Sécurité et rage taxatoire

Fin des années quarante, j’allais à l’école primaire chez les Petits Frères des Ecoles Chrétiennes, rue Morris à Saint-Gilles… Vers 10h00 du matin chaque élève recevait sa bouteille de lait qu’il fallait boire entièrement pour consolider au calcium notre fragile squelette… j’ai gardé cette vieille habitude de boire régulièrement du lait demi-écrémé mais voilà qu’on me dit aujourd’hui que c’est très mauvais pour la santé… Que faire ?

On nous explique régulièrement qu’il faudrait s’alimenter équilibré, boire deux litres d’eau par jour, manger six fruits et six légumes, pas de graisse, pas de frites, pas de pain, pas de sucre… il y a du boulot… sans oublier que la plupart des fruits et légumes sont traités chimiquement aux pesticides cancérigènes… que l’eau du robinet, supposée potable, est traitée de manière approximative contre les bactéries avant de se distribuer dans des canalisations dont la vétusté ne garantit plus rien.

Les viandes d’élevages en batteries sont suspectes d’être engraissées aux farines contaminées par Bayer-Monsanto… les animaux sont bourrés de doses massives d’antibiotiques contre les maladies contagieuses causées par la promiscuité… les élevages de poissons sont nourris aux farines animales dans des fermes aquatiques dont les eaux sont polluées par leurs déjections… on mange finalement de la merde piscicole… les poissons sauvages, imbibés de mercure, se raréfient vu les excès de la pêche industrielle.

Je viens d’apprendre que le marché des médicaments contre le cholestérol représentait un pactole de 300.000.000.000 de dollars… on mesure alors son importance pour l’industrie pharmaceutique qui n’en dit donc que du bien… de nombreux médecins soutiennent pourtant que tous ces médicaments sont gravement nocifs, voire inefficaces, qu’ils fragiliseraient nos défenses immunitaires, qu’ils sont causes de nombreuses maladies cardio-vasculaires, de plusieurs types de cancers courants…

Cette industrie du cholestérol ne serait en fait qu’un autre scandale sanitaire pire que le Mediator, l’amiante, le sang contaminé, les prothèses mammaires PIP, la Dépakine, les hormones de croissance, la vache folle, les œufs au Fipronil… Bref le combat contre le cholestérol ne serait finalement qu’une vaste foutaise mercantile… il vaudrait bien mieux s’habituer à vivre avec son cholestérol que de vouloir le combattre chimiquement, donc dangereusement… grâce à une alimentation équilibrée… mais laquelle ? On n’est pas sortis de l’auberge

Ce qu’il y a de merveilleux aujourd’hui dans nos systèmes capitalistes reste bien le fait qu’une industrie crée le problème dont une autre industrie se charge de soigner les conséquences dévastatrices… elles se nourrissent l’une l’autre, les dégâts de l’une deviennent le fonds de commerce de l’autre.

Dans un tel contexte, les plus belles avancées scientifiques risquent d’être rapidement occultées par ceux qui profitent de l’ancienne technologie… une automobile roulant à l’eau du robinet tuerait l’industrie du pétrole comme les recettes en taxes indirectes des différents états… un médicament contre le cancer du poumon tuerait l’industrie du tabac et les recettes colossales qui y sont associées… prolonger exagérément la vie des seniors ruinerait la sécurité sociale, nuirait aux recettes sur les droits de successions, plongerait les jeunes héritiers dans l’embarras financier.

Le discours hypocrite des états qui feignent de lutter contre l’addiction au tabac est une escroquerie intellectuelle… les paquets de cigarettes sont couverts de textes alarmants, de photos suggestives… En France, les emballages sont même devenus neutres… Dernière solution radicale imaginée par un génie… on nous annonce le paquet de clopes à 25 euros… voilà enfin une idée qu’elle est grandiose… plus personne ne fume à ce prix là, l’industrie du tabac disparaît comme les officines de distribution… les recettes colossales de l’état disparaissent évidemment avec elle.

La nature ayant horreur du vide, se développe alors un circuit maffieux qui vous procure sous le manteau des cigarettes à 10 euros le paquet de vingt-cinq… une simple répétition des imbécilités de la prohibition dans les années 1930 aux Etats-Unis avec les ‘Incorruptibles d’Eliott Ness’… les bénéfices légaux sont transférés aux syndicats du crime, aux terroristes qui n’attendent que ce nouveau créneau pour s’y engouffrer, l’ajouter rapidement à ceux de la drogue, de la prostitution, de la corruption endémique que ces maffias pratiquent avec un art consommé.

Même remarque pour l’argent liquide que des politiciens utopistes rêvent de supprimer pour mieux contrôler les opérations financières dites douteuses, voire criminelles, alors qu’il ne s’agit finalement que de mieux contrôler le citoyen lambda qui adore frauder une fiscalité devenue confiscatoire… les vilains voyous s’en foutent royalement, ce sont les bons citoyens, toujours respectueux de la loi, qui payeront l’ardoise d’une manière ou d’une autre.

Nous roulions en voitures à essence avant qu’on ne nous explique les avantages du diesel qui est soudainement devenu hautement nocif en particules fines… Nous allons progressivement acheter des voitures électriques ou hybrides qui nécessiteront de nouvelles centrales nucléaires polluantes, avec risques de cataclysmes atomiques, pour une électricité dont on augmentera le prix quand tous les petits poissons seront dans la nasse.

On constate de plus en plus clairement l’essoufflement d’un système agonisant qui finira par mourir de sa propre rage taxatoire… Il tue lentement l’assiette de l’impôt qui le nourrit tout en favorisant la naissance d’une économie parallèle, souterraine, souvent criminelle, qu’il doit ensuite combattre par de nouvelles taxes, par des contrôles administratifs ou policiers qui n’en finissent plus, un véritable mille-feuilles créant la désagréable sensation de vivre dans une prison où tout serait interdit sauf ce qui serait expressément autorisé… Big Brother is watching you.

Avant d’applaudir toutes ces décisions idiotes, le brave citoyen ferait mieux de réfléchir aux conséquences de toutes ces interdictions dont il sera avec certitude le dernier dindon payant… plus d’accises sur le tabac, l’alcool, l’essence, la voiture, les drogues douces… remplacées par quoi ?

C’est le principe de la pyramide dont on commence par taxer la base… elle s’inverse lentement jusqu’à se retrouver en équilibre instable sur sa pointe… il n’y a plus qu’à la renverser d’un coup de pouce légal pour pouvoir taxer le sommet, redevenu la base… inverser le sablier en retrouvant les recettes qui avaient été antérieurement abandonnées.

Une escroquerie classique qui ressemble à celle du jeu de l’avion dans lequel le pilote part avec la recette des passagers… Une sorte de chaîne de Ponzi dans laquelle Bernard Madoff avait escroqué tous ses amis hébraïques pour la bagatelle de 50 milliards de dollars… ce sont toujours les derniers passagers naïfs qui payent pendant que le pilote quitte l’avion avec toute la recette.

Un Ministère des Finances ne fait d’ailleurs rien d’autre en taxant tout ce qui peut rapporter gros… sa chaîne de Ponzi n’est autre que sa dette souveraine grâce à laquelle il emprunte des sommes colossales qu’il ne remboursera jamais que par de nouveaux emprunts au taux du marché s’il augmente, par une clause de rachat anticipé si les taux venaient à diminuer…

seigneur percevant l’impôt, extrait des Traités théologiques – 1490 – Maître Anne de Bretagne

A entendre un Ministre des Finances, il ne s’agirait toujours que de protéger les petits épargnants tout en gérant la dette publique de manière à ne jamais leur permettre un véritable bénéfice.

Les bénéfices pour moi, les pertes pour toi, ta vie sécurisée on en discute après ta mort. (VC 1.1)

Vilain Coco

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