Lettre ouverte à l’Echo de la Bourse

A Monsieur François Bailly, (Rédacteur en chef de l’Echo)

Monsieur,

Je reviens sur le dernier mail ‘cordial’ de votre journaliste, Nicolas Keszei, que j’ai longuement rencontré chez moi le 26 novembre 2018 à 11h00… s’en est suivi, trois semaines plus tard, l’article paru en pleine page 13 de votre journal du 18 décembre sous le titre accrocheur… ‘La nouvelle génération des Logé fait face à des actionnaires minoritaires’… illustré d’une belle photo de Nicolas Logé et Bernard Lescot, hilares après la manipulation de votre journaliste instrumentalisé.

Ce sont plus de deux mille pages visitées sur mon blog, des centaines de lecteurs, des dizaines de partages, qui me font réagir à ce mauvais article dont Nicolas Keszei me dit lui-même qu’il comprend ma déception mais qu’il serait le fruit de son travail journalistique objectif, de sa liberté incontestée, de sa volonté délibérée d’ignorer un conflit familial qu’il passe son temps à sous-entendre comme à évoquer.

Croyez bien que je ne confonds nullement agence de communication et journalisme même si j’ai pour habitude de contacter les médias par le canal d’une agence de communication… Il n’y a pas la moindre déception à comprendre, ni même à supposer, dans mon chef… je connais trop bien le monde des médias que pour encore m’illusionner ou être déçu par la légendaire objectivité journalistique… quand on leur explique ‘Caoutchouc’, il est assez courant de devoir lire ‘Chewing-gum’… ce qui fut bien le cas de cet article tendancieux en pleine page de l’Echo du 18 décembre 2018.

Je suis persuadé que Nicolas Keszei est un excellent chroniqueur judiciaire mais il se fait qu’il n’a qu’une connaissance fort sommaire des affaires financières que j’assimilerais à celle de nos magistrats tout aussi intègres… Son souci de ne pas entrer dans une querelle familiale l’honorerait s’il ne l’avait pas clairement évoquée à plusieurs reprises dans son article allant jusqu’à solliciter les avis subjectifs de mes deux fils qui me manifestent régulièrement leur profonde détestation filiale malgré les bienfaits dont je les ai abreuvés.

Admettons que je ne connaisse rien à l’éthique journalistique mais l’Echo pourrait au moins me concéder une certaine expérience du monde des affaires, voire même une réelle compétence dans un domaine qui n’est d’évidence pas celui de Nicolas Keszei… Je vous rappelle que j’avais été plébiscité comme Manager de l’Année en 1995-1996, que j’ai construit durant trente ans cette société Systemat SA qui fit l’objet de nombreux articles dans l’Echo qui me louangeait à l’époque… mes archives personnelles sont à votre disposition si vous en aviez perdu le souvenir.

Systemat SA est devenue Softimat SA après la revente de nos activités à nos managers en décembre 2010 à la veille de mon départ à la retraite de janvier 2011 à l’âge de 70 ans… Mission accomplie, je laissais derrière moi un parc immobilier en parfait état de 28.000 m2 et une trésorerie de 15.000.000 d’euros, fruit de cette opération réussie de Management-Buy-Out.

Je connais cette société mieux que personne… la nouvelle direction s’est contentée de rénover et louer les surfaces existantes… elle n’a strictement rien inventé de nouveau sauf cette activité de promotion immobilière qui s’est révélée calamiteuse avec des résultats proches de zéro tout en absorbant l’entièreté de la trésorerie… Les deux dirigeants actuels n’ont démontré que leur enrichissement personnel au détriment des autres actionnaires lésés comme leur incapacité à développer sérieusement une Softimat qui ne produit que des résultats exécrables depuis mon départ.

Contrairement à ce que sous-entend Nicolas Keszei, il ne s’agit nullement d’une banale dispute dans une famille devenue soudainement trop riche, mais simplement de ma volonté de toujours respecter strictement le principe fondamental de l’égalité de traitement de TOUS les actionnaires dans une société cotée en Bourse, une Systemat-Softimat qui fit deux fois appel à l’épargne publique pour accélérer son développement lors des deux IPO de mars 1997 et décembre 1999.

C’est malheureusement ce que Nicolas Keszei n’a pas compris en passant sous silence le séquestre judiciaire récemment obtenu pour les 600.000 actions données en 1999 à mes trois enfants qui se dressent aujourd’hui contre moi, contre l’action potentielle des 4.000.000 d’actions anonymes, contre des centaines d’actionnaires mécontents qui souhaitaient mon appui que je leur accorde très volontiers.

Au lieu de soutenir ces actionnaires lésés, Nicolas Keszei a préféré entonner les rengaines connues d’une direction qui l’a manipulé comme un enfant de chœur… agissant ainsi, votre journal financier a gravement désinformé ses lecteurs sans nullement favoriser le regroupement que nous espérons de ces centaines d’actionnaires dispersés qui devront s’unir pour espérer mettre un terme à une stratégie perdante depuis huit ans.

Contrairement à ce que soutient Nicolas Keszei, nous ne l’avons nullement harcelé pour le rencontrer… nous avions simplement, logiquement, par le canal habituel, réservé le scoop de ce jugement de séquestre judiciaire au seul journal financier francophone en espérant obtenir son soutien normal dans une juste cause éthique que nous défendons avec les Daubasses… Daubasses que Nicolas Keszei ne cite même pas dans son article alors qu’il reprend les avis éclairés de mon fils aîné, Philippe Logé, qui n’a jamais fait partie, et pour cause, de la direction de Systemat-Softimat.

Pire encore, Nicolas Keszei insinue que je voudrais vendre tout le parc immobilier, 28.000 m2, pour la somme ridicule de 10.000.000 d’euros alors que je lui avais simplement dit que je voulais mettre un terme à la seule activité de promotion immobilière pour reconstituer une trésorerie perdue dans des opérations hasardeuses que nous maîtrisons mal comme en témoignent les mauvais résultats enregistrés depuis 2011.

Non content de cette contre-vérité, Nicolas Keszei ajoute dans ses encadrés que nous serions un véritable danger pour cette société Softimat dont nous n’aurions qu’une vision purement spéculative… s’ensuivent les considérations intéressantes de mon fils, Philippe Logé, qui applaudit… ‘Un travail phénoménal accompli pour pérenniser l’entreprise… Une direction capable de faire de belles choses.’… Un grand morceau d’anthologie quand on sait qu’il n’adresse plus la parole à son frère responsable du désastre bilantaire avec des pertes récurrentes… Philippe Logé n’aura d’ailleurs jamais manqué de m’étonner par sa clairvoyance.

Notre ‘fronde’ est ensuite qualifiée ‘d’actionnariat activiste’… elle ne ferait pas plaisir à cette direction vorace qui en profite pour insinuer sournoisement que je me serais complètement désintéressé de Systemat en difficultés durant les années 2000 à 2005… c’est un comble alors que c’est moi qui initiait alors la stratégie de désengagement complet de notre expansion internationale, parcourant l’Europe à la recherche d’acheteurs potentiels qui ne furent finalement que nos propres managers en place dans les filiales des différents pays concernés.

Ce nouveau discours odieux de Softimat, repris par l’Echo, contredit singulièrement le concert de louanges lors de mon départ définitif de la Présidence en décembre 2015, ne résidant plus en Belgique depuis 2012, après avoir revendu depuis le Sénégal toutes mes actions Softimat qui ne me rapportaient plus un franc depuis 2011… Qui me le reprocherait ?

Bref, fort mauvais article orienté de l’Echo qui ne ménage pas ses critiques acerbes aux ‘actionnaires activistes spéculateurs’, qui soutient clairement la stratégie perdante de la médiocre nouvelle génération des enfants Logé comme d’Iznogoud, Bernard Lescot, calife à la place du calife… Leurs sourires éclatants sur la photo retenue pour illustrer l’article de l’Echo, éclaire l’échec journalistique de Nicolas Keszei raccompagné joyeusement à la porte principale des bureaux de Softimat à Lasne.

Je vous rencontre volontiers à votre meilleure convenance pour rectifier le tir raté, pour obtenir un droit de réponse détaillé qui ne serait que la juste réparation du tort causé par cette information tendancieuse de vos lecteurs parmi lesquels figurent fort probablement nos nombreux actionnaires Softimat, majoritaires mais encore mal-identifiés.

Je reste dans l’attente de vos nouvelles au sujet de cette demande.

Je vous prie de croire, Monsieur le Rédacteur en Chef, à l’expression de mes sentiments très distingués.

Jean-Claude Logé
Past-Président Softimat

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