteuse mais infiniment moins coûteuse que les donations globales consenties aux membres de ma première famille qui, par leurs haines venimeuses, portent une lourde responsabilité dans mes choix imbéciles de l’époque.

Comme il n’y avait plus aucun moyen juridique d’obtenir légitime satisfaction en Belgique, du moins dans des délais compatibles avec mon vieillissement inexorable, j’ai finalement préféré me couper un bras pour espérer une fin de vie plus agréable… inutile de confier mon sort à Thémis qui préfère ne jamais rien juger tout en observant distraitement les plateaux de sa balance inutile…

La Justice – Bernard d’Agesci – 1829

Les silences de Thémis relèvent de ce grand art qui permet aux imbéciles de passer pour des gens sérieux, voire intelligents… on vous reprochera vos écrits, vos discours, jamais vos silences avec la mimique pensive du type qui vous aurait pris pour un oiseau… Bref, il était temps d’en finir sans espérer la moindre aide extérieure, sauf un déluge d’emmerdements supplémentaires.

L’expérience des affaires m’a au moins appris à gérer ce genre de casseroles qu’il faut se résoudre à balancer par la fenêtre quand elles se mettent à brûler sur le feu… oublier le passé pour mieux se concentrer sur l’avenir est un credo que les vrais entrepreneurs connaissent bien à force de devoir souvent le pratiquer.

Ce que j’ai perdu ne sera jamais plus qu’une voiture d’occasion dont le moteur avarié rendra bientôt l’âme… cette vieille bagnole ne roulait que grâce à ma connaissance de ses rouages aussi délicats que complexes… mes héritiers se contentent de la regarder en craignant l’explosion finale du moteur avant de vendre la carcasse inutilisable à un démolisseur patenté.

J’adore observer ces rapaces compter et recompter leurs petites économies qu’ils ne font que dépenser avec la parcimonie de vulgaires comptables sans aucune envergure… Surréalistes également les certitudes de ces imbéciles qui ne se demandent jamais pourquoi ils ont bénéficié d’une vie de privilégiés… Ils ont perdu le moteur de la voiture… ils l’ont même massacré tant ils la conduisaient mal mais jamais… au grand jamais… ne les effleure l’idée, pourtant lumineuse, qu’ils seraient juste de parfaits incapables.

Vous auriez du voir les tronches sinistres de mes héritiers chez le notaire vendredi dernier… le spectacle valait le détour recommandé par le Guide Michelin… mon fils puîné, Nicolas Braillard, avait exigé de venir signer l’acte de donation avant que je n’arrive pour être sûr de ne surtout pas devoir me rencontrer… il est vrai que cette petite gouape insignifiante ose traiter son père-bienfaiteur de raté à qui il donne rendez-vous en enfer… Heureusement pour moi, c’est peu probable… cela n’empêche pas ce petit coq prétentieux, freluquet arrogant, de passer une fois encore à la caisse paternelle pour arrondir ses revenus plantureux de médiocre aide-comptable insuffisant.

Malgré mes regards fixés sur mon ex-épouse aimante, je n’ai rien vu d’autre qu’une femme haineuse concentrée sur ses souliers… Marie-Claire Haas me manifeste ainsi son total manque de respect malgré ma générosité, son profond mépris de vieille fille hébraïque après 48 ans de vie commune qui ne s’expliquent que par le peu de temps que nous nous sommes mutuellement consacrés… pour se raconter quoi d’ailleurs.

La vie professionnelle était infiniment plus passionnante à mes yeux que la banalité de cette vie conjugale qui n’a jamais été ma tasse de thé préférée… Mais l’obligation bourgeoise de la reproduction animale précoce m’y a finalement contraint… Impossible de s’y soustraire malgré mes réticences compréhensibles alors que j’avais à peine 23 ans quand il m’a été pratiquement imposé de fonder famille… une erreur certes mais une erreur explicable dans le contexte social des années 1960.

La naissance de ma fille Isabelle fut une des grandes joies de mon existence en juin 1968… première fille Logé depuis trois générations dans ma lignée directe… j’ai fantasmé avec elle une complicité que je trouvais merveilleuse jusqu’à ce qu’elle me réserve toute la méchanceté dont je ne l’aurais jamais crue capable quand il s’est agit de m’accabler… le lien affectif fut alors douloureusement rompu… son visage fermé de vendredi dernier démontrait toute la froide indifférence de cette femme insensible que je considérais comme ma fille chérie… cela m’apprendra à modérer mes enthousiasmes qui se révèlent parfois affreusement funestes.

Finalement, c’est encore mon fils aîné… celui qui ne doit la vie qu’à sa jeune mère enceinte… qui aura été l’artisan de cette ‘paix’, exclusivement financière, à des conditions léonines comme de coutume mais suffisantes pour repartir courageusement dans ce qui me reste de vie… Ces fauves affamés d’argent facile… ce sale fric qu’ils n’ont jamais su gagner… m’auront enfin rendu une maigre partie de ce qu’ils ont dérobé, de cette boîte à outils dont ils sont incapables de se servir… Détenteur de la clef de contact, propriétaire des ficelles du métier, l’aigle impérial peut maintenant redéployer ses ailes pour voler de clocher en clocher vers son proche destin.

La morale de cette histoire ne démontre que la fragilité des structures familiales qui fondent la vie sociale dans les sociétés développées… les familles sont utiles comme ultime refuge solidaire dans les pays de misère… elles deviennent absurdes, affreusement décevantes, dans l’opulence, même dans une relative aisance, qui ne fait qu’aiguiser les méprisables appétits dissimulés de cette progéniture d’impuissants, affamés chroniques.

Avoir l’occasion d’observer, de son vivant, ce nœud de vipères venimeuses, prêtes à s’entre-tuer pour se partager les derniers reliefs d’un festin, restera bien la dernière image jubilatoire que j’emporterai prochainement avec moi dans la terre…

Je n’ai maintenant plus rien à craindre puisque le combat a changé de camp… il n’est plus le mien alors qu’il est certainement devenu le leur… une boucherie qui promet d’être sanglante avec cette bombe à retardement qui trône au milieu de la table du prochain banquet familial.

L’oeil sarcastique du patriarche sera dans la tombe pour les observer goguenard. (VC 1.1)

Vilain Coco

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