Les escrocs nous encerclent

Plus vous serez riche, plus vous serez entouré d’escrocs, de traîtres, de caïmans affamés… j’en parlais tout récemment avec un ami fort aisé qui me racontait les déboires vécus grâce à son entourage proche… Je réfléchissais en l’écoutant, sans oser le moindre conseil, trop conscient du fait que les conseilleurs sont rarement les payeurs… c’est dingue à quel point nous sommes clairvoyants pour les autres, complètement aveugles pour nous-mêmes.

Le monde est rempli de traîtres, d’escrocs prêts aux pires malversations pour vous détrousser de vos avoirs… Nous les imaginons rarement dans notre entourage proche alors que c’est pourtant bien là qu’ils sont les plus nombreux, les plus dangereux… les familles les plus unies se déchirent pour des questions d’héritages… les haines les plus impitoyables fleurissent sur des montagnes d’argent… les associés les plus amicaux deviennent des adversaires redoutables quand il s’agira de partager le gâteau.

Je n’avais pas besoin des commentaires désabusés de mon ami pour intérioriser ce qu’il avait probablement vécu… je le vis, moi-même, chaque jour depuis le 21 mai 2016, date de ma fuite de Casamance vers notre minuscule Royaume… voilà maintenant deux ans et demi que ce cauchemar se complique avec quelques rares accalmies.

Récemment, épuisé, j’avais finalement décidé de négocier une paix purement financière avec une première famille goinfrée de mes bienfaits… j’en avais naïvement espéré des réactions enfin plus reconnaissantes… mal m’en a pris car même respecter un accord bien trop favorable reste au-dessus de leurs capacités intellectuelles… escroc et traître un jour, escroc et traître toujours… ils ne veulent nullement la paix, ils persistent à exiger les derniers gravats d’une fortune massacrée par leurs soins attentifs… une fortune qu’ils sont parfaitement incapables de démultiplier.

Après tout, si ces petits escrocs avaient été capables d’enrichir une famille, j’aurais encore pu à la rigueur m’en accommoder… mais que ces bons-à-rien me confisquent ma boîte à outils pour la dilapider dans leurs stratégies imbéciles, voilà qui est encore plus difficile à digérer… ils n’y ont éternellement rien compris, ils n’y comprennent toujours rien, ils n’y comprendront jamais rien… pire encore, ils persistent à me servir la leçon arrogante de leur bêtise atavique que j’avais d’ailleurs décelée depuis de nombreuses années.

Sous la plume hilarante du professeur Choron, Hara Kiri titrait il y a quelques dizaines d’années… ‘Si votre fils est con, faites-en un balai.’… Bravo Choron mais que faire quand les balais se prennent pour des génies grâce à la réussite de papa… Vaste débat typiquement bourgeois… Allez-vous confier la gestion d’un empire à des enfants incompétents, souvent même nuisibles ? Que raconterez-vous à vos centaines d’employés qui craignent comme la peste le départ en retraite du vieux pacha incontestable, incontesté,  qui céderait la place à des fils détestables ?

J’en avais parfaitement conscience en décembre 2010 en vendant toutes nos activités commerciales, y compris la marque ‘Systemat’, à des cadres de l’entreprise en qui j’avais encore la faiblesse de placer ma confiance… Début 2011, je quittais finalement Systemat, rebaptisée ‘Softimat’ pour la partie cotée sur Euronext… Softimat conservait alors un parc immobilier de 30.000 m2 à mettre en location, une abondante trésorerie de l’ordre de 15.000.000 d’euros, produit de la revente de la plupart de nos activités à nos anciens managers.

Rassuré sur l’avenir du bébé mis entre de bonnes mains, pensais-je, j’imaginais enfin pouvoir profiter d’une retraite dorée… ‘Mamma mia’… le cauchemar ne faisait que commencer… Huit ans plus tard, il ne reste plus rien de Systemat revendue à une société de génie civil, Spie Batignoles… Softimat ne va guère mieux, se lançant dans de fumeux projets de promotion immobilière aux frais d’une majorité d’actionnaires fort mécontents d’un rendement inexistant… Ma première famille Jean-Claude Logé part lentement, mais sûrement, en sucettes alors que mes dix petits-enfants pouvaient certainement en espérer tellement mieux … Peu m’importe ce que deviendra la génération suivante en priant pour qu’elle ne finisse pas dans la précarité qui menace.

Affreux spectacle que de devoir assister impuissant, de mon vivant, à la destruction de tout ce que j’avais patiemment construit durant cinquante ans de vie professionnelle… les gravats d’Alep, Palmyre ou Bagdad sous les coups des intégristes hallucinés d’Al Quaïda… les Huns d’Attila, le ‘fléau de Dieu’… ‘Là où passent les sabots de son cheval, l’herbe ne repousse plus.’

J’avais laissé derrière moi de vertes prairies, de gras pâturages, ce ne sont plus aujourd’hui que des plaines désertiques, des étendues de méchants chardons parsemées de pissenlits… il me faut en plus supporter les humiliations, les mollards, la bêtise, l’arrogance stupéfiante de ces quelques demeurés mentaux qui ne me mégotent aucune de leurs leçons de crétins.

Pas facile d’être et d’avoir été, entouré de traîtres qui ne respectent rien ni personne… ils seraient lointains, ce serait encore supportable… Pourquoi faut-il toujours qu’ils soient si proches, jusque dans votre lit conjugal ? Comment imaginer des épouses, anciennes compagnes passionnées, transformées en harpies monstrueuses vous poursuivant de leurs haines féroces pour littéralement bousiller votre fin d’existence ?

Qu’on me comprenne bien… se faire escroquer par ses proches n’est évidemment pas une expérience agréable mais ce n’est pas la pire… le pire se résume au triste constat qu’ils ne savent même pas quoi faire du fruit de leurs larcins… le capital n’a jamais été pour moi qu’une boîte à outils pour réaliser mes rêves… pour ces imbéciles, ce ne sont que des comptes en banques au service de leurs absences d’ambition.

The Judas Kiss – Gustave Doré – 1866

Quand la pompe rouillée cesse de vous alimenter en eau, quand la vieille vache ne donne plus de lait, il n’y a plus qu’à démonter la pompe, à dévorer la vache, avant d’aller faire la manche à la sortie des églises… Heureusement pour moi, cela prendra le temps d’une génération… Mes proches m’épargneront au moins d’assister à la déglingue de cette famille incapable d’assumer ma succession au bénéfice de leurs rejetons revenus à la case départ… départ de pas grand-chose en 1963 pour atteindre les sommets de 2010… c’était ma fierté, c’était aussi mon talon d’Achille.

Adieu veau, vache, cochon, couvée… la bêtise haineuse est au pouvoir pour détraquer le Thalys, le TGV que j’avais mis sur les rails… il ne me reste plus qu’à rêver d’une possible bonne surprise parmi mes petits-enfants pour remettre un moteur dans une locomotive à l’abandon sur une voie de garage.

Les escrocs nous encerclent pour tout détruire au lieu de nous remercier. (VC 1.1)

Vilain Coco

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