Nicolas Hulot

J’ai toujours adoré cet homme aventureux qui symbolisait à mes yeux la véritable écologie pragmatique… Comme de coutume, les écolos l’ont donc massacré en lui préférant Eva Joly comme candidate du parti à l’élection présidentielle…

La petite juge qui baragouinait un français rocailleux derrière ses grotesques lunettes vertes s’était ridiculisée durant cette présidentielle de 2012, cédant immédiatement son maigre électorat à François Hollande, le piteux Président normal qui renvoyait l’agité du bocage, Nicolas Sarkozy, à ses chères études… Grande victoire de l’écologie triomphante qui ne profitera pas longtemps de ce ministère exercé finalement par Ségolène Royale à la grande satisfaction de Valérie Trierweiler qui remerciait son beau François pour… ‘Ce moment de bonheur’.

Une nouvelle claque magistrale donc aux écolos français qui dévorent toujours leurs enfants peu après leurs naissances tant ils craignent leurs prises de pouvoirs sur leurs utopies… Après Daniel Cohn Bendit, dit Dany le Rouge, Nicolas Hulot devient donc le second martyr significatif de la cause écologiste, rassemblement de doux rêveurs incapables de devenir des Ayatollahs.

Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir ? Je n’ai pas la réponse… Depuis la nuit des temps, dans l’Egypte ancienne, à Rome, au Moyen-Orient, en Russie, partout dans le monde, les Souverains font exécuter leurs enfants, leurs épouses, leurs opposants, pour éviter tous complots ourdis dans l’ombre des coulisses du pouvoir…

Qu’il suffise de rappeler dans la mythologie grecque le dieu Cronos, fils de Gaïa et d’Ouranos, qui dévorait ses enfants à la naissance après avoir coupé les lourdes testicules de son papa Ouranos durant son paisible sommeil réparateur contre le sein opulent de maman Gaïa.

Chez les Romains, c’est Saturne qui reprend le même rôle mythologique avant que la réalité ne dépasse la fiction… le fameux Comte Ugolin della Gherardesca, tyran de Pise, damné par Dante dans la ‘Divine Comédie’ parce qu’il aurait dévoré ses quatre fils, tous condamnés à mourir de faim en 1289 par le cruel évêque Ruggeri… Un anthropophage qui préférait donc la chair humaine aux délicieuses lasagnes du Baron Bernardino Della Fosse Farniente alla Porscha di Pisa

Brutus assassinait Jules César… Auguste, Tibère, Caligula, Néron, assassinaient quiconque les dérangeait… meurtres, emprisonnements, exils, déportations, condamnations à mort, sont de pratique courante dans toute l’Europe jusqu’à la Terreur de la Révolution Française qui n’annonce que des cataclysmes pires encore, avant des génocides pour souvent consolider le pouvoir d’un seul homme dictatorial non-éclairé.

Les Ecolos ne font rien d’autre depuis les origines du mouvement… ils se massacrent entre eux avec un acharnement, présenté comme démocratique, qui fait sourire ceux qui savent se servir de cette démocratie imaginaire pour bâtir leur pouvoir personnel.

Emmanuel Macron est un grand artiste de la démocratie confisquée à son seul profit… malin comme un singe, il sait comment séduire, instrumenter, récupérer, manipuler, ces personnalités qui bénéficient d’une forte popularité avec des potentielles retombées électorales… les victimes pensent être plus utiles à l’intérieur du pouvoir que dans une opposition stérile jusqu’à ce qu’elles comprennent que le petit marquis poudré, renard de la fable, les a transformés en courtisans obligés d’avaler ses couleuvres.

Nicolas Hulot aura mis dix-huit mois à comprendre qu’il était infiniment plus utile avec quelques émissions d’Ushuaïa qu’avec son poste de Ministre émasculé au sein d’un gouvernement en marche à la botte… Conscient de son impuissance, de ses échecs à répétition, de son manque de relais comme de soutiens, Hulot démissionne avec toute la classe d’un De Gaulle, dans un fracas bien calculé qui offre à l’écologie une ultime caisse de résonance… Bravo à Nicolas Hulot qui ne sera que la énième victime de ce Ministère aussi pourri que celui de l’éducation Nationale.

Emmanuel Macron est capable de séduire, pas de produire… il perd avec Nicolas Hulot un homme irremplaçable sauf par une potiche qui se contentera de ne rien faire tout en revenant dans la lumière médiatique des salons de l’Elysée… Ségolène Royal ou Alain Juppé seraient des candidats idéaux pour ce rôle de lèche-bottes utile… ils connaissent bien toutes les ficelles du métier, les codes de bonne conduite qui permettent de durer au Palais.

Nicolas Hulot n’est qu’un amateur, une brebis égarée au milieu de ces loups professionnels qui ont juré sa perte… un seigneur d’une telle envergure ne se mélange pas avec des médiocres qui se réfugient dans l’art de ne rien faire, lequel art nécessite de très bien le faire.

Tout bon militaire sait qu’il ne faut jamais avoir l’air d’être disponible… c’est la certitude de se ramasser une corvée désagréable qui pourrait aller jusqu’au nettoyage des chiottes… se déplacer rapidement dans un camp avec une pelle américaine en bandoulière est une assurance survie qu’il ne faut jamais négliger quand on préfère le paraître à l’être… mission impossible pour Nicolas Hulot qui dépose sa pelle crottée sur le bureau d’un Président Macron bien emmerdé… Bon amusement mon cher Manu… Affaire à suivre puisque nul n’est irremplaçable dans le grand cimetière de la République.

Nicolas Hulot devrait être un exemple pour tous ceux et celles, issus de la société civile, qui s’imaginent un devoir de se mettre au service de leurs concitoyens… qu’ils sachent que les amateurs ne sont pas les bienvenus dans cette jungle, que la médiocrité ambiante s’accommode mal de leur compétence, que l’art des compromis anéantira leurs idées fortes pour favoriser des mesurettes qui ne serviront à rien, qu’aucun bel idéal amateur ne résistera longtemps aux pressions machiavéliques des véritables professionnels du bidule.

Pour y avoir cédé comme tant d’autres, je sais que la tentation politique est forte mais elle ne peut apporter de satisfactions qu’en se soumettant à des règles précises qui ne sont définitivement pas les miennes… Si vous aimez le pouvoir, construisez-le chez vous, ne le partagez pas avec les autres, surtout pas en politique… Bernard Tapie avait le pouvoir avant de devenir Ministre de la Ville sous la tutelle de François Mitterrand, manipulateur florentin-byzantin de haut vol… Tapie y aura tout perdu… son empire, son argent, ses procès, son image, finalement même sa santé.

Toutes ces stars du cinéma, ces vedettes de la chanson, ces présentateurs de la télévision, ces acteurs du sport, du monde des affaires, qui se sont imprudemment risqués dans ce nœud de vipères ont rapidement compris qu’ils étaient utilisés comme de vulgaires paillassons, juste pour attirer les votes attachés à leurs fragiles images provisoires qu’ils vont souiller dans cet exercice périlleux…

Quand le soufflé retombe, que vient l’heure des comptes, le bilan ne peut généralement être qu’affreusement décevant… il vaut alors mieux s’en aller, discrètement voire bruyamment, pour conserver son intégrité morale… Il n’y a pas de carrières exaltantes dans cet univers impitoyable de compromissions qui finissent par anéantir toutes les meilleures bonnes volontés… le sort funeste réservé à Nicolas Hulot en est une nouvelle preuve éclatante.

Il serait temps que l’expérience des autres commencent à servir quelques-uns… Je crains que ce ne soit pourtant jamais le cas en regardant distraitement les panneaux électoraux qui fleurissent dans notre immense capitale… quelle joie d’observer les visages aux sourires carnassiers des nouveaux jeunes candidats qui ont la juvénile prétention imbécile de croire qu’ils pourraient nous rendre plus heureux.

Le bonheur est chez nous, entre nos seules mains, jamais ailleurs. (VC 1.1)

Vilain Coco

 

Laisser un commentaire