HDC Foundation – APPEL AUX DONS

Quand on a beaucoup reçu, il ne faut surtout jamais oublier de beaucoup donner… il m’a fallu trop de temps pour découvrir cette vérité primordiale… c’est en Afrique, plus précisément au Sénégal, que j’ai tardivement compris les vertus de la solidarité, de l’action bénévole des plus aisés qui doivent devenir des catalyseurs d’entreprises en faveur des plus démunis…

Jacques Brel disait qu’il ne s’intéressait qu’à ceux qui avaient mal aux autres, que lui-même avait mal aux autres… Un homme indifférent à la souffrance des autres n’est pas un homme intéressant… il ne s’agit nullement d’adopter les fantasmes de l’extrême-gauche dans sa médiocrité égalitaire… il s’agit bien au contraire de favoriser l’éclosion d’une forme d’élitisme intelligent, désintéressé, qui deviendrait à son tour un espoir, un moteur de dignité pour les autres…

Je déteste le concept avilissant de charité chrétienne… je ne parle jamais de charité, je préfère parler de volontariat bénévole, de la noblesse de l’esprit d’entreprendre, de coups de pouces pour accompagner de bonnes initiatives, de convaincre des gens simples de prendre leurs vies en main au lieu de les confier naïvement à des fumistes qui abusent honteusement de leurs crédulités.

Lors de mon installation, plus que confortable, en Casamance, j’avais immédiatement pris conscience de ces criantes inégalités… je vivais mal les regards vides, absents, de ces villageois qui n’attendaient visiblement plus rien de personne, réfugiés dans des croyances, des coutumes idiotes pour espérer un pain quotidien qu’ils ne recevront évidemment jamais.

Pire encore, face à cette misère silencieuse, l’indifférence tapageuse des touristes nantis qui osent encore marchander le prix dérisoire de quelques misérables produits de subsistance… fruits, légumes, poissons, riz, cacahuètes, vin de palme… Comment ne pas avoir honte de ces résidents européens qui exigent même un droit de péage ridicule pour conduire au village des ouvriers, des femmes de ménage, qui transpirent sur la piste poussiéreuse, brûlée par le soleil…

Ces malheureux africains n’osent même plus faire de l’auto-stop car ils n’ont pas les moyens de payer ces imbéciles, arrogants, méprisants, qui les dépassent sans s’arrêter s’ils ne leur en font pas la demande, le signe explicite… le signe qui déclenche alors l’obligation de payer quelques risibles centimes d’euro… les voisins aimaient me rencontrer sur la piste sachant très bien que je pousserais même jusqu’à Cabrousse ou Diembering si c’était nécessaire après l’arrêt classique au grand rond-point de Cap Skirring… course gratuite évidemment puisque c’était sur ma route.

En cinq ans, j’avais réussi patiemment à construire une équipe d’une dizaine de personnes fiables pour mener à bien les projets ou les soutiens de projets qui me semblaient utiles ou nécessaires… l’école maternelle Facoly qui accueille prioritairement, gratuitement, une centaine de petites filles qui n’iraient certainement pas à l’école si elle était payante… le Cocon de Cabrousse où vivent une trentaine d’orphelins encadrés par une équipe de laïcs dévoués… les deux antennes médicales de Diembering et Cabrousse pour assurer des premiers soins médicaux d’urgence… une porcherie et un poulailler modèle gérés par Damas Diatta, l’oncle maternel d’Alice Logé…

Damas propose également des promenades sur les bolongs dans mon petit bateau à moteur, amarré le long de son ponton… un projet d’école maraîchère dans un potager de 6000 mètres carrés qui jouxte ma propriété de Boucotte… un camion frigorifique, géré par Tonton Hassan et Hugues Lumumba qui fait la navette entre Kolda et Ziguinchor, transporter du poisson de Ziguinchor vers Kolda, revenir avec la viande de Kolda vers Ziguinchor.

J’aimerais accentuer nos efforts pour le magnifique Cocon de Cabrousse, démarrer une petite activité de micro-crédits, de bourses d’études, proposer des cours pratiques de français, de cuisine, de services hôteliers, des parrainages euro-africains… étudier l’une ou l’autre des nombreuses opportunités touristiques intéressantes…

Mon but n’est certainement pas de gagner de l’argent à titre personnel mais uniquement d’aider les populations locales à démarrer leurs propres affaires avec d’éventuels bénéfices opérationnels automatiquement réinvestis dans de nouvelles activités génératrices d’emplois… des catalyseurs de travail, de fierté, de dignité.

Notre ONG… Health, Development, Children, HDC Cap Skirring, se veut complètement bénévole, sans aucun frais généraux superflus, sans bureaux sauf dans mes résidences personnelles, sans aucun luxe inutile… l’assistance doit s’effectuer en totale proximité avec une évaluation contrôlée des performances individuelles… ce n’est nullement de la charité mais un accompagnement de petits entrepreneurs que nous voulons aider à démarrer leurs activités.

Les femmes et les hommes africains ont une créativité débordante, des talents variés qui ne demandent qu’à s’exprimer… il faut juste les aider à les formuler, à les préparer, à les démarrer, à les accompagner dans un cadre adéquat.

Contrairement aux grandes ONG qui sont nécessaires pour de grands projets qui exigent des logistiques importantes, notre petite ONG…HDC Cap Skirring… veut se concentrer sur des petits projets de proximité… chaque Euro précieux doit être directement investi dans une activité bien identifiée, gérée par un responsable compétent qui trouverait chez nous le conseil, l’assistance, le soutien financier, l’accompagnement, qui pourraient favoriser sa réussite dans la durée.

Dans les grandes ONG, les frais de fonctionnement dévorent facilement 60 % des dons récoltés grâce à de grosses campagnes publicitaires… je ne les critique pas car elles mènent des opérations d’envergure qui dépassent largement les modestes moyens dont nous disposons… je constate simplement que des sommes trop importantes disparaissent dans la gestion de ces gros bidules sans profiter directement aux populations locales… elles doivent se contenter d’observer avec envie le passage de véhicules rutilants, des trains de vie visiblement luxueux, un étalage de moyens dont ils se demandent en définitive à qui ils profitent… fort rarement à eux.

Comprenons-nous bien… donner à la Croix Rouge, MSF, MDM, UNESCO, WWF, Human Rights Watch, Amnesty International, Restos du Coeur, etc… reste bien évidemment une belle et bonne manière de manifester sa générosité en se démarquant de l’indifférence généralisée… Donner à des petites ONG de terrain me semble néanmoins tellement plus efficace, plus transparent, plus personnalisé avec la possibilité de suivre en direct la bonne évolution de projets précis, contrôlés, encadrés par des personnes expérimentées.

La grande taille d’une ONG est un réel handicap dans la gestion de petits projets qu’elles sont incapables d’identifier comme de gérer… le gigantisme de ces organisations favorise les déperditions classiques qui se produisent immanquablement dans les opérations qui dépassent l’entendement des individus normaux… c’est le fameux ‘Get Bigger’, ‘Think Global’ devenus les normes de fonctionnement du village de Davos.

Je connais très bien les difficultés de la croissance à tout prix… elle finit par vous écraser sous son poids devenu moteur d’inefficacité, de gâchis, de mauvaise gestion… ‘Small is beautiful’, surtout quand il s’agit d’aider très pragmatiquement, en réelle proximité, des gens que vous voyez vivre, évoluer, travailler autour de vous.

Avec ceux qui partagent notre vision, je suis persuadé que nous pourrions réussir des projets évidemment plus modestes à l’échelle du monde, mais réellement ambitieux à l’échelle d’un village…

Le monde irait infiniment mieux si les personnes aisées prenaient soudainement la décision d’accompagner chacun une dizaine de proches méritants dans leurs environnements immédiats… ils ne vous demandent rien mais ils sont bien là… il suffit d’observer, de regarder, au lieu de passer son chemin dans l’indifférence égoïste devenue la triste règle de nos comportements dans un système qui broie stupidement les individus les plus faibles.

Ce sont les buts de notre action HDC Cap Skirring lorsque je retournerai prochainement au Sénégal… j’espère pouvoir compter sur vous là-bas, vous y retrouver tous, les plus nombreux possible, autour de nous pour aider nos amis africains à vivre mieux, dignement, debout, fiers de leurs réussites qui seront évidemment nos plus belles, nos seules récompenses.

Donner aux autres, sans attendre qu’ils vous le demandent, est un bonheur existentiel que je vous souhaite à tous dans la mesure évidente de vos moyens.