Gilets jaunes

J’ai rarement vécu un mois de décembre aussi agité… ce devrait être le mois de la paix aux hommes de bonne volonté, de la joie partagée, de la fête en famille, des prières en chantant la naissance de l’enfant-dieu, des libations dionysiaques de la Saint-Sylvestre… je crains qu’il n’en soit rien… les événements se bousculent… cela part dans tous les sens.

Lamartine devant l’hôtel de ville de Paris, le 25 février 1848, Paris – Emmanuel Philippoteaux

Le pacte migratoire non obligatoire, la chute possible d’un gouvernement belge MR-NVA, le G20 en Argentine avec la mort de George Bush père, la COP 24 de Katowice sur les changements climatiques, le décès du jeune Baron Albert Frère, les marches contre les violences faites aux femmes, les Gilets Jaunes rejoints par les lycéens pour foutre le bordel dans la boutique.

Du bon grain à moudre pour les médias qui s’en donnent à cœur-joie en convoquant leurs analystes, leurs experts, leurs people, leurs présentateurs-vedettes, les permanent syndicaux, les maires de la France profonde, les gouvernants tous partis confondus… personne n’est d’accord sur rien, chacun a un avis sur tout… des débats palpitants entre intellectuels à 10.000 euros par mois qui palabrent à longueur d’articles ou d’émissions sur le sort moins enviable de leurs compatriotes à 2.000 euros par mois, quand ils les ont.

Le soutien aux manifestations des ‘Gilets Jaunes’ est quasi unanime à 75 % mais on n’entend déjà plus que des reproches sur la brutalité des méthodes utilisées tout en maintenant un capital de sympathie au mouvement… En fait, il faudrait faire la révolution sans la faire… du bout des lèvres… la faire dans le calme qui convient, la délicatesse aristocratique, la distinction bourgeoise, la politesse exigée des manants qui s’adressent à leurs maîtres.

Le Petit Marquis Poudré s’est d’ailleurs fendu d’un déjeuner spartiate avec les forces de polices, gardiennes de l’ordre public au péril de leurs vies… il fallait les féliciter chaleureusement d’avoir repris en douceur le contrôle de la situation, en utilisant avec sang-froid les matraques, les balles en caoutchouc, les pétards fumigènes, le gaz lacrymogène, les camions kärchers pour nettoyer cette racaille, ces petites frappes qui prétendent pénétrer dans des périmètres de haute sécurité… Elysée, Matignon, Chambre des Représentants, Sénat, monuments publics.

Qui peut croire une demi-seconde qu’une manifestation mollassonne obtiendrait une quelconque concession, voire un vague moratoire, de la part d’un gouvernement qui s’est bien juré de favoriser les nantis au détriment de ceux qui doivent leur obéir, s’aplatir, les servir… on ne donne jamais rien à personne, il faut le prendre ou se taire en acceptant son triste sort.

L’attitude de nos dirigeants, de nos élites, de nos politiques, de nos intellectuels, est juste vomitive… comment osent-ils prétendre vouloir faire le bonheur de leurs compatriotes en les condamnant à vivre avec des salaires de misère… Quand comprendront-ils qu’on ne vit plus dignement en Europe avec 1.500 euros par mois ? Quand se décideront-ils à taxer les multinationales, les milliardaires, les pollueurs, les tricheurs, les nantis, au lieu de massacrer des classes moyennes en bonne route vers l’indigence ?

Comme eux, je regarde les voitures calcinées, les commerces pillés, les vitrines explosées, le mobilier urbain démoli, les pavés arrachés, les monuments profanés… personne ne peut souhaiter ni encourager ce spectacle désolant, cette violence, ces déchaînements, mais qui en sont les véritables responsables ? A force de mélanger les causes et les effets, on finit par condamner les innocents rapidement traduits devant des chambres d‘exception pour absoudre les vrais coupables abrités dans leurs paradis fiscaux.

Ceux qui voient dans la brutalité de ces manifestations les preuves d’un populisme d’extrême droite ou d’extrême gauche sont étonnamment aveugles au pouvoir fasciste que les possédants tentent d’imposer sournoisement aux classes laborieuses… les loups déguisés en moutons sont d’ailleurs en bonne voie de réussir leur coup de force en multipliant les interdictions, les obligations, les contrôles abusifs, les contraventions, les innombrables atteintes scandaleuses à ce qui reste de nos soi-disant libertés démocratiques.

Les peuples sont en colère et ils ont parfaitement raison de l’être contre des petits potentats qui se la pètent grave à leurs frais, qui se moquent constamment d’eux, qui dépensent sans compter l’argent public que d’autres doivent gagner à la sueur de leurs fronts pour alimenter cette machine diabolique qui refuse de les laisser vivre correctement.

Alors, casseurs ou pas casseurs, cassez donc ce que vous voudrez… après tout, c’est vous qui l’avez payé, c’est vous qui payerez la casse… c’est d’ailleurs peu de chose à côté des achats d’avions de combat, des sommes englouties dans de grands travaux inutiles, du coût exorbitant d’une armée de pacotille, des invraisemblables frais d’administrations pléthoriques qui passent leur temps à chier du papier pour emmerder leur monde.

Ils ont créé le monstre du gigantisme qu’ils sont parfaitement incapables de gérer malgré leurs grands airs inspirés avec plein de gros dossiers sous les bras… ils ne nous parlent que démocratie, légalité, justice, ordre public, sécurité, mobilité, santé, alcoolisme, tabagisme, toxicomanie, impôts, taxes, TVA, contraventions, contrôles, éducation, mixité sociale, terrorisme, proxénétisme, immigration, chômage, pouvoir d’achat, blanchiment d’argent sale.

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 par Hoüel

Tout un charabia fumigène qui masque mal leur volonté cachée de tout contrôler, de tout racketter, de mettre le brave peuple innocent dans une prison virtuelle, une cage de fer surveillée technologiquement par des gredins et leurs complices chargés d’exploiter cette main d’œuvre à vil prix.

Alors, place aux casseurs, ils sont peut-être notre dernière chance de survie. (VC 1.1)

Vilain Coco

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