Le chapeau d’Amélie

Amélie Nothomb porte généralement son grotesque chapeau d’Halloween… il fait maintenant partie de son personnage médiatique quand elle se pointe dans une émission littéraire, au journal télévisé, à une séance de dédicace… j’avais lu son premier roman racontant son expérience dégradante dans une société japonaise… En fait, les romans m’ennuient à périr, ils me tombent des mains au bout de vingt pages, ils me servent de somnifères… celui d’Amélie n’avait pas échappé à la règle… je n’en ai donc plus jamais lu d’autres.

Mais je dois être fort mauvais juge puisqu’Amélie connaît un succès qui me fait pâlir d’envie, peut-être de jalousie diront certains grincheux… ce n’est pas complètement faux encore qu’il s’agisse plus d’une frustration que d’une jalousie… je n’ai pas la moindre envie de rédiger des romans sucrés pour espérer en faire des best-sellers… par-contre, je serais ravi de rencontrer une plus large audience pour des chroniques polémiques visant à réveiller des consciences, à susciter des débats enflammés, à secouer cette indifférence maladive à tout ce qui ne nous concerne pas directement.

Agissant ainsi, il faut malheureusement craindre de devoir porter le chapeau… vous n’avez fait que réagir vigoureusement à des événements qui vous blessaient, réaction trop vigoureuse peut-être mais à la mesure d’une blessure trop douloureuse… les auteurs de l’agression originelle vont s’en emparer pour se dédouaner, se justifier, plaider le faux qui deviendrait le vrai… bref, vous faire finalement porter le chapeau d’Amélie.

La tactique est classique, d’application courante dans la vie politique, économique, sociale, familiale… elle génère des antagonismes, des ruptures, des haines, des imbroglios, des incendies, des guerres, que rien ne semble jamais pouvoir régler ou éteindre.

J’y réfléchissais samedi dernier en recevant la visite-éclair de ma seule petite-fille avec qui j’ai conservé le contact chaleureux que j’ai perdu avec le reste d’une famille devenue simplement haineuse dans sa globalité… je veux que Victoria sache tout, qu’elle soit largement documentée, qu’elle plaide ma cause quand je ne pourrai bientôt plus la plaider moi-même.

Je n’accepte pas le faux portrait que cette famille tente de brosser d’un patriarche bienfaisant, cet homme qui l’a sortie de l’anonymat le plus complet pour la propulser dans les médiocres délices de Capoue… je n’accepte pas les humiliations répétées, les leçons imbéciles, la malhonnêteté atavique, de ces proches qui ne rêvent que de ma prochaine disparition…

Il faut au moins que le reste de ma descendance soit bien informé, qu’elle sache tout de ce qui s’est véritablement passé, qu’elle comprenne les raisons profondes d’un abandon obligé qui n’était que la conséquence des reniements scandaleux de personnes dont j’attendais tout, à qui j’ai tout donné, qui ne se sont jamais montrés à la hauteur des projets ambitieux que j’avais nourris pour eux.

C’est cette mission délicate que j’ai confiée samedi dernier à ma merveilleuse petite-fille, Victoria De Kepper-Logé, qui fut la seule à vouloir absolument conserver l’affection de son grand-père alors que ses parents fielleux, sa grand-mère haineuse, lui martèlent que je la manipule dans mon seul intérêt, un intérêt auquel ils ne comprennent d’ailleurs strictement rien.

Quel serait donc mon intérêt à 77 ans alors que je me vois encore obligé de travailler comme un nègre pour rétablir une situation financière qu’ils se sont tous escrimés à massacrer ?

Mon seul dernier intérêt reste simplement de vouloir protéger une trace pérenne de mon passage ici-bas après la disparition de ma Systemat, rachetée, englobée, par Spie Batignolles… après la gestion délictueuse de ma Softimat par deux managers qui ne respectent que leur enrichissement personnel au détriment de l’éthique la plus élémentaire de la vie des affaires envers des actionnaires, aussi anonymes que majoritaires.

Ce ne serait pas encore suffisant… il me faudrait, en plus, assister à la déglingue d’une famille, sortie de pas grand-chose, dont je croyais avoir assuré le sort durant au moins deux ou trois générations… un tirage gagnant du Lotto qu’il aurait fallu amplifier, démultiplier, alors que ces membres venimeux se contentent de vouloir ramener le gagnant dans le ruisseau dont je les avais sortis.

Un vieil ami, avocat honoraire, que je rencontrais par hasard au Brussels jeudi dernier, me fait parvenir par mail un portrait que j’ai adoré dans sa crudité… Je vous le livre in extenso :

Ton arrivée au Brussels, flanqué du bâtonnier de Dakar et de ses acolytes, m’a vraiment réjoui ! Après les incroyables palinodies que la presse a racontées plus que complaisamment à ton sujet, je ne pensais pas retrouver le Logé d’il y a très longtemps… Je me trompais, heureusement !

Il y a certainement un autre roman à écrire sur toi, pas trop compliqué ! Personnage plutôt hors-série, intelligence largement au-dessus de celle du citoyen lambda, mégalomane, assoiffé de pouvoir et d’argent, jamais très loin des femmes, facétieux ou quelques synonymes du genre, nombriliste jamais rassasié… last but not least, un troisième degré… au minimum… Tout manager couronné que tu as été, tu as aussi su jouer avec aisance sur les tréteaux du Royal Léopold Club… etc… Tu corrigeras à l’envi mes approximations ! Mais je n’ai pas pu résister à l’envie de dessiner ton portrait tant il est distrayant à dépeindre.

Tout cela me rappelait ton père, drôlissime s’il était, mais beaucoup moins carriériste que toi… me rappelait aussi mon propre père dont on a célébré récemment les 50 ans du Code Judiciaire, ce code dont il a été l’auteur.’… A la revoyure, peut-être.

Bernard (Van Rep), à ne pas confondre avec d’autres Bernard…’ (Lol).

Merci l’ami, Bernard Van Reepinghen, pour cette description savoureuse dont je ne retranche pas une virgule tant elle est exacte, jusqu’à évoquer avec tant de justesse le pieux souvenir filial de ces pères qui nous ont marqués au fer rouge de leurs intelligences respectives.

Renier son père c’est se renier soi-même… mes propres enfants devront porter cette lourde croix jusque dans leurs tombes après m’avoir affamé, volé, escroqué, assigné, humilié, diffamé… ils ne respectent rien, encore moins une parole donnée qu’une signature, devant témoin, d’un accord qui n’a pour eux que la valeur du papier-cul…

Ils devront porter le chapeau pointu des turlupins qu’ils ont toujours été, le méchant costume hébraïque, taillé sur mesure d’une réputation ternie à jamais aux yeux de ceux qui démêleront les fils tordus de leurs coupables intrigues fielleuses.

Je ne porterai pas le chapeau d’Amélie. (VC 1.1)

Vilain Coco

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