L’ami Pierre Neuville -Poker World Champion

Vendredi dernier vers 22h00, j’avais un rendez-vous que je n’aurais manqué pour rien au monde… Mon ami, Pierre Neuville, dédicaçais au ‘Teatro’ à Boitsfort son dernier livre sous le titre … ‘Offrez-vous le bonheur – Mes meilleurs conseils’… en régalant ses invités privilégiés d’un dîner de gala, un speech chaleureux de simplicité, une exceptionnelle animation du magicien Doug Spincer, créateur d’illusions… le tout dans une ambiance fleurant bon l’accent wallon de nos provinces sudistes.

J’avais rencontré Pierre Neuville durant ma jeunesse, en vacances à Westende…nous écumions les tournois de tennis de la côte belge durant les mois de juillet-août… Avec les Forton, les Bruyaux, les Mantia, Jacques d’Havé, François Van der Elst, quelques autres… Nous disputions nos différentes rencontres de tennis en journées pour nous retrouver le soir dans la joyeuse débauche des dancings locaux, voire chez les jeunes habitantes, admiratives de nos exploits sportifs, qui organisaient chez leurs parents de sympathiques surprise parties…

Il faut reconnaître que notre discipline sportive de l’époque était sommaire… notre belle jeunesse se dépensait vigoureusement, sans laisser trop de traces immédiates sur nos exceptionnelles performances athlétiques… Le soir venu, c’était Bill Halley, les Platters, Fats Domino, Sydney Bechet, Johny Hallyday, Richard Anthony, le cha-cha, la bamba, qui berçaient nos premiers enlacements langoureux, nos émois vertigineux, ces divines amourettes sucrées dont on garde toute sa vie des souvenirs émerveillés.

 

 

 

On était reçus comme

des princes chez les Vastapane, Van Boxmeer, Van der Elst, Ghysbrecht, Rossier, Franquet, les Van den Hove de Genk dont je reluquais l’adorable Marie-Thérèse… Ce coquin de Pierre Neuville avait honteusement profité d’une de mes absences au tournoi d’Ostende pour se montrer plus rapide à satisfaire les ardeurs que la jouvencelle m’avait dissimulées… j’en ai retenu qu’il faut impérativement cesser de tourner autour du pot quand une nymphette vous offre un bonbon… les préliminaires restent essentiels mais ils ont ces limites que la bienséance amoureuse exige de ne pas trop prolonger.

Bref, cocu et fort malheureux, je m’étais rabattu sur le poker, me jurant de faire payer aux cartes ce que le mécréant avait dérobé à mes ardeurs… Très jeune j’ai adoré le poker, le jeu de la vie ou de la mort que Jacky Dupont, prince de la nuit, Mozart du poker, m’avait enseigné durant de longues nuits au bistrot du Legrand, avenue Louise… j’ignorais encore que ces leçons du Maître me permettraient de prendre quelques francs à Pierre Neuville devenu, longtemps plus tard, le premier champion du monde belge de poker après sa brillante prestation au WSOP de Las Vegas en juin 2015.

Je ne joue plus au poker mais je le regarde parfois à la télévision… j’achète aussi de temps à autre les revues spécialisées qui s’y consacrent… ce n’est plus le poker que nous jouions autrefois au 32 ou au 52 cartes… il s’agit aujourd’hui du Texas Hold’em Poker, une version plus ouverte pour satisfaire la curiosité de spectateurs comme les impératifs de la télévision… les grands principes du poker restent néanmoins les mêmes.

Surprise un beau matin de 2015… J’achète un périodique qui présente les participants à la World Series of Poker de Las Vegas… Pierre Neuville fait la première de couverture… je le retrouve rapidement grâce à Facebook pour lui adresser tous mes vœux de succès lors de cette grande confrontation avec les meilleurs joueurs du monde… il finira septième de cette rencontre au sommet mais elle le classe premier du classement mondial aux points additionnés durant l’année… Pierre était devenu une grande vedette belge.

On a gardé le contact… il m’avait promis d’évoquer nos souvenirs de Westende dans un livre qu’il devait encore écrire… Vendredi dernier c’était la présentation de ce livre personnel comme de son jeu relooké… ‘Eddy Merckx’… qu’il veut aujourd’hui relancer avec les moyens financiers dont il dispose dorénavant plus largement.

En bon égotique altruiste, je savoure en page 37 la quinzaine de lignes que me consacre mon ami de Westende… je résiste mal au plaisir de vous les donner à lire… Pierre écrit :

Mais surtout, je commence à bien jouer au poker. J’en vis assez bien durant les vacances que je passe à Westende. Le plus doué des joueurs, mon aîné de deux ans, Jean-Claude Logé me donne du fil à retordre. Jean-Claude a déjà sa verve, sa superbe naturelle et j’en apprends de lui car il est le seul qui me domine aux tables de poker. Nous passons souvent nos nuits à jouer jusqu’au lever du soleil. Au tennis, Jean-Claude est un des meilleurs juniors alors que moi je suis encore dans la catégorie des scolaires. Une aube, son génie créatif me défie à une partie de tennis sur le central du Westende Tennis Club qui bien entendu est désert à six heures du matin. Il décrète le règlement de la partie : ‘Nous jouerons sans balles’… C’est un match passionnant, animé et très disputé que seule l’imagination d’adolescents peut inventer. Nous le menons comme un concours d’impro, nous relançant les répliques les plus inattendues entre les coups de tennis. Imaginez ces passing-shots slicés sans balles que nous distillons le long des lignes. L’imagination de Jean-Claude est tellement convaincante que nous finissons par les apercevoir. Ces parties de tennis sans balles illustraient avant l’heure le génie créatif de Jean-Claude qui le conduira à sa fantastique carrière. Tout était démesuré chez lui, comme le sera d’ailleurs sa générosité vis-à-vis de ses proches qui le conduira à son nouveau surnom de milliardaire ruiné ou plutôt pillé. Il pourrait probablement être au sommet du classement inconfortable de l’ingratitude. Il l’a si bien décrit avec son style somptueux dans son livre <Systemafric>.’

Merci Pierre pour cet amusant portrait qui me touche évidemment… Merci aussi pour ta gentille dédicace…A Jean-Claude Logé, l’inventeur du tennis sans balles ni raquettes… le génie un peu oublié de sa famille mais tant apprécié par les connaisseurs… Amitiés : Pierre, le 21.12.2018.

A mon tour, Pierre, de te dire que j’ai adoré ton bouquin, tes aventures, tes rêves réalisés, tes souffrances anciennes, tes victoires présentes… ton style simple, sans fioritures inutiles, fait mouche à chaque ligne… je me suis régalé ces derniers soirs en te lisant au hasard des chapitres… le bonheur d’un livre qui peut s’ouvrir à n’importe quelle page sans en perdre le fil… je souhaite plein succès à ce bouquin rempli d’expériences, de belles rencontres vécues, de conseils éclairés pour tous les jeunes entrepreneurs de 7 à 97 ans.

J’espère que nous nous reverrons rapidement, amigo… ne laissons plus la routine de la vie nous séparer trop longtemps… On s’est promis de se téléphoner… laissons aux autres la banale médiocrité de dire ce qu’ils ne feront pas ou de faire ce qu’ils se gardent surtout bien de dire.

A bientôt, ami Pierre, encore merci pour cette belle soirée du 21 décembre 2018. (VC 1.1)

Vilain Coco

 

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